Patrick Goux
Analyste Banques européennes chez Groupama AM
Banques : des informations cruciales attendues le 18 mars
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Publié le 15 Mars 2011
Quatre dates clé ont été déterminées par l’Autorité bancaire européenne s’agissant des stress tests bancaires européens qui devront être effectués. Pourriez-vous nous les rappeler ?Le 4 mars marque le début officiel du test. Le 18 mars doivent être publiés les scénarios macroéconomiques qui seront utilisés dans le cadre du test ainsi que les noms des banques testées. Au mois d’avril, plus d’informations devraient être communiquées sur la méthodologie utilisée. Au mois de juin devront être dévoilés les résultats.
Un certain nombre d’éléments ont filtré dans la presse sur les éléments qui devraient être avancés le 18 mars ?
Ces informations concernent les chocs sur la croissance économiques, les chocs appliqués aux marchés actions et aux marchés de taux, les chocs sur les titres d’Etat, et des indications très limitées concernant les stress tests sur le marché immobilier, la demande mondiale et les devises.
88 banques seraient testées contre 91 banques lors des stress tests de 2010.
Quelle a été la réaction du marché face à ces annonces ?
Une double déception. Une première déception parce qu’aucun stress test n’est envisagée sur la liquidité des banques. On envisagerait seulement une revue thématique de la liquidité des banques par les régulateurs nationaux et pas un véritable stress test par le régulateur européen.
Pourtant la position de l’Autorité me semble logique. Faire un test sur la liquidité me semble auto réalisateur si le test s’avère négatif. De plus, quand on suit le marché européen, on sait que certains secteurs bancaires, notamment en Irlande et en Grèce, survivent grâce au soutien de la BCE. Nous n’apprendrions donc pas grand-chose d’un tel test.
Quelle a été la seconde critique du marché ?
Comme au cours du stress test de l’année dernière, s’agissant des dettes d’Etat détenues par les banques, on ne ferait un test que sur le portefeuille de trading des banques, celui qui est déjà en valeur de marché, et par sur le banking book, sachant que l’exposition des banques européennes sur les titres d’Etat est plus importante dans ce dernier portefeuille.
Là encore cette position ne me pose pas de souci. Nous devrions avoir le détail des expositions de chaque banque sur les différents Etats. Avec ces chiffres, les analystes pourront faire les tests qu’ils ont envie de faire.
D’un autre coté, je peux comprendre que l’Autorité ne veuille pas communiquer cette information car les Etats européens ne croient pas au défaut d’un autre Etat.
Selon vous, nous aurons des tests crédibles ?
Oui, sur la partie choc économique mais, outre le fait que les éléments révélés dans la presse n’ont pas été confirmés par l’Autorité, certaines informations nous manquent encore pour conclure définitivement quant à la crédibilité de ces tests.
Il y a des points précis que vous souhaitez suivre ?
Le détail du test sur le marché immobilier, par exemple sur le marché immobilier espagnol ; le niveau de capital minimum post test en dessous duquel on va imposer aux banques de se recapitaliser ; les aides éventuelles qui seront octroyées par les gouvernements pour aider à cette recapitalisation (notamment pour les landesbanken allemandes).
Nous espérons avoir des informations sur ces sujets au plus d’ici le mois de juin.
Selon vous ces stress tests pourraient servir de prétexte pour un certain nombre d’acteurs pour profiter pour se recapitaliser sur les marchés ?
Je pense que certaines banques qui passeront le test pourraient cependant prendre ce prétexte pour procéder à une augmentation de capital.
Propos recueillis par Imen Hazgui

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