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Interview de Alexandre Hezez : Responsable de la gestion de Convictions Asset Management

Alexandre Hezez

Responsable de la gestion de Convictions Asset Management

Actions européennes : parmi nos principales convictions figurent Ingenico, Gemalto, Swatch, Adidas, Alstom, Intesa, Unicredit, Crédit Agricole, Société Générale

Publié le 21 Janvier 2013

Quel regard portez-vous sur le redressement des actions européennes depuis plusieurs mois ?
Il y a un véritable changement de regard sur les actions européennes.
Il n'y avait, jusqu’à peu de temps, plus aucun investisseur non résident investi sur le segment.
Les flux sont en train de revenir.
La Banque centrale européenne a joué un rôle essentiel dans ce changement de regard. En particulier, le président de la BCE, Mario Draghi a, par ses différentes déclarations et par son annonce du lancement d'un programme de rachat des titres de dette des Etats membres en difficulté, grandement contribué à l’évitement du risque systémique.

Pensez-vous que l’on connaisse une euphorie actuellement en décalage avec la réalité ?

En 2010 et 2011, les marchés actions ont fortement corrigé. Certaines valeurs ont été particulièrement mises à mal.
Mi 2012, les valeurs bancaires par exemple affichaient entre 30% et 50% de décote.
L'ensemble des valeurs de la cote a accompagné ces valeurs fortement décotées du fait de moindres mauvaises nouvelles sur l'Europe.
Certains s’attendent à une très prochaine consolidation ? Depuis le point bas des marchés, nous sommes sur une progression, en rythme annuel, de 25%. Ceci n’est pas un phénomène courant.

Si tel est le cas, jusqu’où pourrait aller la correction ?

Il est très probable que nous aurons fin février, début mars un regain de tensions en raison des élections italiennes et des discussions budgétaires aux Etats-Unis.
Une baisse de 4-5% pourrait en découler.
Je ne pense pas, toutefois, que cette consolidation cassera la dynamique favorable sur les actions européennes.

Quel est le potentiel de hausse des actions sur l’année ?

Une performance située entre 10 et 15% est tout à fait possible.
Faire le pari que les actions européennes vont encore remonter en raison d'un fort redressement de la conjoncture économique pourrait s'avérer très décevant.
En revanche, un rebond pourrait effectivement être généré par l'amoindrissement des mauvaises nouvelles négatives et le retour progressif des investisseurs jusque là sous investis.

Les actions européennes sont-elles celles qui présentent le potentiel de progression le plus important, notamment par rapport aux actions japonaises ?

Clairement, à ce jour, les actions européennes sont les actions qui présentent le plus de potentiel de progression cette année.
La baisse des taux devrait perdurer dans les pays périphériques. Cela réduit le cout de refinancement de très nombreuses entreprises et leur offre une chance de mieux se développer.
Autant il est concevable d'avoir un portefeuille entièrement investi en actions européennes, autant il est moins évident d'envisager un portefeuille entièrement investi en actions japonaises. Quoi qu’on en dise, le Japon reste un pays exotique avec beaucoup de volatilité. Le pari est plus spéculatif.
Aussi, nous sommes plutôt neutres sur les actions japonaises.
Nous avons davantage un positionnement sur la baisse du yen.

Quelle perspective escomptez-vous pour ce qui est de la volatilité, aujourd’hui historiquement faible ?
Nous sommes peut-être en train de changer de régime et de revenir au paradigme qui prévalait avant la crise dans la zone des 10-20%. Un niveau de 15% pourrait dans ces conditions ne pas paraitre anormal si ce n’est que nous n’y sommes plus habitués depuis 07/2007.

L’amoindrissement de la volatilité s’explique en grande partie par le mouvement vendeur de cette volatilité sur les marchés.
Les investisseurs ont besoin de trouver de la rentabilité. Avoir une position courte sur la volatilité permet de vendre des primes options et de palier au maigre rendement offert par les titres obligataires.

Ceci étant dit, selon moi la volatilité n'a aucun caractère prédictif. Ce n'est pas parce que la volatilité est faible aujourd'hui que le marché sera haussier demain.
Le point appréciable, cependant, est que dans un environnement de faible volatilité, les rumeurs, les craintes, les incertitudes ont moins d'impact.
Ainsi, à la suite de la rumeur de dégradation de l'Espagne ou de la France, le marché n'a pas beaucoup bougé.
La volatilité ne s'intensifiera que si un évènement majeur probant se déclenche. A ce moment là nous pourrions avoir un retournement.

Quels sont les principaux risques que vous surveillez dans votre radar?
Le cours des matières premières. Une envolée des prix à la suite des politiques de quantitative easing comme en 2010-2011 viendrait remettre en cause les politiques monétaires accommodantes des banques centrales, notamment des banques centrales émergentes.
Les tensions sociales pourraient s'en trouver exacerbées.
Un redémarrage trop important de l'emploi aux Etats-Unis risque de mettre la Fed dans une position délicate, la contraignant de sortir avant l'heure de sa politique assouplie.
Les autres risques sont les risques communément admis comme les élections politiques en Italie et en Allemagne, les discussions budgétaires aux Etats-Unis.
Ces risques existent mais paraissent assez limités dans leur ampleur.

Comment appréhenderiez-vous les conséquences des politiques d’austérité menées par les pays pour réduire leur niveau d’endettement : sur les bénéfices des entreprises, sur les objectifs définis ?
Cela serait davantage une source d'opportunité. On remarque depuis peu, un véritable changement de discours des organismes de réglementation et des organisations internationales comme le FMI. Ces derniers admettent le fait que les Etats ont procédé à trop l'austérité et qu'il leur faut à présent s'orienter sérieusement vers la croissance.
Si l'austérité s'avère trop sévère, que la récession est trop profonde, et que les bénéfices des entreprises sont affectées, cela ne poussera pas le marché a être plus nerveux.
Le marché a déjà intégré la donne. Il sera enclin à accorder plus de temps aux gouvernements pour réajuster leur politique.

Pensez-vous que l’Espagne demandera de l'aide cette année?
ll est compliqué de répondre à la question. Nous sommes d'avis que le gouvernement de Mariano Rajoy devra finir par formuler cette demande, avant décembre.
Une dégradation de la note de crédit de l'Espagne pourrait l’y inciter.

Quels seront les catalyseurs du marché les plus importants ? Les valorisations ?
Les valorisations n'ont jamais vraiment été un catalyseur pour la hausse. Elles ne sont pas un gage de performance.
Depuis trois ans, certains titres très sous valorisés ne sont pas remontés. Parallèlement, des titres bien valorisés ont continué à performer.
Le principal catalyseur réside dans les flux. De plus en plus d’investisseurs, en quête de rendements, devraient s’orienter vers les actions européennes.
Les investisseurs institutionnels, notamment les assureurs, peuvent être un levier significatif pour la montée des actions européennes. Un frémissement se dessine de la part des régulateurs pour assouplir les règles très procycliques, très axées vers la rationalisation du crédit, sur le moindre risque de manière à permettre plus de possibilités d'investissement et mieux contribuer à la croissance.

Quid des investisseurs particuliers ?
Les clients particuliers ne veulent clairement pas d'actions actuellement. C'est pourquoi nous pensons que les fonds flexibles constituent une bonne manière de faire réinvestir les particuliers.

En quoi consiste votre stratégie d’investissement du moment ?

Pour ce qui est des obligations, les titres des entreprises à haut rendement continuent à être une classe d’actifs dans laquelle nous investissons.
En particulier, les obligations corporate sur des zones émergentes comme l’Asie rapportent entre 4,50 et 6%.
Pour ce qui est des actions, nous privilégions incontestablement les actions européennes, les actions émergentes. Les actions américaines ont vocation à sous performer de manière structurelle au cours des prochains mois.

Quelles sont vos thématiques d’investissement sur les actions européennes ?

Une première thématique est liée à l’innovation, avec des titres comme Ingenico ou Gemalto.
Une autre thématique est celle des marques avec des valeurs comme Swatch ou Adidas.
Dans le e-commerce, nous sommes positionnés sur Asos.
Parmi les valeurs plus cycliques, nous aimons bien Alstom.
Enfin, un autre sujet d’investissement est constitué par les valeurs immobilières allemandes et américaines comme Lennar et GLW.

Vous n’avez donc pas du tout une stratégie d’investissement « value », focalisée sur les actions les plus décotées ?
Non, bien que nous soyons très optimistes sur les valeurs bancaires. Ce secteur est en recovery. Nous sommes très actifs sur ces titres. Nous suivons le momentum et dès que cela se retourne nous avons tendance à couper.
Nous avons Intesa, Unicredit, Crédit Agricole, Société Générale.
Nous ne sommes pas du tout sur les utilities ou les télécoms. Sur le secteur automobile, nous avons une ligne sur Volkswagen parce que c’est une valeur de marque mais nous n’avons pas du tout de Renault ou de Peugeot.

Les opérations capitalistiques sont elles une thématique à jouer ?

On espère que cela sera le cas. Une société comme ATLT a indiqué envisager des opérations d’achat en Europe. Des transactions transfrontalières ne sont pas à exclure de la part d’acheteurs venant des Etats-Unis ou d’Asie.

En Europe, certaines zones géographiques présentent plus d’intérêt que d’autres ?

Le marché italien et le marché suisse présenteraient a priori le plus d’opportunités. Une forte détente du franc suisse devrait permettre aux valeurs suisses comme Swatch, Richemont, Nestlé de souffler.
Trois valeurs sont particulièrement intéressantes en Italie, Luxotica (lunettes de soleil), Presimion (cables), Atlantia (autoroutes).

Propos recueillis par Imen Hazgui

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