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Interview

   

James Donald

Responsable de la recherche et de la gestion des actions émergentes au sein de Lazard Asset Management

«Il n'est pas pertinent d’être trop agressif sur les marchés émergents à court terme»

(Easybourse.com) On remarque que les pays les plus représentés dans votre portefeuille sont le Brésil et l’Afrique du Sud. Comment l’expliquez-vous ?
Notre processus d’investissement est strictement bottom up. Nous procédons à des investissements en fonction des fondamentaux des entreprises, non en fonction des fondamentaux des secteurs ou des pays.
Les critères sur lesquels nous nous appuyons pour prendre notre décision de placement intéressent la valorisation et la profitabilité (le ROE). Nous investissons dans des sociétés matures, avec si possible pas beaucoup de dette pour éviter le risque de crédit.

C’est à partir de la sélection des valeurs, que se dessinent des tendances au niveau des marchés dans leur ensemble.

Avez-vous pour autant une opinion s’agissant du marché des actions brésilien et sud africain ?
Fin octobre, si nous considérons les valorisations, le PER du marché brésilien représentait 14,4 fois les bénéfices, et le PER du marché  sud africain 15,8 fois les bénéfices, contre 19,1 fois pour l’ensemble des marchés émergents.
La profitabilité est parallèlement supérieure en moyenne à celle de l’ensemble des marchés émergents. Au 15 octobre, le ROE est de 15,3%  au Brésil, de 14,4% en Afrique du Sud contre 10,7% pour l’indice MSCI.

Quels sont les principaux risques sur ces marchés ?
Le prix des matières premières, l’évolution de la croissance mondiale, l’augmentation des taux d’intérêt.

Les taux d’intérêt sont inférieurs à 10% au Brésil, pour la première fois depuis près de 40 ans.

Le pays a établi un impôt de 2% sur transactions en actions et obligations dans le but de limiter la spéculation.

Parmi vos principales positions dans votre portefeuille figurent Banco do Brasil et Sanlam…
Banco do Brasil est une très importante institution détenue à plus de 50% par le gouvernement. L’établissement est doté d’un management très professionnel.
Son cours boursier est deux fois moins élevé que les autres banques privées du pays comme Banco Itau ou Banco Bradesco.  Son ROE est de près de 20%.
Banco do Brasil bénéficie par ailleurs d’une détention dans Previ, compagnie de gestion d’investissement et dans Visanet spécialisée dans les cartes de crédit.

Sanlam est le deuxième plus grand groupe d’assurance en Afrique du Sud dont les opérations sont très efficaces. Le management a été très prudent avec le capital. La valorisation est inférieure à celle des autres grandes compagnies d’assurance situées dans les pays émergents. Le ROE est d’environ 20%.

Nous avons augmenté notre exposition sur ces deux valeurs depuis le début de l’année.

Vous avez vendu récemment votre position dans CBRV. Pourquoi ?
CBRV  est la deuxième plus importante société de son secteur, dépassant Rio Tinto. Les prix d’acier et du nickel sont tombés cette année, entrainant une baisse du ROE. Cette société a qui plus est dû procéder à une augmentation de capital entrainant une dilution des actionnaires.

Votre style de gestion recouvre un caractère conservateur ?
Nos plus petites positions atteignent un niveau de 0,75% et nos plus grandes positions, 5%. Cela nous donne une certaine flexibilité pour ajouter des valeurs lorsque nous le désirons.

La capitalisation moyenne des valeurs dans lesquelles nous investissons est de plus de 300 millions de dollars. Actuellement nous ne sommes pas investis dans des sociétés ayant une capitalisation de moins de deux milliards de dollars.

Quel est l’objectif de performance du fonds ?
Notre objectif est de surperformer l’indice de 300 points de base, sur le long terme, c’est à dire 5 à 7 ans.

Il ne vous semble pas pertinent d’être trop agressifs sur les marchés émergents à court terme. Pourquoi ?
Il est très possible que nous voyons au cours des prochains trimestres une période de consolidation nous permettant d’acquérir de bonnes valeurs à des moindres prix.
Si nous considérons les valorisations à la fin de l’année dernière et à la fin du mois de septembre de cette année, nous constatons une énorme différence. Les valorisations absolues sont en moyennes plus élevées.

Propos recueillis par Imen Hazgui



Publié le 12 novembre 2009

Copyright © 2009 logo easybourse

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