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Barack Obama propose un budget pour réduire le déficit

Publié le 14 Février 2011 Copyright © 2012 Reuters
Barack Obama propose un budget pour réduire le déficit WASHINGTON (Reuters) - Le président américain Barack Obama a transmis lundi au Congrès son projet de budget pour 2012, qui vise à réduire le déficit fédéral de 1.100 milliards de dollars (environ 800 milliards d'euros) sur 10 ans, mais les républicains jugent la baisse des dépenses trop limitée.

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par Alister Bull et Jeff Mason

La Maison blanche table sur un budget de 3.729 milliards de dollars, avec un déficit de 1.645 milliards pour l'exercice 2011, commencé début octobre, puis 1.101 milliards pour l'exercice 2012.

Cette tendance réduirait le déficit à 3,2% du produit intérieur brut (PIB) en 2015, contre 10,9% cette année, et remplirait en outre un engagement du président américain auprès de ses partenaires du G20.

"Les réalités budgétaires auxquelles nous faisons face imposent des choix difficiles", a déclaré Barack Obama dans un message aux élus du Congrès.

"Dix ans de déficits, aggravés par les effets de la récession et les mesures que nous avons dû prendre pour en sortir, (...) nous ont placés sur une trajectoire intenable. C'est pourquoi mon budget trace la voie qui permettra de rembourser nos dettes."

Deux tiers des économies budgétaires prévues par le texte proviennent d'une réduction des dépenses et de la baisse prévisible du service de la dette à mesure que le déficit se résorbera.

SUPPRESSION DE DOUZE NICHES FISCALES

Le reste provient d'une hausse des recettes, avec notamment l'expiration du compromis fiscal négocié en décembre avec les républicains. Ce texte prolonge pour deux ans les allègements d'impôts hérités de la présidence de George W. Bush et prolonge aussi les allocations pour les chômeurs de longue durée.

Les finances fédérales doivent aussi bénéficier d'une hausse des recettes en raison de la reprise économique, ainsi que de la suppression de 12 niches fiscales pour les entreprises spécialisées dans le pétrole, le gaz et le charbon, qui doit permettre de dégager 46 milliards de dollars sur 10 ans.

Pour l'agence de notation Standard & Poor's, ce projet de budget n'est pas un remède définitif pour les finances américaines et il y a des risques qu'il soit encore édulcoré lors de son passage devant le Congrès.

David Wyss, chef économiste de l'agence, a déclaré à Reuters qu'il s'agissait d'un "premier pas dans la bonne direction" mais qu'il fallait faire plus avant qu'un grand nombre de "baby-boomers" ne partent à la retraite vers 2025. Il a refusé de faire un commentaire sur la note triple A des Etats-Unis.

"ACOMPTE"

Des mois de tractations attendent désormais les élus du Congrès, entre les démocrates, majoritaires au Sénat, et les républicains, qui contrôlent la Chambre des représentants, et Barack Obama a appelé lundi à l'émergence d'un consensus bipartisan.

"Ce que nous avons ici est le paiement d'un acompte mais il va falloir encore beaucoup de travail et il faudra que les démocrates et les républicains se rassemblent pour le concrétiser", a-t-il déclaré lors d'un déplacement dans une école du Maryland.

Les républicains, qui ont d'ores et déjà dévoilé des mesures beaucoup plus strictes de réduction des dépenses, se sont montrés très critiques vis-à-vis du texte.

"Le budget du président va détruire des emplois en dépensant trop, en taxant trop et en empruntant trop", a déclaré le républicain Joe Boehner, président de la Chambre des représentants, dans un communiqué.

Pour David Ader, analyste de CRT Capital Group, "les deux partis cherchent à réduire les déficits, cela indique au moins qu'ils partagent l'opinion selon laquelle on ne peut plus être élu sans être rigoureux sur le budget".

Ce projet de loi de finances doit permettre à Barack Obama de tenir son engagement auprès du G20 de diviser par deux le déficit d'ici la fin de son mandat, en janvier 2013, par rapport à sa prise de fonction en 2009. La présentation du texte intervient à point nommé, alors que les ministres des Finances du G20 se réunissent vendredi et samedi à Paris.

Pour contribuer à cette réduction, le président américain prévoit de geler les dépenses discrétionnaires non sécuritaires pour cinq ans, soit une économie de 400 milliards de dollars sur 10 ans.

Cette mesure implique de réduire les dépenses de plus de 200 programmes fédéraux et permettra d'économiser 33 milliards de dollars sur l'exercice 2012.

Les dépenses de défense seront réduites de 78 milliards sur cinq ans, comme annoncé précédemment, et celles de santé de 62 milliards sur 10 ans.

Le projet table sur un déficit autour de 3% du PIB à partir de 2015 et au-delà, ralentissant la croissance de la dette américaine, même si cette dernière devrait grimper à 77% du PIB en 2021, contre 72% en 2011.

Jean Décotte et Gregory Schwartz pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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