Eric Van La Beck
Directeur de la recherche ISR chez OFI-Macif Gestion
La France est en pointe en matière de fonds solidaires
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Publié le 08 Novembre 2011
A l’occasion de la Semaine de la Finance solidaire (3-10 novembre), on entend beaucoup parler d’investissement socialement responsable (ISR). Quel lien y-a-t-il entre ces deux approches ?Ce sont deux concepts différents, même s’ils se rejoignent parfois au sein d’un même produit financier. Ainsi les fonds solidaires qui investissent 10% de leurs encours dans des entreprises non cotées gèrent le reste de leur portefeuille (actions, obligations) selon les critères de l’investissement socialement responsable. Parmi nos fonds, deux fonds ont reçu le label Finansol distinguant les produits solidaires. L’un est un fonds de partage, l’autre un fonds d’investissement misant notamment sur les entreprises solidaires.
Cette accumulation de concepts ne risque-t-elle pas d’accroître la confusion du grand public alors que celui-ci souhaite « donner du sens à son épargne » ?
Il est vrai que les gens préfèrent les produits simples, comme par exemple les fonds qui investissent sur une thématique bien précise : l’eau, l’éolien, le solaire…Encore faut-il démontrer que les représentants de ces secteurs sont plus vertueux que les autres ! L’approche ISR, qui prend en compte non seulement la démarche environnementale, mais également les aspects sociaux et de gouvernance permet de mieux appréhender la réalité des entreprises. De plus en plus, celles-ci doivent répondre de leurs engagements sur ces trois critères et je pense que cela peut faire une vraie différence au final. Donc il faut continuer à expliquer cette démarche, de même que celle de la finance solidaire.
Comment se situe la France en matière d’épargne solidaire ?
La France est en pointe en matière de fonds solidaires, grâce notamment à la loi sur l’épargne salariale (2008, ndlr) qui oblige toutes les entreprises offrant un PEE à avoir au moins un fonds solidaire parmi les produits d’épargne salariale à disposition des salariés. Ces derniers ont été nombreux à souscrire des fonds solidaires. En revanche, les fonds dits de partage ne rencontrent pas beaucoup de succès dans notre pays, contrairement à l’engouement observé dans les pays nordiques. La Commission européenne réfléchit actuellement aux moyens de développer la finance solidaire à partir des expériences de chaque pays membre. Nous attendons ses conclusions avec impatience.
Propos recueillis par François Schott
Derniers commentairesAccès aux forums
Antoine a dit:
Si il faut attendre à chaque fois les recommandations de la Commission Européenne pour agir et innover, on n'est pas sortis de l'auberge! Certains acteurs de la solidarité internationale tel que le CCFD-Terre Solidaire lancent des initiatives intéressantes dans ce domaine. Dernière en date: une page Facebook pour informer les internautes sur les produits de partage humanitaire et répondre aux questions des uns et des autres. L'adresse: https://www.facebook.com/epargneethique Sinon ils ont aussi un site pas mal fait: http://ccfd-terresolidaire.org/epargnesolidaire/ En espérant que d'autres initiatives de ce type suivront...

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