HSBC veut racheter jusqu'à 70% du sud-africain Nedbank
JOHANNESBURG/HONG KONG (Reuters) - HSBC est en négociations exclusives pour prendre une participation majoritaire dans Nedbank, quatrième banque d'Afrique du Sud, une opération qui pourrait atteindre 5,37 milliards d'euros et permettrait à la première banque européenne d'accroître sa présence sur une région en forte croissance.
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par David Dolan et Kelvin Soh
HSBC et l'assureur anglo-sud-africain Old Mutual, qui contrôle Nedbank, ont annoncé lundi dans des communiqués séparés avoir engagé ces discussions exclusives.
Old Mutual, qui est en pleine réorganisation stratégique et cherche à se désendetter, a déclaré que HSBC pourrait acquérir jusqu'à 70% de Nedbank dans le cadre d'une transaction dont le montant pourrait atteindre 49,9 milliards de rands (5,37 milliards d'euros) sur la base de la capitalisation boursière actuelle de Nedbank.
Il n'était pas certain dans l'immédiat que HSBC obtienne l'accord des autorités sud-africaines de régulation. HSBC est déjà présente en Afrique du Sud où elle propose notamment des services de banques commerciales.
"LA BONNE CHOSE À FAIRE POUR HSBC"
HSBC, historiquement britannique mais très implantée en Chine et cotée à Hong Kong, est de plus en plus menacée par la banque sud-africaine Standard Bank, détenue à 20% par Industrial and Commercial Bank of China, et cherche à se positionner comme une porte d'entrée vers l'Afrique.
Pour HSBC, devancée par Standard Chartered en Afrique, l'acquisition de Nedbank permettrait de renforcer sa présence sur un continent riche en ressources naturelles où beaucoup de ses clients chinois cherchent à faire des affaires.
"C'est la bonne chose à faire pour HSBC si elle veut se concentrer sur les marchés émergents", estime Dominic Chan, analyste chez BNP Paribas.
"Le commerce entre l'Afrique et la Chine a crû très rapidement, et HSBC n'a pas la même présence (en Afrique) que Standard Chartered, ce qui rend cette acquisition particulièrement cruciale si (la banque) souhaite y poursuivre son développement."
Errol Kruger, à la tête de l'autorité sud-africaine de régulation du secteur bancaire, a déclaré lundi à Reuters qu'il était trop tôt pour faire un commentaire sur cette transaction.
"Ils doivent encore présenter toutes les demandes dont ils ont besoin pour réaliser (leur projet) et nous devons y réfléchir", a-t-il dit lors d'un entretien téléphonique.
En Bourse, à la suite de cette annonce, les actions Nedbank et Old Mutual bondissait respectivement de 6,7% et 4,3% à la mi-journée, cependant que le titre HSBC prenait 0,82%.
OLD MUTUAL A DISCUTÉ AVEC D'AUTRES PRÉTENDANTS
Le directeur général d'Old Mutual, Julian Roberts, a dit à Reuters que son groupe souhaitait se défaire de l'ensemble de sa participation dans Nedbank, qui s'élève à 52%, mais que le montant exact qu'il céderait dépendrait des actionnaires minoritaires.
Nedbank devrait rester cotée en Afrique du Sud et Julian Roberts a dit qu'il ne serait pas entré en discussions exclusives sans l'espoir que les autorités donnent leur feu vert.
"Si on reste avec une petite participation, ce sera très bien et on gérera cela par la suite", a-t-il dit.
La presse avait auparavant rapporté que Standard Chartered pourrait faire une offre pour Nedbank.
Julian Roberts a indiqué que son groupe avait discuté avec d'autres parties, mais s'est refusé à toute précision.
Il a également refusé de donner des informations sur la valeur potentielle de la transaction.
Standard Chartered n'a pas souhaité faire de commentaire. Une source proche de la banque a cependant indiqué que celle-ci s'était intéressée à Nedbank mais s'était inquiétée de devoir payer trop cher.
L'action Nedbank se négocie actuellement environ 1,3 fois sa valeur comptable attendue sur un an, contre un multiple de 1,6 pour Standard Bank et de 1,3 pour HSBC, selon des données compilées par Thomson Reuters Starmine.
Selon Dominic Chan, l'opération resterait raisonnable jusqu'à un ratio compris entre 1,8 et 1,9.
HSBC est conseillée par Lazard, alors qu'Old Mutual bénéficie des conseils de Lexicon, Rothschild and Bank of America Merrill Lynch. Credit Suisse conseille pour sa part Nedbank.
Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

JOHANNESBURG/HONG KONG (Reuters) - HSBC est en négociations exclusives pour prendre une participation majoritaire dans Nedbank, quatrième banque d'Afrique du Sud, une opération qui pourrait atteindre 5,37 milliards d'euros et permettrait à la première banque européenne d'accroître sa présence sur une région en forte croissance.




