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Interview de Fabrice Cousté : Directeur Général de CMC Markets France

Fabrice Cousté

Directeur Général de CMC Markets France

La pression des marchés pourrait amener la parité euro-dollar à évoluer à 1,45 en fin d'année

Publié le 01 Février 2013

Selon vous nous connaissons à ce jour une guerre des monnaies ?
Aujourd’hui, les Etats sont embourbés dans des niveaux de dette considérables. Pour réduire cet endettement, deux solutions s’offrent à eux : plus d’inflation ou plus de croissance.
L’inflation n’étant pas à un niveau élevé il faut donc de la croissance. Pour renouer avec cette croissance, quasiment tous les grands pays cherchent à stimuler leurs exportations en dévaluant leur devise.

Cette guerre a vocation à s’intensifier ?

Depuis le mois de décembre, nous sommes clairement entrés dans une nouvelle phase de la guerre des changes à la suite de la décision du nouveau premier ministre japonais de mettre sous tutelle l’institution monétaire nippone. Ont été imposés à la Banque centrale le relèvement de l’objectif d’inflation de 1% à 2% et le lancement d’un programme de rachat illimité de titres d’Etat.

Avec ce nouveau programme, la Banque centrale du Japon devrait emboiter le pas de la Banque centrale du Royaume-Uni et de la Banque centrale des Etats-Unis et poursuit un objectif simple : diminuer la valeur du yen afin de restaurer les marges de compétitivité des sociétés exportatrices japonaises.

Face à l’agressivité plus prononcée de la part de la Banque centrale du Japon, des ripostes de la part des autres grandes banques centrales sont à attendre ?
Les autres grandes banques centrales mènent déjà une politique de dévaluation massive. La Chine a depuis longtemps indexé sa monnaie au dollar et refusé d’entrer dans le jeu du libre échange. Les Etats-Unis ont déjà procédé par le biais de la Fed à trois vagues de quantitative easing et continuent à s’inscrire dans cette politique. L’adage américain «c’est notre devise, c’est votre problème » reste d’une extrême actualité. Le Royaume-Uni, très mal au point, freine également des quatre fers pour maintenir une livre sterling à un bas niveau grâce à l’intervention de la Bank of England.

Il n’est, en revanche, pas exclu que les banques centrales de ces pays vertueux comme le Canada, l’Australie, la Suède, qui pâtissent de cette guerre, entrent dans la bataille pour se défendre.

Si la guerre se poursuit et s’accentue, l’euro devrait en être affecté ?

La monnaie unique se retrouvera totalement surévaluée par rapport au reste des grandes devises en circulation. In fine, cela mettra à mal les exportations européennes.

Sur quel scénario central tablez-vous pour ce qui est de la parité euro-dollar ?

Le niveau actuel de l’euro ne nous parait pas alarmant. Nous sommes sur une parité euro-dollar de 1,35.
La pression des marchés pourrait amener cette parité à évoluer à 1,40-1,45 en fin d’année. L’économie réelle de la zone euro devrait alors être négativement impactée.

Je ne vois pas comment la BCE pourrait endiguer cette tendance haussière. L’ Allemagne, qui est le pilier de la zone euro, est farouchement opposée à un quantitative easing pour des raisons idéologiques. Les conditions d’urgence ne sont pas réunies pour amener Mario Draghi, le président de la BCE à s’affranchir de la volonté allemande et à intervenir autrement que par des déclarations.

L’annonce début septembre du programme de rachat des titres de dette des Etats membres de la zone euro en difficulté avait suffit à calmer un temps la nervosité des marchés.
Nous pensons que cet effet lié à l’annonce est en train de s’estomper et ne suffira pas à empêcher l’euro de monter davantage qu’il ne l’a fait jusque là.

Vous escomptez donc une inaction de la BCE ?
Je pense que la BCE laissera dériver l’euro, tant que la hausse n’est pas alarmante. Pour rappel, le pic atteint par la monnaie unique contre le dollar est de 1,60$.
Des négociations politiques pourraient s’intensifier pour aller vers plus de coordination, une demande de moratoire pourrait être formulée, cependant il ne devrait pas y avoir de mesures fortes du fait du problème de gouvernance qui existe au sein de la zone euro.

Il ne faudra donc pas s’attendre cette année à ce que la BCE agisse comme la Banque centrale suisse, qui face à l’orientation massive des investisseurs vers le franc suisse- considéré comme valeur refuge- avait alors décidé de bloquer le cours de la monnaie à 1,20 dollar.

Une intervention pourrait par ailleurs s’avérer contreproductive.Elle conduirait certes à une dépréciation de l’euro mais créerait beaucoup d’instabilité et ferait monter le prix des actifs physiques (matières premières, métaux précieux).

Vous n’écartez pas, pour autant l’hypothèse d’une réaction au-delà de 2013 ?

Non si l’appréciation se révèle trop forte. Mais il faudra du temps pour s’en apercevoir. La diffusion à l’économie réelle est lente. Les carnets de commandes sont souvent remplis en avance. Des mécanismes de couverture peuvent être utilisés par les entreprises.
De plus un euro fort n’a pas que des inconvénients. La facture énergétique est plus soutenable dans la mesure où les produits pétroliers sont libellés en dollar. En 2008 grâce à l’euro fort, le bond du prix du baril de pétrole à 150 dollars avait été quasi indolore pour les pays de la zone euro. Il y a un donc un phénomène de vases communicants : la corrélation entre euro et pétrole est positive et forte.
Un euro fort permet aussi aux concitoyens européens de voyager moins cher, d’acheter certains produits étrangers à un coût moins onéreux.

De quelle manière cette guerre des changes se traduit-elle sur les marchés financiers ?
Cette guerre est une aubaine pour beaucoup de spéculateurs et ramène de la volatilité sur les marchés
Ces derniers sont très massivement investis sur le yen pour profiter de l’affaiblissement et sur l’euro pour tirer avantage du renforcement.
Les paris sont aussi à la baisse sur le dollar canadien et le dollar australien contre le dollar US.

Quelles répercussions sont à envisager du côté des obligations d’entreprises et des actions ?
A priori aucune retombée ne devrait se faire dans le compartiment des obligations d’entreprises.

Une dévaluation en euro peut conduire à une perte dans les portefeuilles majoritairement ou intégralement investis dans les actions américaines. Des couvertures en euro dollar doivent être envisagées.

Que doit on attendre du coté des actions des sociétés exportatrices européennes ?
Certains secteurs devraient subir des conséquences, comme l’aéronautique. EADS sera moins compétitif que Boeing.
Cependant, les entreprises du Cac 40 sont largement mondialisées. Elles sont habituées à gérer ces effets de change, voire à en tirer partie et à faire leurs achats dans le pays les moins chers.

Pour certains experts le Dax devrait être le marché qui performera le moins cette année en raison de la montée de l’euro ?
Les allemands sont nostalgiques d’une monnaie forte. Pour eux, un euro à 1.30-1.35 continue à être une dévaluation compétitive par rapport à un deutsche mark qui serait resté une monnaie extrêmement forte dans le contexte actuel. L’ Allemagne continuera à exporter car leurs exportations (machines-outils et automobile) sont à forte valeur ajoutée et bénéficient donc d’un « pricing power ». Par exemple,les voitures Audi se vendent comme des petits pains en Chine. Le Dax a encore de beaux jours devant lui.

Propos recueillis par Imen Hazgui

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