Margaret Armstrong et Alain Galli
professeurs responsables de l'option finance quantitative à l’Ecole des Mines de Paris
«Un élève sur dix choisit l’option finance»
(Easybourse.com) Quelle place l’école accorde-t-elle à l’enseignement de la finance et pourquoi s’est-elle positionnée sur ce secteur ?
C'est surtout un enseignement dans le cadre de la formation d'ingénieur, c'est-à-dire deux mois d'enseignements et quatre mois de projet en entreprise/banque/institutions diverses. En ce qui concerne la recherche, il s'agit d'une petite équipe de deux enseignants chercheurs, avec quelques thésards et post-doctorants, qui viennent des mathématiques appliquées et qui ont rejoint une équipe d'économistes. Pour se positionner sur un secteur, il faut que l'activité de recherche soit en prise avec le monde économique avec lequel on travaille essentiellement sous forme de contrats, qu'il y ait une demande pour placer les élèves ingénieurs et enfin, et c'est souvent le plus difficile, des porteurs de projet parmi les personnels de l'école.
Qu’est-ce que la finance quantitative ?
La finance quantitative traite de l'évaluation et de la couverture des produits dérivés tels que les options, futures, produits de taux et de change, et dérivés de crédit. Elle est aussi concernée par les problématiques de calcul de risques que doivent mettre en œuvre les banques depuis les régulations de Bâle. Enfin, utilisant le corpus méthodologique développé pour résoudre ces problèmes, elle s'intéresse aussi à la gestion de portefeuilles et à l'évaluation de projets d'investissement ou de recherche, voire d'entreprises, par des méthodes dites d'options réelles. Tout cela exige la maîtrise d'outils probabilistes avancés qui sont à la base de toutes les méthodes d'évaluation depuis les travaux de Black et Scholes en 1973.
L’ENSMP propose dix masters spécialisés mais pas un seul en finance. L’école envisage-t-elle de développer de nouveaux projets en ce sens ?
La création d'un master spécialisé en finance serait sans doute intéressante, mais pour le moment nous avons choisi de nous concentrer sur les enseignements liés à la finance à l'Ecole des Mines tels que l'option finance quantitative, le cours de Project Finance, et le cours d'introduction à la finance de marché sans oublier le cours de processus stochastiques qui est un pré-requis pour la finance quantitative. Par ailleurs, nous collaborons avec l'université de Paris X et ESCP-EAP à un nouveau master recherche qui débutera en octobre 2006.
Quelle est la part d’élèves choisissant l’option finance et à quels postes peuvent-ils prétendre à leur sortie d’école ?
La finance intéresse beaucoup d'élèves de l'Ecole des Mines. En général de dix à quatorze sont admis dans l'option finance quantitative, qui est une des dix-neuf options offertes, soit environ 10% des élèves de deuxième année. Ils peuvent prétendre à presque tous les postes en banque d'investissements et de marchés, avec une préférence pour des postes autour de l'ingénierie financière, comme les « quants », les traders exotiques, les structureurs, ou de la gestion des risques.
Quelles sont les principales qualités d’un ancien des Mines notamment comparé aux étudiants d’écoles de commerce ?
La réelle plus-value des élèves de l'ENSMP réside dans l'esprit même de l'enseignement qui assure un très bon niveau en mathématiques, physique et informatique ainsi qu’une compétence dans de nombreux domaines de la technique et de l'économie. Tout ceci allié au pragmatisme de l'ingénieur et à l'ouverture sur le monde extérieur. Les diplômés sont donc capables très rapidement d'analyser un problème complexe et de lui apporter une solution opérationnelle. Cette dernière caractéristique est particulièrement importante lorsqu'il s'agit d'élaborer de nouveaux produits pour lesquels la prime est au plus réactif.
Quelle place l’ENSMP accorde-t-elle à l’entreprenariat ?
C'est quelque chose qui est partout en toile de fond, tant en recherche que dans les différents cycles de l'école. Nous faisons partie de deux incubateurs et une trentaine d'entreprises ont été créées ces cinq dernières années, en général avec l'aide des laboratoires de recherche.



Master en Mathématiques statistiques à l’université de Queensland en Australie 

