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Nicolas Sarkozy fixe un agenda ambitieux pour le G20

Publié le 25 Août 2010 Copyright © 2012 Reuters
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a souhaité mercredi que le G20 se substitue au G7 comme forum international de discussion sur les changes et réclamé que les marchés dérivés de matières premières soient autant régulés que les financiers.

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par Yann Le Guernigou

Intervenant devant la conférence annuelle des ambassadeurs de France pendant 45 minutes de discours, il s'est abstenu de toute allusion à la polémique créée par le traitement de la communauté rom qui a largement débordé les frontières du pays.

Nicolas Sarkozy a développé en revanche longuement l'agenda des présidences françaises du G8 et du G20, qui lui offriront tout au long de l'an prochain et à l'approche de l'échéance de 2012 une tribune de prestige de nature à redorer une image aujourd'hui malmenée sur le front intérieur.

Ayant joué un rôle de premier plan dans les G20 de 2008 et début 2009 qui avaient permis de mobiliser la planète pour faire échec à la crise financière, il a déclaré que l'organisation devait continuer de prendre des initiatives pour éviter de s'endormir maintenant qu'un "calme relatif est restauré".

"Au G20 de crise succèderait un G20 de gestion. S'en tenir à un ordre du jour de gestion serait condamner le G20 à l'enlisement et le monde à de nouvelles crises", a-t-il dit. "Ce n'est pas la vision de la France !".

Pour éviter cette situation, il propose le lancement de trois chantiers, à commencer par celui de la réforme du système monétaire international, un projet qui est cher au président français et qu'il veut voir "réglé dès l'année prochaine".

TAXE SUR LES TRANSACTIONS FINANCIÈRES

"Ce qui est aujourd'hui souhaitable, nécessaire même, c'est de mettre en place des instruments pour éviter l'excessive volatilité des monnaies, l'accumulation des déséquilibres, la recherche d'un niveau toujours plus élevé de réserves de change par les pays émergents qui ont été confrontés à des retraits brutaux et massifs des capitaux internationaux", a-t-il déclaré.

Il a réitéré que le monde devenu multipolaire ne pouvait plus être dominé par une seule monnaie, le dollar, et que le G20, avec la Chine, devrait se substituer au G7 comme forum international de discussion sur ces questions.

Nicolas Sarkozy a confirmé son intention de discuter au G20 des moyens de lutter contre les fortes fluctuations des cours des matières premières, en premier lieu agricoles, invoquant les mouvements violents que connaissent ceux du blé.

Il a estimé à cet effet que les marchés dérivés des matières premières devaient pourvoir être réglementés à l'image des décisions prises par les premiers sommets G20 concernant ceux de produits financiers dérivés négociés jusqu'ici de gré à gré.

S'agissant des prix de l'énergie, il a annoncé que la France avancerait des propositions pour améliorer la transparence des marchés et entamer "un dialogue approfondi entre producteurs et consommateurs" pour limiter les fluctuations des cours.

Le président français a enfin estimé que le G20 devait permettre des avancées sur la lutte contre les changements climatiques là où les grandes conférences, comme celle de Copenhague l'an passé, ont échoué.

Il a évoqué plus spécifiquement un accord sur une taxe sur les transactions financières, qui s'inscrirait dans les financements innovants "indispensables si nous voulons être aux rendez-vous des objectifs du millénaire" et de l'aide à la lutte contre ces changements climatiques dans les pays en voie de développement.

Edité par Yves Clarisse

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