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Interview de Jean-Louis Roy : Directeur administratif et financier de Fleury Michon

Jean-Louis Roy

Directeur administratif et financier de Fleury Michon

La progression de notre titre s'avère plus importante que le titre de Bonduelle, Bongrain ou LDC

Publié le 02 Août 2011

Le chiffre d’affaires est en hausse de 10,8%, passant de 289,1 au premier semestre 2010 à 320,3 millions d’euros en 2011. Comment expliquez-vous ces performances?
Nos bons résultats s’expliquent par des fondamentaux solides. Tout d’abord, le groupe occupe une position de leader sur des marchés en croissance (charcuterie libre service, charcuterie cuisinée, plats cuisinés et traiteur de la mer). La reconnaissance de la qualité des produits est également un élément clé du succès de Fleury Michon, avec la modification de la communication du groupe depuis janvier visant à mettre l’accent sur une valeur qui a toujours porté le groupe : «l’obsession du bon». Ces bonnes performances s'expliquent également par l'action de nos trois forces de vente spécialisées par marchés : l'une sur la charcuterie, l'autre sur le plat cuisiné et la troisième sur le traiteur de la mer.

Nos activités à l’étranger ont par ailleurs été porteuses, en particulier au Canada. Enfin, nos activités d’export se sont beaucoup développées en Europe.

Ces chiffres s’expliquent-ils également par les acquisitions réalisées par le groupe ? Y a-t-il d’autres projets d’acquisition comme celui de Fresco au premier trimestre 2011?
Avant tout, je tiens à dire que nous avons définitivement bouclé l’acquisition de Fresco Italie, en partenariat avec Beretta, ce qui nous permettra de nous positionner comme leader sur différents segments du marché du traiteur italien (sandwich, antipasti, sauces et plats cuisinés).

Nous ne projetons pas d’acquisitions futures puisque nous avons beaucoup de chantiers à mener dans le cadre de cet achat. Nous allons en cela devoir procéder à la restructuration du portefeuille de marques de Fresco.

Quelles sont les perspectives du groupe?
Nous restons assez confiant pour le trimestre prochain même si nous évoluons dans un environnement très perturbé, qui va surement avoir du mal à s’améliorer. Nous misons, cependant, sur nos produits qui allient qualité et sécurité.

Concernant la sécurité des produits, l’affaire des produits hallal à base de saucisses vous a-t-elle porté préjudice ? Est-ce que cela a pesé sur le chiffre d’affaires?
Non il n’y a pas eu d’impact. Nous proposons toujours une gamme de produit dans cette branche et c’est un secteur dans lequel nous sommes toujours en croissance.

Alors que vos résultats sont en constante progression depuis 2008 votre titre connait de violentes variations depuis janvier. Comment l’expliquez-vous?
Il est toujours difficile de donner des explications précises et complètes sur les variations d’une action en bourse. Globalement, notre titre évolue dans un marché lui même chahuté et volatile. La crainte grandissante des investisseurs sur les valeurs agroalimentaires, du fait de l’augmentation constante des matières premières, nous a un certain temps pénalisé.

Qui plus est, la relative faible liquidité de notre titre tend à accentuer ces variations. Néanmoins, depuis le début de l'année, notre titre, bien que son niveau reste relativement bas, a augmenté de 14 %. Sa progression s’avère plus importante que le titre d’autres sociétés agroalimentaires comme Bonduelle, Bongrain ou LDC. En outre, la valeur performe beaucoup plus que le Cac 40, ce qui est rassurant pour nos actionnaires.

Comment gérez-vous la croissance des prix des matières premières?
Nous avons été obligés de modifier nos tarifs à la hausse sur plusieurs marchés. Nous avons notamment du procéder à une augmentation significative du prix du jambon de porc. Ceci étant, nous savons que les cours se détendent habituellement en fin d’année. Nous espérons donc que 2011 n’échappe pas à cette règle.

Un dernier mot pour vos actionnaires ?
Nous sommes positionnés sur des marchés en croissance et nous contribuons à cette croissance grâce à nos produits. Et, je veux rappeler, la phrase qui guide tous les employés de notre société au quotidien, « l’obsession du bon », une phrase qui fait partie intégrante des gênes de la société.

Propos recueillis par Léa Deglaire

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