Jean-Luc Berard
Directeur général de l'Unedic
Le chômage va continuer de progresser l’année prochaine mais dans une moindre proportion
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Publié le 23 Novembre 2009
L’Unedic prévoit de recourir à l’emprunt afin de financer son déficit. Ce dernier devrait atteindre 3,6 milliards en 2010. Comment expliquez-vous ce choix ?
L’Unédic est l’organisme gestionnaire de l’Assurance chômage. A ce titre, les partenaires sociaux qui la dirigent sont garants de son équilibre financier mais aussi des services qu’elle apporte aux demandeurs d’emploi et aux entreprises qui la financent. C’est pourquoi, devant l’ampleur du déficit (900 millions d’euros en 2009 et 3,6 milliards l’année suivante, soit une dette totale à la fin de l’année 2010 de 9,5 milliards d’euros), les partenaires sociaux ont préféré recourir à l’emprunt plutôt que de modifier le niveau des cotisations ou le montant des allocations ce qui aurait pénalisé les employeurs, les salariés ou les chômeurs.
Pensez-vous que les conditions de marché sont suffisamment favorables actuellement à une émission d’obligations ?
Le marché est avant tout favorable à l’Unédic. En effet, en prévision de cette émission, nous avons demandé aux trois agences, Fitch, Moody's et Standard & Poor's, de noter l’Unédic. Les « triple A » obtenus au mois d’août 2009 vont permettre à l’Unédic de se financer dans de très bonnes conditions, comparables à celles de l’Etat français. Il y a, de plus, sur cette période de l’année (fin novembre) peu d’émetteurs : par conséquent, sur ce qu’on appelle un « clean market », le prix d’émission sera avantageux avec des taux de nouveau historiquement bas.
Quelles modalités avez-vous fixé pour cette émission : quel taux, quelle maturité ?
La maturité, c’est-à-dire l’échéance de l’émission, est de trois ans. C’est une maturité qui correspond à ce que les investisseurs recherchent et qui est adaptée aux besoins de l’Unédic puisque les difficultés financières de l’Assurance chômage, essentiellement conjoncturelles, devraient se résorber avec la reprise économique. En ce qui concerne le taux, il est encore prématuré de l’envisager mais la fourchette retenue devrait être proche des émissions d’organismes semblables (Cades, emprunts d’Etat etc.).
De quelle manière envisagez-vous l’évolution de votre déficit dans les trimestres à venir ? La montée du chômage ne vous inquiète-t-elle pas ?
La montée du chômage est en effet préoccupante mais celui-ci est très dépendant de l’évolution du PIB. Or, après avoir fait des hypothèses avec un PIB négatif à -3% en 2009, nous avons revu nos prévisions pour nous fixer, à l’instar du consensus des économistes, sur -2,2% et nous prévoyons +1,1% pour 2010. Dans ces conditions, le chômage va continuer de progresser l’année prochaine mais dans une moindre proportion. Toutefois, les demandeurs d’emploi qui se sont inscrits ne vont pas tous retrouver un travail rapidement et devront donc être indemnisés. Cela pèse sur nos comptes qui malgré la reprise vont continuer à se détériorer en 2010 et se rétabliront petit à petit au cours des années suivantes. C’est pour cela que nous avons besoin d’emprunter.
L’emprunt effectué sur les marchés suffira-t-il à honorer vos engagements ? Quelles autres possibilités pourraient être envisagées ?
L’emprunt sera suffisant pour honorer nos engagements vis à vis des demandeurs d’emploi et vis à vis de Pôle emploi, le nouvel organisme chargé de les inscrire, de les indemniser et de les aider à retrouver du travail. Le Bureau de l’Unédic à d’ailleurs tenu à rappeler récemment que le déficit prévisionnel de l’Assurance chômage ne perturberait d’aucune manière le versement des allocations aux demandeurs d’emploi indemnisés.
Propos recueillis par Imen Hazgui
laetitia

Le chômage va continuer de progresser l’année prochaine mais dans une moindre proportion




