Critiqué, Carrefour nie être hostile envers Casino
PARIS (Reuters) - Critiqué sur sa communication, CARREFOUR a déclaré mardi n'avoir aucune intention hostile à l'encontre de Casino, une démonstration apparente de bonne volonté qui intervient alors que les deux frères ennemis de la distribution française continuent de croiser le fer au Brésil.
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par Julien Ponthus et Dominique Vidalon
Le conseil d'administration de CARREFOUR s'est prononcé lundi en faveur d'une fusion des filiales brésiliennes des deux groupes, une opération contre laquelle le PDG de Casino, Jean-Charles Naouri, est parti faire campagne dans le pays.
Parallèlement, le cabinet de conseil aux actionnaires Deminor a écrit au PDG de CARREFOUR, Lars Olofsson, pour lui reprocher de ne pas avoir suffisamment informé le marché au sujet de ce projet lors de l'assemblée générale du 21 juin dernier.
"Compte tenu de la complexité de l'opération et du nombre de parties concernées, il serait illusoire d'essayer de faire croire aux actionnaires minoritaires de CARREFOUR que les discussions n'étaient pas 'très avancées' à la date du 21 juin", indique Deminor.
Dans ce courrier, dont une copie a été envoyée à l'Autorité des marchés financiers (AMF), Deminor indique également qu'une telle opération nécessiterait l'aval d'une assemblée générale et pose la question du contrôle du capital de CARREFOUR par ses deux actionnaires principaux, Bernard Arnault et Colony Capital.
Ni l'AMF ni CARREFOUR n'étaient immédiatement disponible pour commenter la lettre de Deminor.
RIEN D'ILLÉGAL
Casino est actionnaire de Grupo Pao de Açucar (GPA) à hauteur de 43,1% du capital et en exerce le contrôle opérationnel à parité avec le milliardaire Abilio Diniz - président du conseil d'administration du distributeur brésilien - au sein de la holding Wilkes.
La volonté d'Abilio Diniz de fusionner GPA avec la filiale de CARREFOUR intervient alors que Casino a la possibilité d'être seul maître à bord à compter de juin 2012 grâce à l'exercice d'une option d'achat dans la holding Wilkes.
Le groupe dirigé par Jean-Charles Naouri reproche à Abilio Diniz d'avoir engagé des négociations avec CARREFOUR sans l'avoir consulté, une démarche que Casino juge illégale.
Le groupe stéphanois a d'ailleurs saisi le 1er juillet la Chambre de commerce internationale d'une seconde procédure d'arbitrage contre le groupe Diniz sur ce sujet.
Mais pour CARREFOUR, il n'y a rien là d'illégal.
"Les accords - publics - liant Casino et le groupe Diniz relatifs à la société CBD (GPA) et la holding de contrôle Wilkes ne contiennent à notre connaissance aucune stipulation interdisant des discussions ou des négociations et Casino n'a, à ce jour, invoqué aucune clause spécifique au soutien de ses affirmations", a déclaré CARREFOUR dans un communiqué.
CHAMPION NATIONAL
La holding Wilkes doit tenir un conseil d'administration le 2 août pour évoquer le projet de fusion avec CARREFOUR.
Pour de nombreux observateurs, le principal atout dans les mains de CARREFOUR semblait être la volonté et la détermination de certains dirigeants et décideurs économiques brésiliens de créer un nouveau champion national dans le pays.
Mais depuis les premières déclarations de responsables brésiliens en faveur de la fusion, plusieurs groupes d'intérêts ont fait part de leurs réserves, notant l'impact négatif qu'une fusion pourrait avoir sur les consommateurs ou les fournisseurs.
La pression semble donc avoir diminué depuis quelques jours et le président de la Banque Nationale Brésilienne de Développement (BNDES) - qui souhaite financer une partie de l'opération - a assuré qu'aucune opération ne se ferait sans l'accord de Casino.
Julien Ponthus, Dominique Vidalon, édité par Marc Joanny




