LVMH résiste aux aléas conjoncturels et maintient la cadence
PARIS (Reuters) - LVMH a maintenu la cadence d'une très solide croissance organique au troisième trimestre, malgré les aléas de la conjoncture mondiale et les craintes de ralentissement de la demande de produits de luxe dans les pays matures.
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par Pascale Denis
Le chiffre d'affaires du numéro un mondial du secteur, propriétaire du maroquinier Louis Vuitton, du cognac Hennessy ou des parfums Christian Dior, a progressé de 17,6% au troisième trimestre, à 6,01 milliards d'euros, un chiffre supérieur au consensus des analystes interrogés par Reuters (5,8 milliards).
La croissance organique s'est quant à elle maintenue à 15%, comme au premier semestre, alors que les analystes anticipaient un ralentissement à 12,5% et que la base de comparaison de l'exercice précédent était déjà élevée (+14%).
"Les chiffres sont bons, ils montrent que le secteur ne subit pas le ralentissement escompté", commente un analyste qui a souhaité garder l'anonymat.
Après Burberry la semaine dernière (voir ), LVMH vient confirmer la résistance du secteur du luxe au ralentissement des économies matures, favorisée par les flux touristiques en Europe et par une demande qui ne faiblit pas dans les grands magasins haut de gamme aux Etats-Unis.
A la Bourse de Paris, le titre LVMH cédait 1,89% à 111,40 euros vers 12h10, dans un marché en baisse de 1,6%.
Après avoir été rattrapées par les craintes de récession et de ralentissement du moteur chinois, les valeurs du luxe ont essuyé une importante correction en Bourse fin septembre, avant de regagner le terrain perdu avec le redressement général des marchés.
A ce jour, LVMH limite sa perte à 7,8% depuis le début de l'année, à comparer à une baisse de 15% pour son concurrent suisse Richemont, mais à des hausses de 12,3% pour Burberry ou de 16% pour Tiffany.
DÉCÉLÉRATION DANS LES VINS ET SPIRITUEUX
En marge des défilés parisiens de prêt-à-porter au début du mois, de grands noms du secteur avaient eux aussi déclaré ne voir aucun signe de tassement de la demande au troisième trimestre.
Pourtant, nombre d'analystes anticipent un ralentissement du marché mondial du luxe en 2012 et ont d'ores et déjà révisé en baisse leurs prévisions de croissance interne pour l'an prochain.
"La progression des ventes continue d'être soutenue en Asie, en Europe et aux Etats-Unis, tandis que le Japon voit un retour à la croissance", souligne LVMH dans un communiqué.
Fort de ces chiffres, le groupe affiche sa "confiance" pour l'ensemble de l'exercice 2011, sans donner de précision sur ses anticipations pour les ventes de fin d'année, une période cruciale pour le secteur.
Il indique aussi qu'il poursuivra une politique d'expansion géographique ciblée "dans les marchés les plus porteurs".
Le pôle mode et maroquinerie a vu sa croissance organique atteindre 15% sur neuf mois, après 14% au premier semestre, tirée par la pépite Louis Vuitton.
Le malletier, principal centre de profit du groupe avec une contribution d'environ 55% au résultat opérationnel, pourrait avoir dépassé 15% de croissance interne, selon les estimations de certains analystes. LVMH ne divulgue jamais les chiffres de Louis Vuitton.
Des indications sont attendues cet après-midi, lors d'une conférence téléphonique, sur d'éventuelles hausses de prix que pourrait passer en fin d'année la marque aux sacs monogrammés.
A l'inverse, les ventes de vins et spiritueux ont vu leur croissance organique décélérer à 11% sur neuf mois et les investisseurs attendent des précisions sur les niveaux de stocks des distributeurs.
PERFORMANCES DE BULGARI
Les ventes de la distribution sélective (DFS, Sephora) ont accéléré la cadence avec une croissance organique de 19%, tandis que rythme s'est très légèrement tassé dans les parfums et cosmétiques à +10%, alors que les récentes déclarations de Clarins à Reuters laissent anticiper une année 2012 difficile en Europe.
Dans les montres et la joaillerie, qui intègrent désormais l'italien Bulgari, la croissance reste spectaculaire, à l'image des exportations de montres suisses, à 26%. En données publiées, les ventes grimpent de 76%, un chiffre supérieur aux attentes, ce qui laisse penser, soulignent les analystes d'UBS, que les ventes du joailler italien ont été particulièrement solides.
Les chiffres de PPR, propriétaire de Gucci, sont attendus le 26 octobre et ceux d'Hermès (dont LVMH détient 21,4%) le 4 novembre.
Edité par Marc Angrand




