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ESI GROUP

ESI - [ISIN FR0004110310]

Cours : 9,130 €   Variation : +1,44%
Marché : Euronext Paris (temps différé)
   

Alain de Rouvray

PDG d’ESI Group

«De petites augmentations de revenus devraient entraîner de grosses augmentations de marges»

(Easybourse.com) Pouvez-vous nous présenter les activités d’ESI Group ?
ESI Group est pour l’essentiel une société d’édition de logiciels, avec une activité de services qui vient en support, notamment pour former les clients à l’utilisation des outils. Nous sommes dans le domaine de la simulation mécanique, ou de la PLM (Product Lifecycle Management). De façon de plus générale, nous intervenons dans le domaine du virtual product development et du simulation based design.

En clair, nos logiciels sont utilisés par ceux qui veulent définir et développer un produit sous forme virtuelle avant de le construire, ce qui est plus rapide, coûte moins cher, et permet de mettre en place des innovations plus rapidement.

Cela demande des outils et des méthodologies : nous intervenons à ce niveau là. Le domaine traditionnel, c’est l’automobile, à plusieurs niveaux : le crash-test, bien sûr, mais aussi d’autres aspects, comme le confort ou la fabrication.

Etes-vous satisfait des résultats 2006 ?
Le point positif est que, le démarrage ayant été mitigé, nous nous sommes bien rattrapés sur l’année. La croissance de notre activité principale, qui est celle des logiciels, est tout à fait raisonnable, et complètement organique.
En effet, dans la mesure où nous avons été amenés à faire fonctionner ensemble et à intégrer toute une série de produits d’origines diverses dont on a fait l’acquisition ces cinq dernières années, la croissance de notre activité licences est tout à fait raisonnable, d’autant plus qu’elle a été réalisée de façon purement organique.

 Il est évident qu’il existe des risques d’érosion, mais je pense que nous sommes sortis de cette phase d’intégration. Pour l’activité licences, les trois catégories se sont raisonnablement bien portées (matures, émergents, innovants) : les émergents ont fait exactement ce que nous attendions, c'est-à-dire entre 20 et 30% de croissance. Ce qui est plus délicat, ce sont les produits matures, qui représentent une grosse moitié de notre chiffre d’affaires, et qui ont eu une faible croissance : 2% en euros, soit 3 ou 4% en dollars, dans un environnement de marché néanmoins atone.
 
Et en ce qui concerne les services ?
L’année s’est moins bien passée sur les services : nous avons été pris par surprise par des activités qui n’étaient pas vraiment stratégiques pour nous, mais qui étaient alimentaires.

Par ailleurs, nous avons été affectés par la non-obtention de marchés prévus en Corée, due à l’emprisonnement du président de Hyundai. Au Japon, Nissan, l’un de nos clients principaux, a décidé de délocaliser une partie de ses équipes et des travaux qu’il nous sous-traitait dans une filiale créée au Viêt-Nam.

Les résultats de Nissan n’ayant pas été fameux, cela explique qu’ils aient voulu réduire les dépenses partout où ils le pouvaient.

En revanche, le point positif est que nous avons réalisé une croissance de 14% sur nos études à forte valeur ajoutée, croissance réalisée notamment dans l’automobile, mais également dans la défense, dans l’électronucléaire, et dans un certain nombre de domaines de diversification pour nous.

Comment votre clientèle se découpe-t-elle aujourd’hui ?
Une petite moitié de nos clients sont situés dans le domaine des transports.

Les autres sont dans le secteur de l’énergie, dans les procédés de fabrication, l’aéronautique, la défense, le médical... et pratiquement dans tous les autres domaines.

Ce qui fait vivre la simulation aujourd’hui est l’automobile. Pour eux, le virtual product development est une nécessité de survie. Si nous mettons plus de deux ou trois ans à sortir un nouveau modèle, il sera déjà dépassé par la concurrence au moment de sa sortie. Donc d’une façon générale, les constructeurs automobiles peuvent se permettre deux prototypes : un premier pour vérifier ce qui ne va pas, et un deuxième pour vérifier que ça va.

Ensuite, ils passent à la fabrication. L’idée générale est d’avoir le maximum de simulations pour s’assurer que le premier prototype soit aussi performant que possible, et que la simulation soit suffisamment prédictive pour que les améliorations qu’on réalise sur le prototype virtuel restent fiables. Dans ces domaines, nous avons besoin de modèles de simulations extrêmement performants.

Où vous situez-vous par rapport à vos concurrents ?
Dans les domaines où nous sommes, le marché accepte en général deux concurrents et demi. Pourquoi pas dix ? Parce que cela coûte beaucoup trop cher à mettre au point, à valider, etc. Pour les industriels, que ce soit dans l’électronucléaire, l’aéronautique ou l’automobile, les donneurs d’ordre n’ont pas les moyens de valider une multitude de prototypes, de méthodes, de procédés, avec cinquante sociétés. Dans le domaine du crash-test, nous avons un concurrent américain et un concurrent européen.

Des prévisions pour 2007 ?
Je pense que l’on peut poursuivre sur les mêmes tendances, en réparant le problème que nous avons eu sur les services.

 Il est quand même important de rappeler que notre structure de coûts est essentiellement à coûts fixes, donc le risque est très important sur la marge, comme l’on avait vu l’année dernière avec une petite baisse de revenus sur les services.

Mais, si un petit ralentissement coûte cher, une petite amélioration apporte énormément de bénéfices.
Maintenant que nous avons fait les acquisitions nécessaires et que nos équipes sont en train de consolider, de petites augmentations de revenus devraient entraîner de grosses augmentations de marges.

Un dernier mot pour vos actionnaires ?
Je voudrais les remercier de leur confiance, et je pense qu’ils ont raison d’avoir foi dans la société. Ce que l’on représente est absolument unique sur le marché international. La difficulté est qu’il y a une incertitude sur les rythmes d’adoption de nos produits par nos clients.

Aujourd’hui, notre secteur principal est encore l’automobile, et comme il s’agit d’un secteur ultra-compétitif, il y a une pression considérable qui limite les rythmes de développement.

Cependant, je pense que l’essentiel du travail réalisé depuis notre entrée en bourse pour acquérir les technologies qui manquaient et les intégrer est fait. Maintenant, nous devrions entrer dans une phase de croissance et de rentabilité très satisfaisante.

Propos recueillis par An.P.



Publié le 30 Mai 2007

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Son parcours


Docteur Alain de Rouvray, Président du Conseil d’Administration depuis le 28 Janvier 1991.

Fondateur de la Société ESI Group, Alain de Rouvray est Président Directeur Général de la Société depuis sa création.

Diplômé de l'Ecole Centrale de Paris (1967), de la Sorbonne (Sciences Economiques, 1967) et titulaire d'un doctorat (Ph.D.) de Génie Civil de l’Université de Californie, Berkeley (1971).

Alain de Rouvray a été Ingénieur de Recherche à l'Ecole Polytechnique (Laboratoire de Mécanique Solide, 1972) et Directeur du Département Mécanique Avancée de la Société Informatique Internationale filiale d'Informatique Scientifique du Groupe CISI et du Commissariat a l'Energie Atomique de 1972 à 1976.

Il a fondé la société ESI SA en 1973 et a été son Directeur Général et Directeur Commercial de 1973 à 1990.

 

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