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Interview de Alain Pitous  : Directeur des gestions diversifiées chez Amundi

Alain Pitous

Directeur des gestions diversifiées chez Amundi

D'autres acquisitions de la part de sociétés américaines en Europe sont à prévoir dans la haute technologie, la santé, l'industrie, la finance

Publié le 06 Mai 2014

La configuration actuelle des marchés financiers vous parait être propice à l’investissement. Pourquoi ?
Les différents segments de marchés évoluent de manière contrastée : par exemple en Europe, le marché italien ne se comporte pas de la même manière que le marché français…dans les émergents les actions asiatiques n’ont pas le même parcours que les actions latino-américaines. Ces différences d’évolutions, que l’on retrouve sur les marchés obligataires, permettent de construire des portefeuilles mieux diversifiés.

Vous êtes aujourd’hui plus favorables aux actions européennes qu’aux actions américaines ?
Après une amélioration du chiffre d’affaires, il y a place pour une amélioration des marges des entreprises européennes. Parallèlement, les marges des entreprises américaines sont à un niveau record. Les anticipations sont très hautes. Les bonnes surprises sont plus probables de ce coté ci de l’Atlantique que de l’autre coté.
De plus, le facteur de la restructuration devrait continuer à jouer à plein en Europe. La vague a débuté. La visibilité est meilleure aujourd’hui qu’il y a quelques mois. Et surtout les plus forts-qui ont bien traversé la crise et gagné des parts de marché- ont une capacité d’action beaucoup plus forte que les plus faibles qui ont réduit leur coût au maximum mais qui ont peu investi et ont un avenir incertain.
Les sociétés américaines ont une masse considérable de liquidité à l’étranger : 1200 milliards de dollars. Pour éviter d’être taxées si elles le rapatrient, elles seront incitées à multiplier les rachats de sociétés en Europe.

Quels secteurs devraient être le plus concernés par les opérations capitalistiques ?
A priori le secteur de la haute technologie, le secteur de la santé, certains segments industriels, on le voit avec Alstom et dans une moindre mesure le secteur financier.

Avez-vous des préférences dans les profils des sociétés ?

Je préfère les petites valeurs européennes aux grandes valeurs qui devraient plus bénéficier de la reprise de la conjoncture. Comme pour les secteurs et les classes d’actifs, les valeurs connaissent des parcours très contrastés ce qui justifie un stock picking très sélectif.

Vous êtes négatif sur le Japon ?
Il y a probablement mieux à faire pour un particulier investi en euro que d’acheter des actions japonaises. Le fort rallye du Nikkei en 2013 me semble avoir anticipé beaucoup de bonnes nouvelles qui tardent à se concrétiser.

Il n’est pas étonnant d’observer en relatif depuis l’adoption des réformes fiscales en septembre 2013, une sous performance et une plus importante volatilité de ce segment de marché. La ponction qui a été décidée est du même ordre que celle du Royaume-Uni en 2011, soit environ 2,5% du PIB. Aussi, des impacts négatifs se feront forcément ressentir sur la croissance. D’ailleurs, le FMI table sur une progression de moins de 1% pour cette année.

Face à cette conjoncture destinée à devenir morose, les perspectives de résultats des sociétés japonaises sont d’ores et déjà significativement révisées à la baisse. L’ampleur de la correction est plus importante que dans le reste du monde. Une des raisons majeure réside dans le fait que la dépréciation du yen n’a pas été diffusée dans les prix et n’a pas permis de réaliser des gains de parts de marché à l’international. La possibilité qu’une répercussion ait lieu à l’avenir est limitée par le fait que de nombreuses baisses de devises sont apparues ailleurs, limitant le pouvoir d’achat des consommateurs à l’étranger.

De quelle manière avez-vous ajusté votre positionnement sur le pays ?
Nous n’étions pas très présents, uniquement dans une optique tactique. Nous avons conservé cette approche. Il est en effet possible que la Banque Centrale du Japon augmente ses injections de liquidité après l’été et redonne de l’allant au marché. Les marchés japonais devraient évoluer en dent de scie pendant encore quelques temps.

Vous avez également une vue très prudente sur le Royaume-Uni ?

Les fondamentaux de l’économie britannique n’ont pas retrouvé leur niveau de 2007. Malgré la dure austérité pratiquée par le gouvernement, le déficit primaire s’est creusé. Le chômage baisse mais les embauches sont très précaires. Parallèlement, la livre s’apprécie contraignant les exportations.
L’envergure de la dette est similaire à celle du reste de la zone euro. Si l’on fait cas du renflouement de certaines grandes banques nationales comme Royal Bank of Scotland, le ratio dette sur PIB monte à près de 105%. Un peu comme au Japon, il nous semble que pour un investisseur en euro, le marché anglais est moins attractif que les marchés actions de la zone Euro par exemple.

Que pensez-vous des marchés émergents ?
Nous pouvons distinguer trois pôles au sein des émergents : le pôle Asie, le pôle Amérique latine et le pôle Europe de l’est.
Si nous nous plaçons dans un horizon de moyen-long terme, des opportunités sont à saisir en Asie. Les valorisations sont extrêmement décotées. Les marges des sociétés sont certes très étroites. Sur fond d’une amélioration de la conjoncture mondiale, une progression devrait être relevée autorisant une réappréciation des titres. Si on retire les banques de son radar, la Chine constitue un bon investissement à long-terme. Le ralentissement de la dynamique est très clairement piloté par les autorités. La distribution du crédit est très sensible à la variation du taux de réserves obligatoires. Si Pékin veut relancer sa croissance, il peut le faire aisément en abaissant ce taux.
Ceci étant, nous n’avons pas encore assisté à la totalité de la purge dans cette région du monde. La prudence est encore de rigueur, en effet le secteur financier reste fragile.

Je suis plus sceptique sur l’Amérique latine, où il y a peu de croissance, beaucoup d’inflation, et des taux directeurs élevés.

Le conflit en Ukraine empêche pour l’instant de revenir sereinement en Europe de l’est.

Certains titres de dette de pays émergents vous paraissent préférables à des titres de dette des pays périphériques à la zone euro ?
Les taux à dix ans italien et espagnol sont désormais à des niveaux corrects, autour de 3%. L’excellent parcours réalisé par ce segment de marché va désormais se ralentir.
Certains titres de dette de pays émergents sont aussi bien notés que les titres italiens et espagnols et offrent un rendement plus intéressant.
Aussi avons-nous été amenés à prendre quelques bénéfices sur la dette italienne pour aller sur de la dette émergente en devise dure, dollar essentiellement, c’est-à-dire dans des supports qui sont moins sensibles à l’évolution des devises locales.

Vous avez été conduit à stabiliser votre positionnement sur les obligations high yield européennes et américaines ?
Le potentiel de gain sur ces actifs est désormais plus restreint que ce soit sur le plan du portage que sur celui du resserrement des écarts de taux.
En outre, le segment est relativement illiquide. Autant il est aisé de se porter acquéreur sur certains instruments, autant il est plus difficile de les revendre. C’est ce qui nous a poussés à ne pas renforcer notre exposition à la classe d’actifs.

Quelle vision avez-vous du repli des taux longs américains depuis le début de l’année ?
Nous pensions que les taux US allaient poursuivre leur hausse entamée en 2013…mais les taux courts restent à 0% et ne devraient monter qu’en 2015 au plus tôt ! Le portage obligataire américain sur du 10 ans à 2.6% est donc intéressant, ce qui a incité les investisseurs à rester voire à renforcer leurs positions sur ce segment. De plus l’offre « structurelle » de papier obligataire américain a tendance à diminuer progressivement… Moins d’offre…plus de demande…les marchés obligataires américains marquent une pause dans la dégradation entamée en 2013.

Si vous deviez livrer des préconisations en termes d’investissement, quelles seraient-elles ?

Tout d’abord être cohérent avec l’anticipation économique attendue : nous anticipons une croissance mondiale de 3.5% pour 2014 et un peu mieux encore en 2015. Cela justifie une allocation assez forte en actions. Mais les niveaux atteints par les marchés doivent quand même être pris en compte : les marchés américains sont certes solides mais sont proches de leur plus haut historiques, nous préférons les marchés de la zone Euro. Nous sommes prudents sur le Japon et le Royaume-Uni. A très long-terme, nous commençons à reprendre des positions sur l’Asie hors Japon et restons à l’écart des autres émergents.

Sur la partie taux, avec des taux courts encore durablement à 0%, il faut toujours chercher du rendement sur les obligations d’entreprises, les emprunts d’états périphériques voire depuis quelques semaines sur les obligations d’états émergents qui sont au moins aussi bien notés et qui rapportent plus.

Les facteurs de risque sont connus : Ukraine, situation de la finance chinoise, changements imprévus de politique monétaire aux Etats-Unis… Au-delà de ces risques finalement classiques, il faut selon moi toujours veiller à la liquidité de ses investissements et être sûrs de pouvoir liquider ses positions dans de bonnes conditions au cas où la situation le nécessiterait.


Propos recueillis par Imen Hazgui

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