La croissance russe au 2e trimestre déçoit, l'inflation menace
MOSCOU (Reuters) - La croissance de l'économie russe a atteint 5,2% au deuxième trimestre par rapport à la période correspondante de l'an dernier, un chiffre inférieur aux attentes, et les statistiques officielles publiées mercredi montrent aussi que la sécheresse actuelle pourrait relancer l'inflation.
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par Lidia Kelly
Si le rebond s'est accéléré ces derniers mois après la croissance de 2,9% du premier trimestre, le chiffre de la période avril-juin est inférieur à celui de 5,6% attendu par les analystes, qui s'inquiètent en outre des perspectives de croissance pour le reste de l'année.
"Les moteurs de croissance font sérieusement défaut", résume ainsi une note de la Danske Bank.
Le gouvernement prévoit une croissance d'environ 4% sur l'année mais les analystes estiment que la canicule, la plus importante jamais enregistrée dans le pays, pourrait faire perdre un point de croissance à l'économie russe.
Les cours élevés du pétrole, qui évoluent autour des 80 dollars le baril, soutiennent une économie qui repose fortement sur les exportations d'or noir. Le pays a ainsi pu afficher 12,5 milliards de dollars (9,7 milliards d'euros) d'excédent commercial en juin, malgré la faiblesse de plusieurs secteurs.
"La balance commerciale ne devrait pas soutenir la croissance du PIB d'ici la fin de l'année car le volume des importations progresse et on n'observe pas de signes de solide reprise des investissements", ajoute la Danske Bank.
La canicule et l'épais nuage de fumée qui couvre Moscou devraient parallèlement peser sur la consommation en juillet et en août, selon les économistes de la banque, qui rappellent que la capitale russe concentre près d'un cinquième des ventes au détail totales du pays.
RISQUE DE TENSIONS INFLATIONNISTES
Les prix à la consommation ont augmenté de 0,2% la semaine dernière, après trois mois de hausse hebdomadaire de 0,1%, ont montré les statistiques officielles publiées mercredi.
Depuis le début de l'année, les prix ont augmenté de 5%, soit beaucoup moins que la hausse de 8,2% enregistrée sur la même période de l'année précédente.
Mais la sécheresse a provoqué une forte hausse des prix du blé et il semble que les Russes commencent à stocker des produits de consommation de base.
Le prix du sarrasin, céréale très consommée en Russie, a augmenté de 7% en une semaine, tandis que ceux de la farine et du sucre affichent des hausses de 2,4% et 0,8% respectivement.
Selon les analystes de Goldman Sachs, la volatilité des prix devrait perdurer jusqu'à la fin des récoltes, en octobre, et accroître les tensions inflationnistes.
"Toutefois, nous ne pensons pas qu'elles seront assez fortes ou persistantes pour nécessiter d'importantes mesures", expliquent-ils dans une note.
Pour Dmitri Polevoï, économiste d'ING, le risque inflationniste augmente néanmoins car l'alimentation représente à elle seule 38% de l'indice des prix à la consommation. Il anticipe désormais une hausse de 8,5% des prix cette année, contre 6,5% auparavant.
Le gouvernement prévoit de son côté 6 à 7% d'inflation en 2010.
Toni Vorobyova, Catherine Monin pour le service français, édité par Marc Angrand



