L'Elysée annonce un accord stratégique entre EDF et Areva
PARIS (Reuters) - EDF et Areva devront conclure un accord de partenariat stratégique couvrant l'ensemble de leurs domaines d'activité d'intérêt commun dans le nucléaire, annonce Nicolas Sarkozy.
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par Emmanuel Jarry
L'éventualité d'une prise de participation d'EDF dans le capital d'Areva sera examinée dans le cadre de cet accord, précise l'Elysée dans un communiqué.
Une augmentation de capital d'Areva, "à hauteur d'un maximum de 15%", sera par ailleurs mise en oeuvre comme prévu avant fin 2010 pour financer les investissements nécessaires au développement du groupe.
Selon la présidence française, des négociations sont déjà engagées avec des investisseurs industriels et financiers.
Areva, controlé actuellement à plus de 90% par l'Etat, doit en effet procéder à une augmentation de capital estimée à quelque trois milliards d'euros qui devrait marquer l'entrée dans son capital d'actionnaires internationaux.
L'opération vise à assurer le financement d'un programme d'investissements de près de dix milliards d'euros d'ici à 2012.
Des fonds souverains du Qatar et du Koweït, ainsi que le groupe japonais Mitsubishi Heavy Industries, sont pressentis pour participer à cet appel de fonds.
Cette augmentation de capital viendrait en complément de la cession en avril dernier par Areva de son pôle transmission et distribution (T&D) à Alstom et Schneider Electric pour 4,1 milliards d'euros.
Cette décision de l'Elysée a été prise après examen d'un rapport commandé en octobre 2009 et rédigé sous l'autorité de l'ancien président d'EDF François Roussely sur l'avenir de la filière nucléaire française.
Nicolas Sarkozy avait réuni pour ce faire un "Conseil de politique nucléaire". L'Elysée précise que les décisions prises dans ce cadre "visent à renforcer la filière nucléaire française, élément stratégique de la politique énergétique et industrielle de la France".
S'agissant de l'exportation des centrales nucléaires, EDF et Areva mettront en place, "chaque fois que les besoins des clients le nécessiteront, une organisation s'appuyant sur la compétence d'exploitant et d'architecte-ensemblier d'EDF", précise la présidence française.
Cet accord, à caractère non exclusif, ne remettra cependant pas en cause la capacité des deux entreprises à coopérer avec d'autres industriels du secteur.
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La gamme de produits proposée par la filière française sera par ailleurs élargie, pour mieux répondre à la diversité des besoins des clients.
Ainsi, la certification du réacteur Atmea (1.100 MW), plus petit que l'EPR, sera poursuivie. EDF, GDF-SUEZ et éventuellement d'autres électriciens y seront associés.
L'Atmea est actuellement développé par Areva et Mitsubishi.
Le gouvernement français s'efforce ainsi de tirer les leçons de la perte d'un important contrat pour la construction de quatre centrales nucléaires dans les Emirats arabes unis au profit de la Corée du Sud, fin 2009.
A l'amont du cycle, l'accord de partenariat entre EDF et Areva "visera à conforter la sécurité et la compétitivité de l'approvisionnement en combustible", précise l'Elysée.
"Afin de renforcer les capacités françaises relatives à l'approvisionnement en métaux stratégiques, des partenariats industriels pour l'activité minière d'Areva, pouvant comporter une dimension capitalistique, seront examinés", ajoute la présidence française.
Nicolas Sarkozy a d'autre part demandé au gouvernement de proposer des mesures complémentaires portant notamment sur la coordination de l'action des services de l'Etat, le renforcement de la recherche-développement et du potentiel humain, ainsi que sur les conditions de travail des salariés du secteur nucléaire.
Le rapport Roussely, remis en mai au chef de l'Etat, avait été classé secret défense, notamment pour éviter les fuites.
L'Elysée en a rendu public la synthèse mardi soir sur son site internet, www.elysee.fr.
Emmanuel Jarry, édité par Jean-Michel Bélot





