Jean-François Cot
secrétaire général de Casinos de France
Il faut de la cohérence entre un libéralisme débridé et un verrouillage absolu
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Publié le 17 Novembre 2006
Que pensez-vous de la nouvelle réglementation imposant le contrôle d’identité à l’entrée des casinos ?
Il ne s’agit pas une décision imposée mais de l'aboutissement de discussions menées depuis juillet 2003 avec le ministère de l'Intérieur. Devant l'augmentation du nombre de joueurs interdits (entre 2000 à 3000 de plus par an), nous avons réfléchi ensemble à des mesures de protection spécifiques à l'encontre de ces personnes.
Certains casinotiers redoutent une baisse de la fréquentation. Quel est votre avis ?
Nous pouvons imaginer que les premières fois cette mesure va dérouter les joueurs. Nous tablons d’ailleurs sur une baisse de la fréquentation de l'ordre de 8% les premiers mois. Tel était le pourcentage suite aux premières expérimentations menées à partir de mai 2006 dans certains casinos. Mais nous espérons limiter les dégâts avec une bonne campagne locale d'explication. Nous perdrons une partie de la clientèle si nos joueurs vivent ce contrôle comme une atteinte à leur liberté ou à leur vie privée. Mais le contrôle ne comprenant aucun enregistrement nominatif d'identité, l'anonymat du joueur est respecté.
Que pensez-vous du mouvement de concentration qui frappe le secteur des casinos ?
Il a déjà eu lieu et les évolutions devraient être à la marge.
Comment les casinos indépendants peuvent-ils encore résister face aux groupes de casinos et aux fonds d’investissement ?
Pour résister, il faut avoir une capacité à renouveler son offre et à s'adapter à une concurrence effectivement très vive à une époque où, du fait du contrôle aux entrées et surtout des dispositions anti-tabac, les résultats d'exploitation sont tirés à la baisse.
Comment expliquez-vous le déclin des jeux de table ?
Il faut s'interroger sur l’origine de ce déclin. Il est possible que la singularisation de leur situation au sein du casino (avec enregistrement à l'entrée de la salle des jeux de table et droit d'entrée) ait pu éloigner une partie de la clientèle. Il est possible aussi que la clientèle huppée des Trente glorieuses se soit réduite. Aujourd'hui, les mesures prises avec l'entrée libre et la mixité facilitée vont redonner un peu de souffle à ces jeux.
Dans quelle mesure les casinos en ligne ou « virtuels» portent-ils atteinte aux casinos en dur et entraînent-ils une diminution de leurs revenus ?
Cet impact est réel et surtout il peut s'amplifier avec la généralisation de l'Internet dans des classes d'âge plus étendues. C'est pourquoi les casinos "en dur" s'attachent à montrer qu'ils offrent autre chose que des plaisirs solitaires et souvent non sécurisés.
Bien entendu Casinos de France est très attentif au devenir du jeu sur l'Internet et aux mesures envisagées par les pouvoirs publics en France comme à l'étranger. Il faut de la cohérence, de l'égalité de traitement (notamment pour ce qui nous concerne nous et nos concurrents directs Fr.des Jeux et PMU) et surtout du pragmatisme entre un libéralisme débridé et un verrouillage absolu difficile à faire respecter.
Comment qualifieriez-vous la fiscalité française des casinos ?
Elle est obsolète et est devenue au fil du temps inutilement complexe. Nous venons de toiletter très sensiblement la réglementation sur les jeux avec le ministère de l'Intérieur. Il nous faut engager de même une vraie réflexion avec notre autre ministère de tutelle, à savoir le ministère des Finances, sur une réelle simplification de la fiscalité.
Propos recueillis par C.P.
laetitia

Il faut de la cohérence entre un libéralisme débridé et un verrouillage absolu




