Diaa Elyaacoubi et Bernard Ochs
président et vice-président du club Esprits d’Entreprises
«L’absence de sujet tabou permet des échanges très directs et authentiques»
(Easybourse.com) Comment avez-vous eu l’idée de créer le club Esprits d’Entreprises ?
Fin 2002, nous avons constaté l’absence ou la disparition de clubs d’entrepreneurs orientés « think-tank », plutôt jeunes dans leur composition et dépassant les clivages liés à une école ou un secteur particulier. Nous avons alors imaginé de rassembler des entrepreneurs et dirigeants d’entreprises, tous domaines d’activité confondus, autour des thèmes liés à l’entreprise, ses valeurs et son développement.
Quelles sont les particularités de votre club ?
Jusqu’à présent, le club a essentiellement cherché à se développer conformément à l’objectif initial c’est-à-dire avec une approche qualitative et sans rechercher particulièrement la fréquentation des médias ou des politiques. Aujourd’hui, avec plus de 400 membres, le club est quasi-exclusivement composé de dirigeants actionnaires de leur société.
Il semblerait aussi que la liberté de ton et la qualité de l’atmosphère, très conviviale, le distinguent d’autres clubs.
Comment se manifeste l’esprit d’entreprise au sein de votre cercle ?
L’esprit d’entreprise se manifeste tout d’abord par le partage d’expériences, celles des intervenants mais aussi celles des membres lors des dîners-débats, et ensuite par le soutient d’initiatives dans ce sens. Ainsi, nous soutenons activement le projet «100 000 entrepreneurs» qui vise à envoyer autant de chefs d’entreprise dans les lycées et les écoles afin de présenter leur expérience, les difficultés et satisfactions rencontrées. Ceci contribuera peut-être à ce que notre jeunesse s’imagine un autre avenir que celui de fonctionnaire.
Comment s’opère la sélection des invités ?
Elle se fait sur la base de la qualité supposée ou connue de l’invité. A l’origine, la sélection s’opérait principalement par le fait que l’un d’entre nous connaissait l’intervenant et pouvait le convaincre de venir à un club nouveau. Maintenant, la notoriété aidant, nous essayons de plus en plus d’associer l’invité à l’un des thèmes que nous souhaitons aborder.
Sur quelles thématiques portent les échanges ?
Les thématiques sont très variables mais elles portent toujours sur les sujets essentiels de l’entreprise. Ainsi cette année, nous avons débattu de «la capacité de susciter la culture de l’innovation chez ses collaborateurs», du «rôle des syndicats à l’amélioration de la compétitivité des entreprises» ou encore du «passage de directeur à entrepreneur». Nous avons aussi parlé de la «construction européenne à travers l’exemple du Kosovo» pour élargir quelque peu nos thèmes de discussion.
Comment se déroule concrètement un dîner-débat ?
Tout d’abord, nous avons un assez long apéritif qu’apprécient particulièrement nos membres pour se retrouver. S’ensuit le dîner-débat proprement dit qui commence par un exposé de l’invité qui dure une vingtaine de minutes.
Suivent les questions de la salle pendant environ deux heures, le tout entrecoupé de courtes pauses. L’absence de sujet tabou et de journaliste permet des échanges très directs et authentiques.
Les membres du club sont-ils exclusivement des entrepreneurs ?
Quasiment. Les autres membres sont des ex-entrepreneurs, des dirigeants de grandes entreprises, quelques financiers et les dirigeants de nos deux sponsors, MBO Partenaires et Crédit Suisse.
Quelles sont les modalités d’inscription au club ?
Il faut, tout d’abord, répondre aux critères de base, à savoir être dirigeant et actionnaire de sa société. Il faut ensuite faire une demande, ou bien être parrainé, et s’acquitter de sa cotisation, à titre personnel ou au titre de son entreprise. Ces cotisations sont volontairement très raisonnables. Le membre doit enfin s’engager à avoir un comportement compatible avec les valeurs que nous cherchons à promouvoir : humilité, persévérance, solidarité et intégrité.
Quels sont vos prochains évènements ?
Fin novembre, nous accueillons Jacques Veyrat, le PDG de Neuf Cegetel. Début 2007, nous recevrons successivement Yazid Sabeg, PDG de CS, Fabrice Boé, PDG de Prisma Presse et Denis Payre, PDG de Kiala et fondateur de Business Objects.
Propos recueillis par R.B.




Bernard Marois
Anne de la Forest
Frédérique Clavel
Christian de Turckheim
Dan Serfaty
Alain Lefebvre
Yann Mauchamp
Louise Wachtmeister
Kaja Wunder


