Antoine Lissowski
membre du directoire et directeur financier de CNP Assurances
«Notre chiffre d'affaires est supérieur à ce que nous envisagions en début d'année»
(Easybourse.com) Pourriez-vous nous commenter les résultats de CNP Assurances pour l’année écoulée ?
Tout début 2007, nous indiquions avoir un objectif de croissance du chiffre d’affaires supérieur à 19% pour 2006. Il est de 20,6% (19,5% retraité en fonction des évolutions de change et de périmètre), soit beaucoup plus que ce que nous envisagions au début de l’année 2006.
Ces résultats s’expliquent par le fort dynamisme de notre marché en France, mais également par une très forte progression de notre activité au Brésil (25%) et une croissance de notre chiffre d’affaires en Italie (11%) alors que le marché baissait de 4%.
Notre présence dans ces trois principaux pays nous a permis d’atteindre pour 2006 de très bons résultats. Ainsi, la progression du résultat net courant est de l’ordre de 23% sur l’année. Le résultat net part du groupe a augmenté de près de 18% et la valeur des affaires nouvelles de 30%.
Quels ont été les moteurs de cette croissance ?
Cette croissance est le fruit du succès de notre modèle que nous avons réussi à déployer dans les différents pays où nous exerçons nos activités. Nous nous sommes spécialisés dans les produits d’assurance vie et nous nous efforçons de vendre à travers des réseaux bancaires. C’est la bancassurance.
En France, où cette situation est traditionnelle, le marché s’est caractérisé cette année par de nombreux transferts que nous avons su capter. Ces derniers ont intéressé certains produits bancaires phares tels que les PEL et les produits d’épargne traditionnelle en euros vers les multisupports.
Grâce à notre collaboration avec des réseaux de grands distributeurs comme la Poste ou la Caisse d’épargne, nous sommes parvenus à attirer l’épargne vers des contrats d’assurance vie notamment en unités de compte.
En ce qui concerne le Brésil, le marché connaît une expansion très rapide. Notre partenaire, détenteur du plus grand réseau public bancaire, a décidé d’accroître sa part de marché dans ce pays.
Enfin en Italie, c’est également le modèle banque assurance qui a fonctionné à plein. Nous sommes arrivés là-bas en 2005, et nous avons depuis entrepris de modifier la gamme de produits afin de vendre des produits plus innovateurs apportant de meilleures marges.
Quelles ont été les principales opérations mises en place en 2006 dans ces trois principales zones géographiques ?
En France, nous avons tout d’abord renouvelé nos accords avec les réseaux de la Poste et des Caisses d’épargne. Nous sommes partenaires en assurance vie jusqu’en 2015 au moins. Par ailleurs, nous avons lancé un nouveau produit, Vivaccio, avec la Banque postale qui a très bien performé.
S’agissant de l’Italie, nous avons transformé des produits dits «index linked» en produits «unit linked», des produits moins indexés qui apportent plus de valeur ajoutée à l’assureur et dans lesquels les risques sont gardés par l’assuré.
Au Brésil, nous avons réussi sur l’ensemble de la gamme des produits, en particulier dans les activités de prévoyance.
Y a-t-il des zones d’ombre au tableau ? Avez-vous connu des pertes de parts de marché ou des résultats qui n’étaient pas à la hauteur de vos objectifs initialement fixés ?
Nous ne pouvons pas réellement dire ça. Néanmoins, il est vrai que nous avons, en Chine, un développement qui est lent. Ceci s’explique par le fait que nous sommes dans une logique de négociations à long terme. En 2006, nous avons signé nos premiers contrats dans ce pays. Mais le décollage est aussi lent que l’installation des activités. Ce n’est pas une mauvaise surprise, mais simplement un rythme auquel nous devons nous habituer.
Parmi les grands pays en transition, vous avez évoqué le Brésil et la Chine. Qu’en est-il de l’Inde ?
Nous avons constitué un dossier concernant l’Inde l’année dernière, mais nous n’y avons pas donné suite parce que nous n’avons pas trouvé de points d’équilibre avec d'éventuels partenaires. Dans le cadre d’un système de bancassurance, il faut avoir une relation forte à long terme avec un réseau de distribution et se partager les fruits de coopération.
Quels sont vos objectifs pour cette année 2007 ?
En 2006, nous étions sur des marchés extrêmement dynamiques. Cependant, en 2007, nous ne savons pas comment se comporteront les marchés dans ces différents pays.
En France, il y a un certain nombre d’inconnues. Le niveau de croissance a été très élevé en 2006 et nous ne savons pas si elle se poursuivra à ce rythme en 2007. De même pour le Brésil, où le taux de croissance très élevé semble difficilement reproductible.
En Italie, le marché a baissé l’année dernière, et nous ne savons pas encore s'il va se redresser cette année.
De ce fait, nos objectifs d’amélioration de nos parts de marché ont été fixés de manière très pragmatique.
Envisagez-vous de vous développer dans de nouvelles zones ?
Nous concentrons notre attention sur les pays de l’Europe du Sud. En particulier sur les activités d’assurance emprunteur, nous avons connu en Espagne, en Italie, et dans d’autres pays européens, par le biais d’un partenariat, une progression d’activité de l’ordre de 100 %.
Quels sont les atouts majeurs du groupe par rapport à ses concurrents ?
Nous sommes un acteur à la fois très spécialisé puisque nous faisons essentiellement de l’assurance de personnes, et nous sommes également un bancassureur c'est-à-dire que nous utilisons des partenaires pour diffuser nos produits. Dès lors, nous concentrons notre activité sur la production, le marketing et la gestion d’assurance vie et ceci à grande échelle dans chacun des pays où nous sommes présents. Nous sommes en quelque sorte un spécialiste en gros. C’est un positionnement original puisque nous n’avons pas de problématique de diversification de métiers dans chacun des pays. Nous sommes très concentrés sur l’assurance de personnes avec des parts de marché significatives de l’ordre de 4 %.
Quels sont les points à développer pour 2007 et les années à venir ?
Comme nous sommes dans un trend de croissance élevé, il nous faut trouver des relais de croissance. Notre développement sur les activités de prévoyance et de risques est très profitable. Il faut à présent aller de l’avant à travers d’autres clientèles et sur d’autres zones géographiques.
Votre dernier mot pour les actionnaires ?
CNP Assurances est très confiante pour son avenir.
Propos recueillis par I.H.
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Antoine Lissowski, 50 ans, est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et ancien élève de l’Ecole Nationale d’Administration (Promotion «Henri-François d’Aguesseau» 1982).
Chiffre d’affaires consolidé : 31 989,5 M€ (+20,6 % et +19,5 % à change constant et périmètre proforma).