Hervé Chauvin
Directeur général de Thermya*
La torréfaction de la biomasse, une alternative économiquement rentable et énergétiquement compétitive
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Publié le 26 Janvier 2010
Le train de l’or vert semble en marche. Selon les objectifs fixés par les pouvoirs publics les «énergies vertes» devront représenter 23% de la consommation énergétique française en 2020. La biomasse connaîtra donc un véritable essor dans les années qui viennent. Parmi les différentes filières de valorisation de la biomasse (gazéification, pyrolyse, bio méthanisation), la torréfaction devrait tirer son épingle du jeu. Ce procédé permet en effet de valoriser les résidus actuellement inutilisés de l’exploitation forestière et agricole. Un sujet qui reste d’actualité : avec 42 millions de m3 de dégâts selon l’Inventaire Forestier National, la tempête Klaus de 2009 a laissé des séquelles irréversibles dans le massif forestier Landais. En transformant en «BioCoal» ou combustible vert de la biomasse non comestible d’origine forestière ou agricole, la torréfaction ouvre la voie à une nouvelle filière de valorisation énergétique.
La torréfaction une réponse aux attentes des industriels
Mais avant tout, la torréfaction répond aux attentes des industriels qui cherchent aujourd’hui des solutions leur permettant de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (CO2) et les coûts associés. La demande est forte et les acteurs regardent avec intérêt l’évolution des technologies disponibles sur le marché. Si le principe de la torréfaction est connu depuis longtemps, son application à la biomasse et sur une échelle industrielle est beaucoup plus récente. Jusqu’à peu, aucun procédé opérationnel et surtout rentable, de torréfaction de la biomasse n’était disponible sur le marché et cela malgré certaines annonces faites de-ci, de-là.
Consciente des enjeux énergétiques et environnementaux à venir, Thermya s’est penchée il y a quelques années sur le développement d’un procédé de torréfaction de la biomasse. Le procédé TORSPYD, conçu et développé dans notre centre de Recherche & Développement, permet de torréfier industriellement la biomasse non comestible d’origine agricole ou forestière et ce de manière continue. Notre procédé repose sur un traitement thermique «doux» (<240°C) visant à déshydrater progressivement la biomasse et à la rendre absolument et irréversiblement hydrophobe. Notre système de torréfaction s’avère totalement autonome, c’est à dire qu’il ne nécessite d’aucun apport extérieur d’énergie.
A l’issue de notre processus de torréfaction, la biomasse brute s’est transformée en BioCoal ou «combustible vert». Le BioCoal produit avec le procédé TORSPYD a un rendement massique de 90% et conserve 95% de l’énergie initiale de la biomasse. Hydrophobe et extrêmement friable, le BioCoal est en réalité un combustible de très haute qualité, très dense en énergie et insensible aux phénomènes de fermentation et aux attaques biologiques. Ces caractéristiques apportent une réponse aux problématiques liées à la transformation, au transport et au stockage de la biomasse brute, dont les principaux inconvénients sont le haut taux d’humidité et la faible densité. Les producteurs de pellets peuvent donc, à partir de BioCoal, produire des pellets de 2nde génération – plus denses, plus stables – et surtout, à moindre coût.
L’utilisation de BioCoal, tel quel ou pelletisé, répond donc totalement aux attentes de industriels. Tout d’abord, et c’est le point primordial pour les utilisateurs de charbon, il n’a pas d’impact sur les émissions de CO2 : le substituer en partie au charbon permet par conséquent de réduire l’impact environnemental et économique de leur activité.
Ensuite, le BioCoal peut être utilisé en co-combustion dans les centrales thermiques productrices d’électricité, ou dans des fours industriels, sans aucune modification des systèmes de combustion, les modes de stockage et d’acheminement étant par ailleurs très similaires. Enfin, parce qu’il s’enflamme quasi instantanément, le BioCoal joue le rôle d’accélérateur de combustion pour le charbon, et permet donc de réduire le taux de cendres et d’améliorer le rendement global de l’installation.
En somme, le BioCoal se révèle bien comme une réelle alternative écologique, économique et technique du charbon !
*Thermya est une société d’ingénierie créée en 2002 et spécialisée dans la conception de solutions technologiques dédiées à la valorisation énergétique de la biomasse non comestible.
nabil
Derniers commentairesAccès aux forums
fadoli a dit:
Bravo les chercheurs,continuez dans cette voie bio et inventez-nous un moteur a bois ce serait magique!!
emanuelh a dit:
Bonjour, Votre article est passionnant. Le "biocoal" est ou sera-t-il utlisable par les particuliers, et dans quel type de chaudière à granulés ? Merci pour votre réponse. E.MH.

La torréfaction de la biomasse, une alternative économiquement rentable et énergétiquement compétitive




