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Interview de Antoine Brunet : Président de AB Marchés. Coauteur avec JP. Guichard de La visée hégémonique de la Chine

Antoine Brunet

Président de AB Marchés. Coauteur avec JP. Guichard de La visée hégémonique de la Chine

Si on commence à céder un doigt à la Chine, c'est la main puis le bras qui y passeront. Et l'Europe deviendra un vaste protectorat de la Chine

Publié le 28 Septembre 2011

Quel regard portez vous sur les déclarations de la Chine qui ont suivi d’une part la réunion des BRICS jeudi dernier, d’autre part la réunion du G20 ce week-end ?
Les Brics sont une façade qui sert à cacher une Chine qui n’aime pas faire apparaitre trop nettement son attitude.
La réunion qui s’est tenue jeudi 22 septembre a eu pour objet de permettre à la Chine de montrer le contraste qui existe entre la bonne santé économique et financière de son économie et la mauvaise santé économique et financière des pays développés. Ce contraste à mes yeux n’est pas fortuit. Quinze ans après avoir mis en œuvre sa stratégie de renforcement au détriment des pays occidentaux, la Chine a des raisons de penser qu’elle approche la fin de la partie et qu’elle approche de la victoire dans la guerre froide qu’elle nous mène depuis 1993-1994. Sans l’avoir jamais déclarée d’ailleurs.

Mercredi 14 septembre, Mr Wen avait clairement souligné que l’endettement de l’Europe et des Etats-Unis était considérable et que leur besoin d’endettement supplémentaire était tout aussi important. Il a alors affirmé que seule la Chine serait en mesure de satisfaire ce besoin d’endettement. Mais après avoir fait remarquer que rien n’obligeait la Chine à accorder ces financements. Il a fait ressortir une condition et une contrepartie. La condition ? Les pays développés doivent opérer une restriction budgétaire considérable. La contrepartie ? Reconnaitre l’économie chinoise comme une économie de marché afin de permettre une plus grande ouverture des frontières aux marchandises chinoises. Or c’est précisément cette trop grande ouverture à l’économie chinoise et cette trop grande compétitivité des marchandises chinoises qui sont à l’origine des difficultés économiques et financières de l’Europe actuelle.

Selon vous, l’Europe a la capacité de riposter ?
Mr Wen attend que l’Europe réagisse à son message. Pour le moment l’Europe n’a pas capitulé. L’Union européenne ne s’est pas présentée à la réunion des BRICS à Washington pour écouter leurs propositions. Aucune réunion UE-BRICS n’est encore programmée.

L’Europe doit réagir. Elle en a encore les moyens. Elle se doit de ne pas rester passive et d’afficher face à la Chine une union, une union en son sein et union avec le Japon et les Etats-Unis. Faute de quoi, les pays occidentaux courent à la catastrophe. Il est encore temps pour eux d’imposer des droits de douane à la Chine et c’est maintenant qu’il faut le faire.
Il est insensé de voir les marchés financiers bruler des cierges pour que l’Europe se résigne à accepter les conditions que lui impose la Chine.

Quelles seraient les modalités d’un financement par la Chine, directement sur les marchés ou par le biais du FMI ?
Il y a toute sorte de considérations qui nous échappent pour savoir précisément quelles modalités retiendrait la Chine.
Chine directement ou Chine via le FMI ? C’est une question de modalité. Au mois du juillet, un article dans le Quotidien du Peuple indiquait que le FMI deviendrait une boite vide dès le moment où la Chine n’y mettrait plus d’argent. Désormais quand on emprunte au FMI, c’est comme si l’on empruntait à la Chine directement. Passer par le FMI serait pour la Chine un moyen d’agir en sous main, de dissimuler son poids désormais prépondérant sur la scène financière internationale.

Envisagez-vous une multiplication des prises de participations ou acquisitions de la Chine en Europe ?
La stratégie offensive que pourraient mener les européens et américains s’ils étaient déterminés et unis face à l’attitude agressive de la Chine serait de la contraindre à une réévaluation de sa monnaie sous menace d’imposer 100% de droits de douane à la Chine. Faute d’une telle réponse, les pays se verront de plus en plus acculés par la Chine qui réclamera des contreparties politiques toujours plus importantes : après une reconnaissance de la Chine comme économie de marché, la Chine exigera de nos gouvernements qu’ils ne s’opposent plus à vendre à la Chine nos infrastructures de transport, nos terres arables, nos entreprises, particulièrement celles qui disposent de gisements de ressources naturelle, celles qui disposent de marques commerciales prestigieuses et celles disposant d’un savoir technologique. Si on commence à céder un doigt à la Chine, c’est la main puis le bras qui y passeront. Et l’Europe deviendra un vaste protectorat de la Chine.

Propos recueillis par Imen Hazgui

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Derniers commentairesAccès aux forums

Sinophobie a dit:

Cet article est empreint de sinophobie; nous faire croire que les difficultés de l'Europe viennent de la Chine est grotesque; l'excès d'endettement causé par l'excès de socialisme n'y est donc pour rien ? La plétore de fonctionnaires ne cause aucun mal ? L'auteur oublie aussi l'effet déflatoire qu'a eu la Chine sur les économies occidentales pendant de nombreuses années, etc..etc.. L'auteur oublie aussi que l'Europe est un vassal des Etats-Unis depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, et que la crise de 2008 a d'abord commencé aux USA. Faut-il encore en rajouter ? Les lecteurs apprécieront mais le parti-pris n'est pas bon conseiller dans les analyses économiques. JP Grossar

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