Antoine Lissowski
Membre du comité exécutif et directeur financier de CNP Assurances
Nous sommes parmi les mieux placés pour traverser la crise des marchés
|
Publié le 15 Septembre 2007
Quelques commentaires sur les résultats que vous venez de publier ?
Malgré un marché stagnant, nous sommes en constante progression d'activité : plus 6% en moyenne en France et plus 15% à l'international.
Par ailleurs, nos résultats s'améliorent. Les résultats comptables sont très marqués par la valorisation des actifs en IFRS (plus 85 % en résultat net).
Mais le point intéressant dans notre activité d'assurance récurrente, c’est le résultat net courant avant plus-values. Celui-ci progresse de plus de 12%, ce qui traduit une très grande solidité.
Dès lors, dans le contexte actuel, nous avons toujours une croissance rentable.
Quelle est votre perception concernant la crise que subissent les marchés actuellement ?
Toutes les comparaisons de détention directe de subprimes ou de titrisation montre que CNP assurance a été un des acteurs européens les plus prudents. Aujourd'hui, nous sommes parmi les mieux placés pour traverser cette crise. Nos actifs ne nous donnent aucune inquiétude.
Pour le moment, cette crise est une crise de crédit qui concerne essentiellement les banques. Ce n'est donc pas à l'heure actuelle une crise qui concerne les investisseurs finaux.
Notre espérance est qu’après cette crise, nous retrouvions des rémunérations des actifs de crédit plus satisfaisants pour nos clients.
Quels seraient les facteurs qui pourraient aggraver cette crise ?
Un de ces facteurs serait une extension de la crise de crédit à d'autres secteurs de l'économie que le prêt au logement aux États-Unis. Pour le moment il n'y a pas beaucoup de données là-dessus. Il y a donc lieu de regarder cela de près.
Est-ce que ceci pourrait avoir des conséquences sur le secteur de l'assurance ?
En première analyse, les conséquences seraient assez limitées. Le secteur ayant des déplacements très diversifiés, il ne subirait que très partiellement les effets d’une crise sectorielle.
Au demeurant, le fait que les taux d'intérêt deviennent plus élevés, qu'il y ait une hiérarchie des taux et des risques et qu'on se mette à décrypter de manière plus précise la qualité des sous-jacents sont des éléments favorables à des acteurs comme nous.
Par ailleurs, lorsque vous êtes acteurs de très long terme, vous pouvez, y compris dans des portefeuilles actions, être en contrecyclique autrement dit faire l'acquisition de titres dans de bonnes conditions quand le marché décroche.
Le directeur général a indiqué qu'on a pu voir au mois d'août, notamment à travers CNP Trésor, que certains clients ont préféré mettre de l'argent dans leurs comptes épargne. Cette tendance risque-t-elle de perdurer ?
Ce comportement s'explique par l'incertitude, les clients ayant préféré attendre et réfléchir. Je ne pense pas qu'il faille le traduire comme une re-allocation des actifs.
Si par ailleurs, les clients décident fondamentalement d'avoir des actifs plus prudemment investis, l'assurance-vie offre sur un moyen terme le meilleur couple rendement/risque que tous les autres actifs.
Qu’en est-il de CNP Assurances à l’international ?
La croissance de l'activité internationale dans son ensemble est significative, à plus 15 %. En Espagne, la société que nous avons acquise, devenu CNP vida est complètement entrée dans notre périmètre. Des produits sont commercialisés notamment avec les caisses d'épargne espagnole. Cette acquisition correspond bien à notre objectif de trouver des relais de croissance internationale.
Par ailleurs, nous demeurons très attentifs à l'Europe du Sud qui nous semble être la zone la plus dynamique capable d'innover et de créer de la valeur.
Quelques mots sur CNP en Italie ?
Nous sommes entrés en discussion avec les responsables d’Unicrédit, qui sont clairement conscients des liens avec la CNP dont ils héritent.
Qu’en est-il de CNP Assurances sur les marchés émergents ?
Nous sommes très heureux de l'expérience brésilienne. Dans cette économie en forte croissance économique, de plus de 180 millions d'habitants, une classe moyenne de plus en plus importante commence à rencontrer des problèmes de préparation à la retraite, de prévoyance, d'épargne dans les mêmes termes que les pays occidentaux. C'est donc fondamentalement un pays intéressant.
Aujourd'hui nous souhaitons, par une croissance interne, continuer à améliorer notre part de marché qui représente en ce qui concerne l'assurance-vie stricto sensu 5,4%. Nous gardons la possibilité de faire de la croissance externe. Mais c’est un environnement un peu compliqué pour faire une opération rapidement.
En Chine, nous avons créé un partenariat avec la Poste chinoise. Il a été long à mettre en place puisqu'il a commencé à fonctionner opérationnellement en 2007.
Aujourd'hui ce partenariat s’inscrit dans un contexte réglementaire qui n'est pas totalement stabilisé. Nos rapports avec notre partenaire et les autorités de contrôle sont en train d'être discutés. Un certain nombre de points doivent être réglés afin de nous permettre de passer de la phase opérationnelle à une phase de croissance.
En Inde, nous sommes plutôt dans une logique de recherche du bon partenaire. Aussi, pour l’instant nous n’avons pas d'objectifs chiffrés ni en termes de calendrier ni en termes de volume.
Quelles sont vos projections pour 2007 ?
Nous avons pour politique de ne pas communiquer sur nos objectifs chiffrés. Néanmoins, ce que nous pouvons dire c’est que nous avons réalisé au milieu de cette année une grande partie des objectifs fixés dans notre plan stratégique dont l'échéance arrive à fin 2008.
Aujourd'hui la modification de la gouvernance du groupe, la confirmation de l'équipe de direction nous permettent de proposer au conseil d'administration un nouveau plan stratégique sur cinq ans au mois de décembre. Nous définirons alors les ambitions de CNP assurance pour l’avenir dans la continuité de ses activités depuis son introduction en bourse.
Quel sort est réservé pour Ecureuil vie ?
En tant que compagnie d'assurances, Ecureuil vie va disparaître d'ici la fin de l'année. Elle va être absorbée dans le groupe, l'ensemble des portefeuilles seront alors intégrés.
Néanmoins va subsister une société dans l'objet sera d'incarner le partenariat commercial et la dynamisation des équipes et d'organiser les campagnes de lancement.
Qu’en est-il de l’impact des accords de réseau ?
Lorsque nous regardons quelques indicateurs, l'activité de la Banque Postale, le taux d'unités de compte des caisses d'épargne, nous voyons que les impacts de ces accords sont positifs.
Il est y a une vraie incitation pour autant que les marchés le permettent, et donc ne provoquent pas de réticences par rapport aux unités de compte.
Il est vrai que les commissions sont quelque peu supérieures, mais cela s'explique par la progression moins forte des revenus tirés en France de l'épargne. Nous allons prochainement débattre du taux de participation aux clients au titre de l'année 2007. Dans cette période où les taux d'intérêt vont augmenter, nous devons trouver un mécanisme de bonne évaluation du partage des résultats.
Propos recueillis par Imen Hazgui

Nous sommes parmi les mieux placés pour traverser la crise des marchés




