Jean-Louis Cussac
Trader pour compte propre chez Perceval Finance Conseil
Le niveau d'équilibre du Cac 40 : 3450 points
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Publié le 09 Novembre 2011
Quel regard portez-vous sur le contexte politique dans lequel s’inscrit le marché actuellement ?Il n’y a pas plus incertaines que les décisions politiques. Nous l’avons vu encore avec la Grèce ces derniers temps. De ce fait je n’y attache pas une importance forte. Toutes les décisions que je prends en termes d’investissement sont conditionnées par ce que fait le marché. Je considère que dans un graphique il y a la résultante de tous les intérêts connus et
inconnus ainsi que des initiés. En cela il n’est pas anodin de constater que le marché a baissé avant l’annonce du référendum par le premier ministre grec George Papandréou et qu’il a progressé avant l’annonce de la diminution du taux directeur par Mario Draghi.
Selon-vous dans un tel environnement, l’analyse fondamentale est défaillante ?
L’analyse fondamentale n’est pas en mesure de jouer son rôle sur du très court car la volatilité est trop forte à cause de la spéculation. En témoigne ce qui s’est passé avec le dossier Dexia.
Suite à l’augmentation de capital de la banque à 9,90 euros, l’analyse fondamentale indiquait qu’il fallait en acheter tandis que l’analyse technique indiquait qu’il fallait vendre. Aujourd’hui l’établissement est en dépôt de bilan.
Il est bien entendu important de comprendre le contexte dans lequel on se situe. Ce contexte est dramatique, et l’on n’est pas prêt d’en sortir parce que les solutions proposées sont insuffisantes. On a tenté de construire un pare feu à l’Italie. Celui-ci se révèle très imparfait. Les dirigeants politiques ne parviendront pas à gérer le déséquilibre de l’endettement sans que les banques ne soient auparavant renflouées. Et je pense que moralement, financière, politiquement, socialement les problèmes qui pèsent sur la Grèce sont lourds de conséquence. De ce fait la situation devrait davantage s’envenimer, au-delà de ce que l’on peut imaginer.
Ce constat étant fait, seul un repère réel basé sur des échanges qui fixent un prix permet d’accompagner les décisions d’investissement aujourd’hui.
De quelle manière cette instabilité politique, cette imprévisibilité dans les décisions prises, influent sur l’analyse technique ? Comment se fier à cette analyse si d’avance des éléments extérieurs ne sont pas à notre portée ?
Ces éléments n'influent pas sur l'analyse technique, ils influent sur le marché. L'analyse technique permet d'analyser ce comportement de marché et d'en tirer des conclusions pour choisir ses investissements.
Comme cité plus haut : le marché a baissé avant l’annonce officielle du référendum par le premier ministre grec George Papandréou et il a progressé avant l’annonce officielle de la diminution du taux directeur par Mario Draghi. L'analyse technique a permis de détecter les amorces de ces mouvements avant que ces nouvelles ne soient connues.
Vous privilégiez l’analyse chartiste à l’analyse technique pure ?
L’analyse chartiste prend en compte l’aspect psychologique du marché, contrairement à l’analyse technique basée surtout sur des calculs mathématiques plus lents à se déclencher.
Quelle a été l’évolution de votre stratégie d’investissement au cours de ces derniers mois ?
J’avais considéré en début d’année que 4150 points était un point haut, donc j’ai vendu. J’avais 3450 comme objectif. A 2700 points, j’ai recommencé à acheter considérant que le point d’équilibre se situait plutôt vers 3450.
Qu’en est-il à présent ?
Les investisseurs sont assez peu investis. Ils ont tous conscience du problème. Personne ne veut manquer la reprise. On risque d’avoir une phase d’hésitation et de grande nervosité.
Le marché pourrait buter à moyen sur les 3450 points. Ce serait le niveau d’équilibre. Je profite des écarts par rapport à ce niveau d’équilibre pour la fin d’année.
Vous vendez de la volatilité ?
Je travaille beaucoup avec les options. Je vends des calls et des puts sur le Cac 40. J’essais de vendre des calls autour de 3300-3400 points et je vends des puts vers 2800 points.
Je me couvre avec les futures.
Quel serait le bas de la fourchette ?
Le marché va osciller dans un trading range 2800-3200 points avec des petites sorties par le haut et cette grande barrière des 3450 points.
Si le marché était amené à aller en dessous des 2700/2600 points, cela serait très grave. Je ne joue pas le scénario d’une forte baisse sous 2700 ou de forte hausse au-dessus de 3450 d’ici la fin de l’année.
Il n’est pas encore temps d’acheter dans une perspective de long terme…
Tant que la volatilité sera importante, le marché ne pourra pas rebondir de manière durable. Il est indispensable pour envisager une reprise du marché dans la durée que l’on observe une baisse de cette volatilité vers 20.
Il n’est pas sain pour la suite que le marché fasse en une journée ce qu’il devrait faire en deux ou trois jours. Il y a des contrepieds sans arrêt, des effets «portes de saloon».
Avez-vous déjà des titres en ligne de mire lorsque cette volatilité baissera et qu’il sera temps d’y aller ?
Les grands classiques, Vinci, Capgemini, Accor, Publicis, Hermes. Lorsque la situation du secteur bancaire sera assainie, je pourrai acheter BNP.
Propos recueillis par Imen Hazgui

Le niveau d'équilibre du




