Bernard Marois
président du Club Finance HEC
Club Recherche Easybourse
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Publié le 22 Décembre 2006
Présentation de l’étude sur « la valorisation du capital immatériel »
A travers leur ouvrage, « valoriser le capital immatériel de l’entreprise », éd. d’Organisation (collection Finance), les auteurs, Alan FUSTEC et Bernard MAROIS commencent par rappeler la définition du capital immatériel, conçu comme tout ce qui n’est pas « actifs tangibles » (tels que : usines, machines, stocks, etc..), c’est-à-dire, pour l’essentiel, ce qui n’est pas refleté dans les comptes des entreprises. Ainsi le capital immatériel est constitué des éléments suivants : les brevets, les marques, le savoir-faire, le savoir-vendre, le système d’information, les relations avec les partenaires de l’entreprise (clients, fournisseurs, actionnaires, société civile).
Dans une deuxième partie, les auteurs présentent les modes d’évaluation du capital immatériel. Il s’agit, dans un premier temps, de méthodes « qualitatives » s’appuyant sur la notation de chacun des composants de ce capital immatériel, après identification des indicateurs pertinents. Ensuite, ils proposent une évaluation « quantitative » fondée sur une actualisation des flux futurs rapportés à la valeur d’usage ou la valeur de remplacement des divers investissements réalisés, au titre du capital immatériel (voir encadré ci-dessous). Plusieurs exemples sont décrits, de façon à illustrer la méthodologie préconisée. Par ailleurs, un chapitre explique également comment calculer la valeur d’un nouveau projet, en prenant en compte la composante capital immatériel. Enfin, cette approche est transposée au cas d’organisations à but non lucratif, telles que les collectivités locales ou l’Etat.
La troisième partie de l’ouvrage insiste sur le lien entre capital immatériel et développement durable, ainsi que sur l’émergence prochaine d’une « économie essentiellement immatérielle », résultant de la tertiarisation des entreprises.
Calcul de la valeur des actifs immatériels
La première étape consiste à identifier les différents éléments constitutifs du capital immatériel d’une entreprise. Nous en retenons 7 : le capital de savoir, le capital humain, le capital-client, le capital-partenaire, le capital lié au système d’information, le capital-organisation et le capital-marques.
Ensuite, chaque élément est évalué, selon les méthodes suivantes :
Valeur du capital-savoir : charge de travail nécessaire à la reconstitution du capital-savoir (brevets, secrets de fabrication, plans, descriptifs de produits et services, procédures opérationnelles), multipliée par les salaires moyens correspondants (charges comprises) ;
Valeur du capital humain : charge de travail d’un responsable du recrutement multiplié par le salaire de cette personne + honoraires du cabinet de recrutement + dépenses de marketing y afférent + coût de la formation post recrutement ;
Valeur du capital client : charge de travail des commerciaux pour recruter une clientèle équivalente à celle d’aujourd’hui + coût du marketing correspondant ;
Valeur du capital-partenaire : coût de « fidélisation » des fournisseurs et des actionnaires (en particulier, actionnaires individuels) ;
Valeur due au système d’information : coût de développement et de rachat des logiciels ;
Valeur du capital-organisation : coût de mise en place des chaînes de décision et des modes de fonctionnement dans l’entreprise ;
Valeur des marques : coût de remplacement, calculé de la façon suivante : pour chaque marque, différentiel de prix dont la marque bénéficie par rapport à un produit générique analogue (marque de distributeur, par exemple) multiplié par les volumes qui seront vendus dans le futur.
La valeur des actifs immatériels est la somme de ces différents éléments, après d’éventuelles corrections mineures (ainsi la même dépense de marketing permet à la fois de faire connaître la marque et de recruter des clients et ne doit donc pas être comptabilisée deux fois).
En principe, la valeur totale de l’immatériel est assez proche du chiffre que l’on pourrait obtenir en effectuant la différence entre la valeur globale de l’entreprise et la valeur comptable (1) (en appliquant les normes IFRS). Si la société est côtée, la valeur globale est la valeur boursière.
laetitia

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