Michel Yarhi
Président de l'Association pour le Management des Risques et des Assurances de l'Entreprise (AMRAE)
L'AMRAE au service des risques managers
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Publié le 07 Septembre 2006
Quelles sont les qualités requises pour être un bon gestionnaire des risques ?
Un gestionnaire des risques doit savoir se montrer sensible aux risques, faire preuve d'une certaine diplomatie pour expliquer, sensibiliser et convaincre ses interlocuteurs de travailler ensemble et d'accepter les décisions les plus délicates. Il doit également disposer d'une large culture des risques (juridique, économique, fiscal).
Quels sont les enjeux actuels liés à la profession ?
L'enjeu essentiel réside dans la nécessité d'avoir une visibilité étendue des problèmes liés à la gestion des risques. Il est devenu nécessaire de prendre en compte les différents aspects du risque, de façon à donner naissance à une synthèse, la plus complète possible. Certaines entreprises se contentent de se soumettre aux exigences posées par la réglementation, autrement dit la mise en place d'un système de contrôle et d'audit. Ce n'est pas suffisant. Fort heureusement, une prise de conscience est entrain de naitre. Les chefs d'entreprise et l'ensemble du staff s'inscrivent dans une démarche plus dynamique et plus globale. Mais le manque de moyens empêche certaines entreprises, principalement les PME, d'intégrer pleinement cette nouvelle approche.
Quelles sont les dernières prises de position de l'association, quel est votre code de déontologie ?
A été signé en janvier de cette année, une charte de déontologie avec les courtiers d'assurance dans le but de renforcer la transparence dans les rémunérations quelque soit leur nature. Cette charte s'inscrit en réponse aux différents scandales survenus, il y a trois ans, aux Etats-Unis mettant en cause les courtiers d'assurances pour avoir perçu des commissions occultes. Le discrédit jeté sur la profession nous a amené à poser clairement une obligation de divulgation pour les courtiers. Nous sommes les premiers à l'avoir réalisée au monde. D'autres tentatives ont été faites mais elles ont toutes échoué.
Par ailleurs, une autre prise de position de l'association concerne la question de la class action à la française. L'existence d'assurances de protection juridique, que l'ontrouve dans pratiquement toutes les assurances multirisques et qui permettent de poursuivre en justice à un moindre coût, nous a conduit à avoir une position modérée sur le sujet.
Sur quelles problématiques portent vos travaux actuels ?
Il existe plusieurs commissions qui travaillent toutes sur des problématiques liées à la gestion du risque et à l'assurance. Par exemple a été mise en place une commission sur le mapping (autrement dit, l'analyse du risque et façon de l'appréhender), sur le financement des risques en dehors des compagnies d'assurance, sur financement des dommages. Ces commissions se réunissent régulièrement.
Par ailleurs, des clubs et des tribunes sont organisés ponctuellement sur des sujets en relation avec l'actualité, concernant de nouveaux produits ou visant une problématique particulière. Enfin, chaque année a lieu un congrès de trois jours réunissant près de 1500 personnes.
Quid des conférences et colloques 2006 ?
Nous organisons et participons à des conférences qui portent sur des thèmes ayant des incidences sur l'approche des risques dans les entreprises. Pour les conférences que nous avons pu organiser, les sujets abordés ont été la class action, les assurances construction, les risques informatiques liés à la cybercriminalité. Concernant les conférences auxquelles nous avons participé, on pourra citer celle organisée par les Echos sur l'audit des risques et celle organisée à la Sorbonne sur la maitrise des risques
Par l'ensemble de ces manifestations, notre objectif principal est de sensibiliser.
Quels types de formations dispensez-vous et à qui s'adressent-elles ?
Nous dispensons plusieurs types de formation. Une première formation dans le cadre du Centre d'études et de formation pour la gestion des assurances et des risques (CEFAR), filiale de l'AMRAE créée en juillet 2003. Cette formation dure 10 jours étalés sur six mois. Elle concerne les personnes déjà en poste, principalement diplômées (bac +4, bac +5) qui souhaitent s'améliorer ou se réorienter dans l'entreprise De plus, l'association parraine une formation à Bordeaux, dans le cadre de l'institut management des risques. Enfin, nous intervenons ponctuellement à l'INS de Cachan, au sein de l'école nationale des assurances, et à HEC
Disposez-vous d'un bureau à l'international ou d'un partenariat avec vos homologues étrangers ? Si oui, qu'est ce qui a motivé votre choix ?
Nous n'avons pas de bureau à l'international. Mais nous collaborons beaucoup avec nos homologues étrangers. Au niveau européen dans le cadre de la FERMA, et à l'échelon mondial au sein l'IFRIMA. Qui plus est, il nous arrive de parrainer la création d'une association dans des pays tiers comme récemment au Maroc.
Combien d'adhérents à l'association ? Quelles sont formalités d'inscription ?
L'association compte environ 550 membres qui représentent 350 entreprises. Deux types de membres existent : les membres pleins qui sont les représentants des entreprises et les membres associés, sociétés dont l'activité gravite autour du risque : avocats, experts, fournisseurs de solution informatique contre le risque.

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