Josette Guéniau
Directrice Générale de SwissLife Prévoyance et Santé
La prévention, au cœur du métier de l’assurance
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Publié le 04 Septembre 2006
Que signifie la prévention dans le domaine de l'assurance santé ?
Il n’y a pas vraiment de définition de la prévention. Néanmoins, on peut comprendre celle-ci comme étant l’action en vue d’éviter ou de retarder la réalisation d’un risque. De faire en sorte que cette réalisation se fasse dans le plus tard possible.
Pourquoi la prévention est elle devenue si fondamentale ?
On peut l’expliquer par l’évolution sociétale. Un syndrome de nation riche en quelque sorte.
A l’origine la sécurité sociale avait été mise en place en 1945 pour répondre à un besoin curatif. La préoccupation de l’époque était alors de bien soigner les gens. Par la suite, le niveau de vie progressant, et les techniques médicales s’améliorant, le soin a laissé place à la prévention. A partir de là, le fameux adage « mieux vaut prévenir que guérir » a commencé à s’appliquer.
Depuis 2001, une démarche de prévention est entreprise par les assureurs santé. En 2004, la prévention est apparue comme un domaine clé dans la loi de réforme de l’assurance maladie qui impose des actes de prévention. La prévention concerne tous les acteurs de la santé en France, à commencer par les professionnels de la santé. Elle se situe à présent au cœur du métier de l’assurance
Quels sont les domaines dans lesquels la prévention est la plus nécessaire ?
Une bonne prévention est celle qui correspond à des besoins personnalisés. Au-delà des grandes campagnes nationales, le rôle des complémentaires santé est de répondre à des besoins de prévention plus pointus, qui correspond aux nécessités spécifiques de chacun.
Comment garantit-on la prévention ?
Swiss Life a entamé une démarche de prévention depuis 2001 sur des actes et produits de prévention qui ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale. Par exemple l’ostéodensitométrie. Cet examen sert à mesurer la densité osseuse, facteur déterminant de la solidité des os, et à estimer le risque de fracture qui permettra d’établir un diagnostic précoce pour l’ostéoporose. Alors que Swiss Life a accepté de prendre en charge cet examen depuis 2001, la sécurité sociale n’envisage de le faire qu’à partir de 2006.
Pour favoriser le développement de cette prévention, a été créée, à la fin de l’année 2003, l’association « Carte Blanche Asso». L’objectif principal de cette association est de proposer des services qui répondent à la fois aux attentes des assurés et qui sont validés par les professionnels de santé. Carte Blanche Asso a mis en place des actions d’information suite aux résultats d’enquêtes menées en 2004 et 2005, qui avaient révélé qu’une des exigences actuelles des Français était d’être sérieusement accompagner dans la prévention personnalisée.
Quels types d’actions sont concrètement mises en œuvre ?
Les actions sont diverses. L’éducation sanitaire est à mon sens la première étape essentielle dans la prévention. En cela, l’information permet de remédier à l’inégalité manifeste qui existe dans l’accès à la connaissance en santé. Nous sommes en effet très inégaux dans la connaissance de ce qu’il faut faire ou de ce qu’il ne faut pas faire pour préserver sa santé. Swiss Life s’efforce de combler une lacune importante dans ce domaine. Par ailleurs, en France, il y a une idée reçue suivant laquelle, ce qui n’est pas pris en charge par la sécurité sociale n’est pas très utile ou n’est pas très bon pour la santé. On assiste à une non-culture de la prévention.
Le site www.carteblanchesante.com permet de répondre aux interrogations de nos assurés en terme de santé. Riche en informations diverses sur la santé, il est essentiellement orienté sur la prévention. Des questions peuvent être posées en ligne. Un forum de discussion a été mis en place. Une lettre est régulièrement envoyée à nos internautes sur l’actualité de la santé et délivre des conseils. Nous avons également mis en place des actions de coaching par Internet et par téléphone sur l’arrêt du tabac et la nutrition.
En 2006 a été mis au point le forfait prévention dans notre gamme, qui prévoit une prise en charge d’une vingtaine d’actes et de produits de prévention remboursés à hauteur de 50% pour chaque membre de la famille, avec un plafond par bénéficiaire de 100 à 150 euros, des montants loin d’être négligeables.
Quel est votre ressenti sur les progrès réalisés en France concernant la prévention ? Quels sont les points qui vous semblent nécessaires d'accentuer ?
On a d’avantage conscience de l’importance de la prévention. De plus en plus, des recherches sur la prévention sont testées, publiées, promues. Les laboratoires pharmaceutiques n’hésitent plus à investir dans les médicaments préventifs. Par ailleurs, Swiss Life fait partie de l’association Assureurs Prévention Santé, qui vise à mettre en place et financier des actions de prévention, des publications disponibles dans les établissements de santé, des établissements sociaux, des mécénats de recherche.
La difficulté réside dans la personnalisation des actions. Cela passe par une connaissance plus approfondie des besoins de l’assuré. Il faut alors faire évoluer la garantie à mesure que le client avance dans sa vie. A ce sujet un label a été créé, le label « Excell Santé » qui implique un engagement fort : celui d’accompagner le client et d’adapter les services offerts en fonction de ses nouveaux besoins.

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