Yamniak & Bourmault
Président de Patrimonia et directeur délégué auprès des partenaires
Nous sommes assez surpris du climat qui a régné cette année à Patrimonia
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Publié le 08 Octobre 2008
Le 25 et le 26 Septembre s'est tenue au Centre de Congrès de Lyon la convention Patrimonia, un rendez-vous annuel destiné aux conseillers en gestion de patrimoine.
Près de 4.000 participants, conseillers en gestion de patrimoine indépendants, salariés de réseaux bancaires et d’assurances, experts-comptables, avocats, notaires, courtiers spécialisés en assurance vie, agents généraux, intermédiaires financiers… se réuniront afin d’échanger leurs expériences, d’établir de nouveaux partenariats et d’actualiser leurs connaissances dans les domaines juridiques, fiscaux, financiers et patrimoniaux en bénéficiant de l’éclairage de personnalités et d’experts de renom.
Au total 4 grandes conférences plénières- notamment sur la crise financière, les stratégies de communication en temps de crise, la fiscalité du patrimoine-, et 45 ateliers tables-rondes.
Nous avons souhaité rendre compte de cet évènement en interrogeant François Yamniac, président de Patrimonia et Jean-Marc Bourmault, directeur délégué auprès des partenaires.
Quelle a été l'importance de la fréquentation et de la participation à la convention Patrimonia cette année?
Nous avons connu une augmentation de près de 13 % des partenaires exposants, et une progression de 14 % de la fréquentation.
Nous avons reçu sur les deux journées 4914 congressistes (contre 4311 l'année dernière).
Ainsi, nous pouvons en quelque sorte dire que quasiment toute la profession était au rendez-vous.
Comment expliquez-vous cette forte fréquentation?
Au-delà du fait, qu'après 15 ans d'existence, Patrimonia est devenu un rendez-vous majeur de la profession, nous pouvons également justifier cette participation par le climat particulièrement trouble qui domine les marchés financiers cette année.
Les CGP ont souhaité d'une part se faire une idée plus précise sur les thématiques fondamentales qui ont été abordées à l'occasion des séances plénières et des tables rondes, et d'autre part aller directement à la rencontre de leurs partenaires pour les interroger sur la solidité de leur entreprise, sur la pertinence des produits qu'ils proposent, sur le caractère sécuritaire de leurs solutions.
De quelle manière appréhendez-vous les difficultés auxquelles est confrontée la profession notamment eue égard à l'assurance-vie?
Roger Manguy, Directeur du réseau Cardif France, table sur une baisse de la collecte de la part des CGPI allant de 10 à 20% par rapport à la collecte de 2007.
Il est vrai que la collecte devrait vraisemblablement être en diminution cette année.
Au-delà, les professionnels ont également dû faire face a une décollecte sur certains supports. Mais cela n'a pas été spécifique aux CGP.
Concernant l'assurance-vie, les CGP ainsi que les compagnies d'assurances, ont dû faire front avec la vive concurrence des produits liquides de court terme offerts à des taux attrayants par les banques de réseaux.
On parle d'un changement d'orientations stratégiques pour les CGP cette année. En particulier, l'immobilier ne s'inscrit plus comme le moteur auxiliaire de la performance de ces professionnels.
L'avez-vous ressenti à l'occasion de cette convention?
Tous les acteurs du marché immobilier-les agents immobiliers, les CGP, les promoteurs, certains réseaux bancaires-ont constaté une baisse significative des actes immobiliers.
Nous sommes sur les logements neufs, qui sont l'apanage des CGP, sur une diminution de l'ordre de 30% depuis le début de l'année.
Parmi les enjeux de la profession, est mis en évidence le problème de la facturation des honoraires. Ce sujet a-t-il été débattu ?
La facturation des honoraires constitue l'objet d'un débat permanent depuis 2005, parallèlement à la réglementation progressive et à la naissance des statuts de la profession, notamment le statut de (CIF) conseiller en investissements financiers.
Nous avons bien entendu à l'occasion de ces deux jours engagé des discussions sur cette question.
Le débat sur le sujet est encore vif et si pour le moment une petite partie seulement des CGPI est déjà convaincue par l’application d'un système de rémunération directe avec leur clientèle on peut s’attendre à un développement futur notamment avec l’installation de jeunes.
Il nous semble, pour notre part, naturel qu'un conseiller qui agit dans un domaine général de conseil du patrimoine d'un particulier facture ses honoraires au même titre qu'un médecin ou qu'un avocat.
Quelles sont les autres enjeux qui ont été mis sur la table cette année?
Nous pouvons mentionner la concurrence qui se développe entre le conseil indépendant et la gestion privée des banques de réseaux.
Ce n'est pas simplement un enjeu de coûts et de rémunérations mais également et surtout un enjeu de compétences.
Finalement de quelle manière avez-vous appréhendé la réaction des CGP vis-à-vis de la crise financière que nous traversons depuis un peu plus d'un an?
La réaction des CGP face à cette crise est en tout état de cause une réaction pondérée mais active avec une recherche de sécurisation du patrimoine de leur clients.
Les CGP restent très observateurs de l'évolution des événements afin de saisir les opportunités qui pourraient se présenter et tentent par ailleurs d'identifier les actifs qui leur permettraient éventuellement de sortir des eaux traditionnelles.
Nous sommes assez surpris du climat qui a régné cette année à Patrimonia. Celui ci a été loin d'être morose, et s'est caractérisé davantage par une certaine proactivité, réactivité, la recherche de nouvelles informations, et le partage de réflexions.
Un miroir important d'une partie du monde financier qui est rassurant.
À l'issue de cette nouvelle édition de Patrimonia, y a-t-il des problématiques nouvelles ou des amorces de solutions qui ont pu être dégagées de l'ensemble des panels de discussions?
Aucune solution miracle n'a été trouvée.
De nouvelles offres de gestion spécifiques ont été proposées. Notamment des produits de multigestion, ou des offres sur la partie prévoyance tant au niveau individuel qu'au niveau des entreprises.
Propos recueillis par Imen Hazgui

Nous sommes assez surpris du climat qui a régné cette année à Patrimonia




