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CS COMMUNICATION & SYSTEMES

SX - [ISIN FR0007317813]

Cours : 8,650 €   Variation : +0,35%
Marché : Euronext Paris (temps différé)
   

Eric Blanc-Garin

directeur général de CS

«Nous souhaiterions trouver une cible autour d’une centaine de millions d’euros de CA, pour pouvoir ensuite revenir à notre niveau de facturation antérieur, de l’ordre de 350M€»

(Easybourse.com) Pouvez-vous brièvement nous présenter votre activité ? Qui sont vos principaux clients ?
CS est un groupe spécialisé dans l’intégration système, travaillant sur des projets à fort contenu crtitique, c’est-à-dire des projets dont la sécurité de fonctionnement est essentielle pour nos clients dans un certain nombre de secteurs industriels, notamment dans la défense, l’aéronautique et le spatial, les transports et l’énergie.

A titre d’exemple, dans le cas de l’ATV Jules Vernes, qui a décollé avec succès ce week-end, l’ensemble des logiciels de contrôle commande de l’appareil a été développé par notre groupe.

Dans la joint-venture composée de CENIT AG  et PROSTEP AG pour le compte d’EADS, comment se répartit le chiffre d’affaires généré ?
Nous avons regroupé nos forces respectives en les plaçant conjointement au sein d’une joint-venture. Cette dernière dont le capital se répartit en trois tiers, servira de structure à la fois de pilotage et de facturation pour EADS.

Ca ne change donc rien spontanément sur le niveau de nos facturations, mais cette structure, qui a été retenue dans un contexte très concurrentiel de l’offre, nous permettra surtout d’augmenter substantiellement la part de nos facturations pour EADS.

Dans quelle mesure CS pourrait-il profiter du gros contrat
des avions-ravitailleurs qu’EADS a signé avec le Pentagone ?
Notre groupe est très sensible aux nouveaux développements et à la R&D qu’Airbus ou EADS mettent en œuvre pour chaque nouveau programme. Dès lors, plus cet avion ravitailleur sera différent des modèles en cours, plus nous aurons l’opportunité de pouvoir travailler sur ce nouveau développement.

Vos résultats font état d’un chiffre d’affaires en progression de 14% à 225,4 millions d’euros (à périmètres constants), et d’un résultat net de 50 millions d’euros. Quel commentaire vous inspirent ces résultats ?
Nous sommes très heureux de ces résultats. L’exercice 2007 a été très bon, et s’inscrit d’ailleurs dans le prolongement des deux précédents.

On peut constater plusieurs choses dont la progression de la croissance du groupe, essentiellement grâce à l’international et aux initiatives prises il y a 3 ans et qui portent leurs fruits, l’amélioration de notre rentabilité qui se mesure à la fois à l’aune de la marge opérationnelle, et du résultat net qui intègre la plus-value liée à la cession de nos activités infrastructures.

Enfin dernier point à retenir, la structure financière du groupe qui s’en trouve considérablement renforcée dans la mesure où nous avons quasiment doublé nos fonds propres à 93 millions d’euros, et surtout, nous avons pratiquement 40 millions d’euros de trésorerie nette. Celle-ci nous offre un matelas très confortable et nous place en bonne posture pour réaliser de la croissance externe, dans un environnement où la valeur des actifs est un peu à la baisse.

Nous détenons par conséquent tous les moyens financiers et la dynamique nécessaire pour rebondir et réaliser des opérations de croissance externe et interne.

Quels ont été les leviers de cette croissance 2007 ?
Au niveau commercial, l’ensemble des secteurs (défense, sécurité, transports, et énergie) a vraiment tiré la  croissance, ainsi que l’international, avec près de 40% de nos commandes effectuées à l’étranger. Nous avons par ailleurs signé pour 283 millions d’euros de prises de commandes pour 225 millions d’euros de chiffre d’affaires, ce qui signifie que nous avons fait «un carton plein» avec un fort grossissement du carnet de commandes.

Voilà le véritable moteur de cet exercice, à quoi il faut ajouter le contrôle très strict de nos frais de structure, l’ensemble de ces facteurs se transformant en augmentation de la marge opérationnelle…

Votre chiffre d’affaire à l’international progresse en effet de plus de 50% et représente désormais 25% de votre CA total. La parité actuelle euro/dollar
a-t-elle impacté votre activité 2007 ?

Non, toutes nos affaires sont couvertes dès le moment de leur signature, il n’y a donc pas d’effets de change liées à des positions ouvertes. Par ailleurs, la stratégie de notre groupe est clairement dans la criticité, donc dans des affaires très complexes et sophistiquées qui ont beaucoup de valeurs, ce qui nous immunise assez fortement contre la problématique des taux de change. Enfin, nous effectuons une partie de nos productions localement, ce qui nous permet également de profiter des centres de développement lowcost.

Quelles sont vos guidances pour l’exercice 2008 ?
Nous nous sommes donnés une guidance de moyen terme, afin de tenir compte du nouveau profil de l’entreprise et de ses nouveaux enjeux. Nous souhaitons donc atteindre, de manière récurrente, 10 points de croissance organique et 8 points de marge opérationnelle.

Sur les trois années qui viennent, nous nous fixons donc cet objectif d’atteindre ces indicateurs d’une manière  récurrente

Comment se présente votre carnet de commande ?
Le carnet de commandes est de 16 mois de chiffre d’affaires. Et puis, nous sommes sur des secteurs qui sont plutôt portés par la croissance mondiale : en défense/sécurité, les menaces ne vont, hélas, pas décrescendo, les besoins en énergie aussi…

Après la cession du pôle Infrastructures Critiques à BT, allez-vous
poursuivre votre recentrage ?

Notre recentrage est parvenu à son terme, et nous regardons maintenant la croissance externe de notre groupe…

Justement, vous envisagez de faire de la croissance externe pour
accélérer votre développement. Quels secteurs et zones géographiques privilégiez-vous ? Pour quel montant ? Des discussions sont-elles actuellement en cours ?

Nous ne ferons pas de diversification, nous souhaitons rester sur nos quatre activités principales (défense, aerospace, énergie et transports).

Ceci étant, s’il devait y avoir un portrait robot de la cible, nous viserions davantage une entreprise française pour réaliser des synergies tout de suite, mais avec déjà une bonne part d’export à l’international.

Idéalement, nous souhaiterions assez vite trouver une cible autour d’une centaine de millions d’euros de chiffre d’affaires, pour pouvoir ensuite revenir à notre niveau de facturation antérieur, de l’ordre de 350 millions d’euros.

Nous regardons bien sûr des dossiers, mais aucun n’est encore à l’étude puisqu’il s’agit de l’objectif de l’exercice 2008…

Le mot de la fin pour vos actionnaires.
Je suis ravi que la confiance qu’ils nous ont accordée, produise enfin des résultats. Dans cette période où les marchés financiers sont un peu troublés, je leur demande de garder confiance, notre entreprise est sur de bons rails…

Propos recueillis par Nicolas Sandanassamy



Publié le 11 mars 2008

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