Olivier Lefèvre et Olivier Minaud
Gérants actions Europe chez Natixis AM
Le style growth devrait retrouver une meilleure dynamique en 2010
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Publié le 09 Février 2010
Pour certains experts, 2010 devrait marquer l’amorce d’une phase favorable aux titres value. Qu’en pensez-vous ?
2009 a été une année très favorable au style value, avec l’amorce de la reprise économique et donc l’effet de levier potentiel sur les résultats des sociétés cycliques. 2010 sera certainement plus contrastée, avec certains segments de l’investissement «value» qui seront porteurs tels que les valeurs à fort rendement du dividende, les conglomérats bénéficiant d’une modification de leur périmètre d’activités (cf du fait de la résurgence du M&A), ainsi que les derniers dossiers de restructuration opérationnelle qui peuvent s’appuyer sur une relance de la demande de l’investissement. A contrario, certains dossiers cycliques apparaissent aujourd’hui pleinement valorisés et donc beaucoup moins attrayants ; à moins que la reprise économique ne soit plus violente et pérenne qu’escomptée actuellement par les marchés.
Le style growth devrait retrouver une meilleure dynamique en 2010 grâce à son exposition à certains segments présentant une visibilité élevée et moins sensible à la conjoncture économique. De plus, les valorisations des titres croissance n’apparaissent pas surévalués aujourd’hui.
La distinction titres growth-titres value fait-elle sens selon vous ? Pourquoi ?
Nous avons deux définitions bien distinctes au sein de notre gestion afin de distinguer l’investissement « value «, de l’investissement « croissance ».
Ainsi, pour nous, l’investissement « value » se caractérise d’une part par une valorisation (intégrant plusieurs critères financiers) nettement inférieure à la valorisation du marché dans son ensemble. D’autre part, c’est un investissement sur lequel les attentes des analystes financiers sur la croissance bénéficiaire future sont relativement faibles et peu dispersées.
En ce qui concerne l’investissement « growth », nous le définissons comme un investissement sur des valeurs capables de générer une croissance rentable de leur revenus sensiblement supérieure à celle du PIB et ce, de manière durable. De plus, nous nous concentrons sur les valeurs dont les attentes bénéficiaires sont fortes et dont les révisions par les analystes financiers se poursuivent ou s’accélèrent.
De quelle manière jouez-vous ces titres au sein de votre établissement ? Avez-vous un fonds dédié à ce type de valeurs ?
Chez Natixis Asset Management, nous offrons la possibilité à nos clients d’investir sur ces deux compartiments par le biais de nos deux fonds Natixis Actions Euro Growth et Natixis Actions Euro Value.
Quels secteurs ou quels titres ont votre préférence ?
Au sein de la sphère « value », nous privilégions actuellement les dossiers de restructuration opérationnelle, qui ont un important programme d’économies de coûts leurs permettant de générer un fort FCF, ce qui à terme favorisera leurs désendettement (comme dans le secteur des matériaux de construction, l’automobile…).
Nous privilégions aussi les dossiers à fort rendement du dividende (dividende supérieur à 4%), générant un fort FCF, ayant un bilan sain et reposant sur une activité économique pérenne et visible (comme les secteurs de la pharmacie, des télécommunications et des services publics délégués…).
Nos principales positions sont Saint Gobain, Lafarge, KPN, Man SE, Snam Rete, Sanofi, Deutsche bank, ING et Renault.
Dans le cadre du fonds growth, nous privilégions actuellement les secteurs présentant une croissance sous jacente élevée et peu sensible à la conjoncture économique (le secteur des équipements médicaux en est un exemple, ainsi que les producteurs agroalimentaire).
De même, nous favorisons les secteurs en croissance qui vont bénéficier de l’accélération de la croissance économique avec une amplification de leur croissance bénéficiaire (pour exemple : les services aux entreprises, les valeurs technologiques et certains médias).
Nos valeurs préférées sont Essilor, Fresenius AG, Imperial Tobacco, Unilever, Adecco, Autonomy et SES.
Quel lien faites-vous entre la dichotomie titres growth-titres value et la dichotomie valeurs défensives vs valeurs cycliques?
Ce lien existe dans l’esprit des investisseurs, on peut cependant le nuancer.
Ainsi au sein de l’investissement « value » il existe des compartiments d’investissement défensifs tels que les valeurs à haut dividendes ou les conglomérats/holdings, qui via la diversité de leur activités peuvent être considérés comme peu sensibles aux différentes phases du cycle économique.
Notre portefeuille value chez Natixis AM est composé d’investissements agressifs (cf valeurs cycliques/ valeurs de restructurations), mais aussi de valeurs défensives, notamment de valeurs à forts dividendes. Cette structure de portefeuille permet de dégager de la performance quelque soit la phase de cycle économique.
Au sein de l’investissement « growth » il existe des compartiments d’investissement défensifs tels que les valeurs de croissance mature (sociétés leaders sur leurs métiers qui génèrent une croissance régulière avec une bonne visibilité) mais aussi des compartiments plus « agressifs » tels les valeurs en expansion forte (sociétés qui bénéficient d’innovations technologiques…) et les valeurs de croissance cyclique (sociétés dont la croissance est accentuée lors des phases conjoncturelles du cycle économique)
Notre portefeuille growth chez Natixis AM est composé d’investissements défensifs (cf valeurs de croissance mature), mais aussi de valeurs plus agressives, notamment les valeurs à croissance cyclique. Cette structure de portefeuille permet de dégager de la performance quelque soit la phase de cycle économique.
Propos recueillis par Imen Hazgui
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Le style growth devrait retrouver une meilleure dynamique en 2010




