Jason Pidcock
gérant au sein de Newton Investment Management, filiale du groupe Mellon
«Nous sommes positifs sur le marché du pétrole et des énergies alternatives en Asie»
(Easybourse.com) Que pensez-vous des tendances actuelles du marché asiatique?
Ils poursuivent leur tendance haussière de long-terme, menée par un mix de valeurs relativement bon-marché, par une forte croissance des revenus par action, par des devises en croissance et d’abondantes liquidités.
Nous entrons dans une phase plus mûre du marché asiatique haussier où l’on observe de la solidité sur tous les marchés, qui se reflète à travers la hausse de marchés isolés tels que Taiwan et la Thaïlande. Au niveau micro, on continue à trouver de la valeur à travers une large partie du marché et nous pensons que les valorisations élevées dans certains secteurs peuvent se justifier, étant donné la croissance importante de revenus que fournissent ces secteurs.
Nous sommes toujours conscients que tous les marchés en hausse peuvent donner lieu à des corrections soudaines et significatives, et étant donné l’état actuel de surchauffe du marché, on pourrait observer ce phénomène avant fin de l’année. Compte-tenu de notre vision positive à long terme, il est probable que toute correction serait temporaire. Dans l’ensemble, nous pensons que nous sommes à mi-chemin d’un marché asiatique le plus haussier de tous les temps.
Quels sont les sociétés ou les secteurs que vous privilégiez ?
Notre opinion de long-terme est que l’Asie n’est plus associée à la fameuse crise asiatique et qu’elle sera un des contributeurs les plus importants à la croissance globale du PIB pour les décennies à venir.
Etant donné la vitesse à laquelle l’Asie se développe, on observe une demande conséquente en infrastructures à travers la région, ce qui nous offre un grand nombre d’opportunités d’investissements, non seulement auprès des propriétaires d’infrastructures, mais également auprès des entrepreneurs, des fabricants d’équipements, des financiers et des fournisseurs de denrées et de matières premières utilisées pour la construction.
Cette progression s’avère unique pour deux raisons principales : d’abord, la construction de bâtiments pouvant accueillir plus de 2,5 milliards de personnes ne s’est jamais vue auparavant, deuxièmement la crise asiatique a mené à une décennie d’investissements en perte qui doit être rattrapée. Notre approche d’investissement thématique nous permet de comprendre ces changements stratégiques de long-terme plus vite que le marché, qui lutte continuellement pour bien évaluer la croissance potentielle au sein de cette zone.
Quelle sont vos perspectives sur le secteur de l’énergie?
Nous sommes positifs sur le marché du pétrole et des énergies alternatives en Asie. Premièrement, les investissements en Asie et la demande croissante de consommation impliquent que la demande d’énergie va continuer de surprendre positivement.
Deuxièmement, nous pensons que la production d’énergie mondiale sera inférieure aux attentes pour un certain nombre de raisons : des taux d’épuisement plus rapides que prévus dans les cultures les plus matures au sein des pays OPEC et non-OPEC, un manque d’investissement historique au sein du secteur pétrolier et des obstacles politiques dans les pays riches en pétrole. Ceci donne lieu à une production hésitante se traduisant par des prix plus élevés.
Nous anticipons donc que les cours du pétrole vont rester élevés et que la pénurie résultant des besoins d’énergie mondiale devra être compensée par différentes sources. Nous surpondérons le secteur du pétrole en Asie, et nos principales valeurs incluent Petrochina, CNOOC, Woodside et Santos.
Le second enjeu du secteur de l’énergie est à la fois le besoin de diversification énergétique et celui d'une énergie plus verte et plus propre. Le premier est pris en charge par des organismes sous influence politique pour réduire la dépendance au pétrole. Le second est géré par des gouvernements occidentaux qui exposent progressivement des cibles mandatées pour produire de l’énergie verte et émettre des crédits de carbone.
Dans des pays développés comme la Chine, nous observons que l’impact de la pollution sur l’économie est si élevé qu’ils sont forcés d’investir dans de l’énergie plus verte. Pour en tirer parti , nous avons investi dans la plus grande éolienne en Inde, Suzlon Energy, dans Harbin power (un fabricant de générateurs de puissance nucléaire) et Silex, une société australienne qui dispose d’une technologie d’enrichissement d’uranium avancée, ainsi que dans des investissements solaires.
Propos recueillis par I.H.



Depuis 2004 : responsable de la gestion de fonds au sein de Newton Investment Management Ltd

