Christian Camus
Directeur général de la société Meilleurtaux
«Les principales conclusions de notre 10ème Observatoire du crédit immobilier»
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Publié le 19 Novembre 2009
Vous venez de présenter les résultats de votre Observatoire du crédit. Quels sont selon vous les principales conclusions de cette 10ème édition ?
Nous pouvons tirer de cette dixième édition, deux grands enseignements. Le profile type de la personne qui s'endette a beaucoup évolué en dix ans. L'emprunteur est plus jeune, s'engage plus longtemps, craint moins de prendre un crédit à taux variable.
Par ailleurs, un deuxième message important réside dans le fait que malgré la forte baisse des taux d'intérêt, 1,80 point dans la dernière décennie, et compte tenu de la hausse du prix du mètre carré immobilier, il est possible d'acheter une surface plus petite. Pour la même mensualité et au prix moyen de l'immobilier, on pouvait acquérir en 1999 plus de 100 mètres carré, aujourd'hui on ne peut en acheter que 74, soit presque 20% en moins. Ces deux phénomènes sont très importants. Le prix est passé de 1366 à 2300 euros.
Quelles leçons doit en tirer un établissement comme Meilleurtaux.com ?
On observe une hausse de la part du courtage dans le crédit immobilier. Une société comme Meilleurtaux.com y a beaucoup contribué, eu égard aux nombreuses transactions qui ont pu s'effectuer via son site.
Tant que nous resterons positionnés en tant qu'expert, nous pouvons penser que le métier de courtier à de l’avenir.
A l’heure actuelle nous estimons la part de marché des courtiers à 25 % en France. Un crédit sur 4 passe par un courtier à ce jour.
La part de marché des courtiers a vocation à être de plus en plus importante au fil du temps.
Il nous faudra alors continuer à être à la pointe de la réglementation et des techniques financières des banques.
La question de la régulation est importante dans la profession…
Le métier de la distribution bancaire est extrêmement régulé par les autorités européennes et les autorités nationales. Les activités de courtiers ne le sont en revanche pas du tout.
Il n’est pas concevable que si le métier de courtier continue à se développer, il reste non régulé. Par ailleurs une régulation permettrait une certaine consolidation de l’activité. La France compte entre 1400 et 1600 petits courtiers indépendants.
Cette régulation pourrait consister dans la mise en œuvre du rapport Deletré sur l’obligation de conseil. Celle-ci devrait accroitre la qualité et la transparence de la relation avec le client, amener le courtier à devoir adhérer à des organismes professionnels disposant des moyens nécessaires pour exercer un contrôle des activités et à devoir être assuré professionnellement.
Vous avez évoqué le fait que vous souhaitiez vous adresser à une population plus élargie ? Quels profils plus précisément ? Pour quelles offres ?
A l'origine les personnes qui se sont connectées au site sont plus jeunes et plus urbaines que la moyenne de la population, ce qui est surtout lié à notre forte activité sur internet.
Dans les zones rurales nous trouvons davantage des clients qui souhaitent un contact direct avec un courtier au travers de l’une de nos 120 agences. Faire appel à Internet est alors moins naturel.
Nous aimerions diversifier notre offre, prendre pied sur des univers de besoin complémentaires au crédit immobilier approfondir en cela l'assurance emprunteur, l'assurance habitation, crédit consommation, l'assurance voiture, assurance vie... passer ainsi d’un statut de mono spécialiste à un statut de multi spécialiste
Nous ne raisonnons pas en termes de segments de clientèle mais en termes de services pour notamment ceux qui seraient déjà passés par des courtiers pour leur financement.
Vous êtes-vous donné des objectifs chiffrés en termes d'encours ou de nombre de clients à moyen ou long terme?
Pas pour le moment. Il est encore trop tôt. Nous sommes en train d'installer notre offre.
A termes, d'ici trois ans, je pense que les activités de diversification devraient représenter 10 à 15% du chiffre d'affaires de Meilleurtaux.
Nous avons 1 million de visiteurs sur le site. Tout l'enjeu est de faire en sorte de les transformer en clients en leur proposant des services adaptés.
Avez-vous des ambitions à l’international ?
Il existe des courtiers de crédit dans la plupart des pays de l’OCDE. Il n’existe pas à ma connaissance un même courtier qui serait sur plusieurs pays.
Aujourd’hui nous nous sommes installés dans l’outre mer. Nous avons des franchisés à la Réunion, au Guadeloupe, en Martinique, en Guyane. Nous sommes en train de discuter avec un candidat qui souhaiterait prendre la franchise de Meilleurtaux pour le Pacifique.
Si nous devions un jour sortir de nos frontières, nous regarderions plutôt du coté du Maghreb. Il y a sur ce marché, pas mal d’établissements bancaires et une forte demande de besoin de logements et donc quelque part de financement.
Un de nos concurrents, la société CAFPI est en train de faire l’expérience. Si elle est avérée, elle devra être suivie par son principal challenger que nous sommes.
On continue à critiquer les banques sur le fait qu’elles ne joueraient pas le jeu du crédit. Que sentiment avez-vous de la situation ?
Il y a eu une crise de liquidités à partir de septembre 2008 sans précédent. Les banques françaises sont toutefois restées présentes sur le marché.
Il y a certes eu une remontée des barèmes de crédit mais le robinet n’a pas été totalement fermé.
Cette crise commence à s'estomper.
Nous ne connaitrons plus l'euphorie immobilière des années 2005-2007, où nous avons eu des financements extrêmement importants. Nous revenons davantage dans une situation comparable au début des dernières décennies et comparable aux décennies antérieures.
Propos recueillis par Imen Hazgui
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«Les principales conclusions de notre 10ème Observatoire du crédit immobilier»




