Série d'indicateurs en trompe-l'oeil aux Etats-Unis
WASHINGTON (Reuters) - Les ventes au détail aux Etats-Unis ont rebondi en juillet après deux mois consécutifs de baisse, mais cette nouvelle rassurante publiée vendredi s'est accompagnée d'autres données plus inquiétantes, notamment des pressions inflationnistes coincées à leur plus bas niveau depuis les années 1960.
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par Pedro Nicolaci da Costa
Le département du Commerce a fait état d'une hausse de 0,4% des ventes au détail le mois dernier, après une diminution de 0,3% en juin selon une estimation révisée. Par rapport à juillet 2009, les ventes au détail sont en hausse de 5,5%.
Les économistes et analystes interrogés par Reuters pronostiquaient cependant une hausse de 0,5% en juillet. Surtout, ce sont les secteurs de l'automobile et des stations-service qui ont nourri le rebond, les autres secteurs de la consommation manquant toujours d'élan.
Les ventes au détail sont une composante majeure de la croissance américaine, les dépenses de consommation représentant les deux tiers de l'activité économique totale.
En pleine "driving season" les ventes d'essence ont grimpé de 2,3% le mois dernier et celles de véhicules et de pièces détachées automobiles ont augmenté de 1,6%, après des baisses respectives de 2% et 1,3% en juin.
Mais sans ces composantes, les ventes au détail ont en fait diminué de 0,1% en juillet.
"Les consommateurs sont toujours prudents, mais cela n'augure pas d'une rechute", estime Stuart Hoffman, économiste en chef chez PNC Financial Services Group.
Le moral des ménages américains se stabilise cependant en août, au vu des résultats préliminaires de l'enquête mensuelle Thomson Reuters-université du Michigan.
Son indice est ressorti à 69,6 contre 67,8 en juillet.
RETOUR À LA HAUSSE DES PRIX
L'indice mesurant le jugement des consommateurs sur la situation économique actuelle est ressorti aussi en hausse, à 78,3 contre 76,5 en juillet.
Les anticipations d'inflation à un an augmentent aussi, à 2,8% contre 2,7% en juillet.
Les chiffres des prix à la consommation pour le mois de juillet, également publiés vendredi, reflètent cependant des pressions inflationnistes toujours faibles, avec une hausse des prix de détail de 0,1% seulement si l'on ne tient pas compte des éléments volatils (alimentation et énergie).
L'indice global est ressorti en hausse de 0,3% après un recul de 0,1% en juin et de 0,2% en mai. La hausse des coûts de l'énergie est à l'origine de cette remontée des prix à la consommation, la première hausse en quatre mois.
Sur un an, l'inflation ressort à 1,2% et à 0,9% hors éléments volatils.
La Réserve fédérale a exprimé mardi ses craintes quant à une possible entrée des Etats-Unis en déflation, décidant de prendre davantage de mesures pour soutenir l'économie américaine.
Certains analystes pensent toutefois que les chiffres publiés vendredi en éloignent le spectre.
"On a beaucoup parlé de déflation, mais ces statistiques ne laissent pas présager d'une déflation", commente Zach Pandl, économiste chez Nomura Securities.
D'autres sont cependant plus pessimistes pour la première économie mondiale. Les prévisionnistes de la Réserve fédérale de Philadelphie, dans une enquête publiée vendredi, concluent à un ralentissement économique au troisième trimestre, avec une croissance du PIB de 2,3% en rythme annuel alors qu'ils tablaient sur 3,3% lors d'une précédente estimation en mai.
Il y a une probabilité "significative" que l'économie américaine plonge à nouveau dans la récession d'ici les deux prochaines années, ont pour leur part jugé des chercheurs de la Réserve fédérale de San Francisco.
Catherine Monin pour le service français, édité par Dominique Rodriguez



