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Interview

   

François Bayrou

candidat UDF à l'élection présidentielle

(Easybourse.com) A combien évaluez-vous votre programme et quels en sont les principaux postes de dépenses ?
Il y a deux estimations claires et chiffrées, l’une à 21,5 milliards d'euros et l’autre à 26 milliards d'euros, entièrement équilibrées par des économies.
Les principaux postes sont le soutien à l’éducation, et en particulier les universités ainsi que la recherche et développement. En deuxième niveau, il y a le développement des entreprises à travers l’allègement des charges par le Small Business Act. (le SBA consiste à supprimer totalement les charges pour le recrutement de deux salariés, ndlr)

Le déficit sera-t-il maintenu sous la barre des 3% comme préconisé par les instances européennes ?
Non seulement je réponds oui, mais je vous dis que je garantis un niveau inférieur à 2% du PIB. Nous ramènerons ce déficit au point où la dette ne grossit plus. Il y a 20 milliards d'euros d’économie à faire, dont 50% en ressources fiscales pour permettre la régression de la dette.

Quelle est votre perception du pacte de stabilité, du niveau de l’euro et de la fixation des taux dont le centre de décision a été transféré à Bruxelles ?
Je suis outré de voir qu’il n’y a pas d’équilibre monétaire, et que ce centre de décision ait été placé à Bruxelles. J’aurais préféré qu’il soit placé à Milan.

Vous-vous êtes prononcé en faveur de la création d’une caution supportée par les assurances pour les impayés de loyers. Comment seront financées l’ensemble de ces mesures ?
Oui, car il faut mettre fin à ce scandale qui consiste à ce que des jeunes qui démarrent dans la vie active n’aient pas l’accès au logement pour des raisons de caution. Ce sont les assurances qui financeront cette caution à raison de 5 à 6 euros part mois.

Sur le plan fiscal, envisagez-vous de modifier le taux d’imposition des plus-values et le niveau du seuil de cession ?
Il n’y aura pas de dette d’impôt, car nous n’en avons pas les moyens. Pour la transmission de patrimoine, il y aura une franchise jusqu’à hauteur de 300 000 euros ; Les fameux 30% de réduction d’impôts il y a 5 ans sont un leurre.

Préconisez-vous un développement de l’épargne salariale ?
Vous connaissez ma position sur l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés par la majoration des heures supplémentaires. Cependant, je ne suis pas pour un développement de l’épargne salariale, mais plutôt pour faire participer les salariés aux fruits de l’entreprise, c'est-à-dire un intéressement en liquidités.

Etes vous favorable à l’instauration d’une procédure de class action pour les actionnaires ? 
Oui.

Vous souhaitez alléger l’impôt des sociétés qui innovent et alourdir celui des entreprises qui distribuent des dividendes. Avez-vous élaboré un barème à appliquer ? Dans l’affirmative, quels seront les taux d’imposition sur ces entreprises.
Oui, car il y a deux fois moins de brevets déposés en France qu’en Irlande et en Allemagne. Dans le Small Business Act et le programme pour PME/PMI, je mets l’accent sur la créativité,  l’innovation et la recherche, pour lesquels je prévois une défiscalisation (arbitrage de 50 à 60 000 euros).

Quels sont les secteurs que vous protégerez une fois au pouvoir ?
Je n’ai pas de secteur à protéger en particulier, mais si je dois privilégier un secteur, ce serait celui de la recherche. J’avoue que je n’ai pas encore pris d’orientation à ce sujet.

Les privatisations vont-elles se poursuivre si vous accédez aux fonctions suprêmes ?
D’abord, il ne reste presque plus rien à privatiser. Mais pour répondre à votre question, je me suis prononcé contre la privatisation de GDF. Par exemple, je trouve ridicule l’introduction d’innombrables numéros commençant par 118, plus compliqués, moins fiables et qui ont fait partir des emplois à l’étranger. Je défendrai les services publics de notre pays, comme, la Poste. Je veux de la concurrence, mais la cohésion sociale est aussi importante. Je me suis dressé seul contre tous pour défendre le dossier de privatisation des autoroutes. J’étais le seul à défendre les services publics, le PS n'était pas là. Le Parlement n’a même pas eu le droit de s’opposer à cette privatisation. Je veux changer cela. En fait, c’est le PS qui a fait toutes les privatisations, que l’on connaît. Alors, si on me demande si je suis à gauche sur ce point là, je réponds que «oui», je suis plus à gauche que le PS même.

Sur le plan salarial, quelle est votre préconisation chiffrée sur l’augmentation du Smic et celle des retraites ?
En ce qui concerne les retraites, je suis très attaché à ce problème des faibles retraites et des minima vieillesse. Car, je trouve intolérable qu’une veuve retraitée puisse ne recevoir que 640 euros de pension. Je propose donc un minima de 90% du SMIC en cinq ans.

Pensez vous que l’incident des émeutes de la gare du Nord soit fortuit ?
Je m’exprimerai sur le sujet avec prudence. Toutefois, si l’on mesure l’échec de la progression de l’UMP, il y a un choc depuis l’installation des lois Sarkozy. Cela a d’abord commencé par une dégradation de la situation par laxisme, ensuite par l’installation d’un sentiment de terreur. M. Jospin qui dit « il n’y a pas d’insécurité, mais un sentiment d’insécurité», je crois qu’il a raison, et le résultat ce n’est pas l’ordre, mais le désordre. Je le dis comme je l’ai toujours prôné, il faut rétablir l’état de proximité, pas seulement par la police de proximité, mais aussi par des services publics de proximité. Là où  faut de la fermeté, il faut aussi de la compréhension.

Propos recueillis par Rahma Rachdi



Publié le 13 Avril 2007

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Déclarations de F. Bayrou


Il a aussi dit :
À propos de la France
«La France traverse la crise la lus grave de son histoire récente, c’est une crise de confiance, une crise sociale, une crise économique, une crise démocratique» «C’est une crise d’une gravité sans précédent depuis la libération»
«Toutes mes mesures et orientations vont dans le même sens : reconstruire la confiance. C’est pourquoi elles sont toutes réalistes, crédibles et budgétées»
«On ne sortira pas de cette crise par la n ième alternance entre l’UMP et le PS»
«Il faut enlever le pouvoir aux appareils dominants et le rendre aux Français»

À propos de la campagne présidentielle
«Elle n’est pas impressionnante par son niveau» «C’est une campagne ouverte comme il n’y en n’a jamais eu» «Enfin on va être obligés de bouger les lignes  et comportements politiques» «Affronter à mains nues les deux partis qui tiennent la France depuis vingt cinq ans, avec leurs appuis économiques te médiatiques, ce n’est pas une partie de plaisir, croyez moi !»
«L’indécision augmente parce que les citoyens, réfléchissent à leur choix et c’est normal !»
«Le débat est un droit citoyen, c’est pourquoi je propose ouvertement que l’on organise un débat sur le web. J’en appelle à la force de blogueurs pour se mobiliser et organiser ce débat entre les challengers, que le CSA refuse ; je suis prêt pour ma part à affronter Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et Jean Marie le Pen, durant tout le temps nécessaire sur le net»

À propos de ses concurrents
«Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy s’invectivent . ça fait vingt ans qu’on a  ce climat politique de division  et affrontements perpétuels. Ce déclassement de la campagne a un caractère stérile, surtout quand il s’alimente d’injures».

À propos de la campagne présidentielle
«Je pourrais constituer mon gouvernement uniquement dans le Loir et Cher, ma terre d’élection»

À propos des sondages
«Ce qui serait bien c’est que les Français aient entre les mains la réalité brute qui sort des enquêtes des instituts de sondages»

À propos de sa présidence
«Les Français méritent un président de la République qui les rassure et donne un électrochoc tranquille à la République Française»

«Je suis le seul candidat à pouvoir réaliser une majorité stable pour la France. N. Sarkozy malgré ses 26% n’a pas d’alliés ; S. Royal avec ses 25% n’en a pas  non plus ; Eh bien moi je regrouperai les socialistes et les gaulliste pour former une grande majorité avec des alliances»

 
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