Jean-Marc Boyer
délégué général de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA)
«L’assurance est le premier financeur de l’économie française»
(Easybourse.com) Quelles sont les qualités requises pour être un bon professionnel dans le cadre de la profession que vous représentez?
La FFSA (Fédération française des sociétés d'assurances) représente une grande variété de professions qui ont trait au commercial, à la gestion, à la technique. Ces métiers font appel à des qualités spécifiques. Ainsi, le commercial devra savoir être à l’écoute des gens et montrer de l’empathie. Le gestionnaire qui doit faire face à une masse importante d’informations au quotidien devra faire preuve de rigueur. Le technicien, quant à lui, devra avoir une appétence pour le domaine économique et social, et une large ouverture d’esprit.
Quels sont les enjeux actuels liés à la profession ?
La profession n’est pas confrontée au problème de la concentration des entreprises, contrairement à d’autres. Le nombre de professionnels reste relativement stable, avec près de 200 000 personnes et une croissance de l'acitivité de l’ordre de 10%.
Cependant, nous devons faire face à d’autres enjeux macro économiques. L’assurance est le premier financeur de l’économie française. Il faut par conséquent préserver l’assurance et les assurés. Favoriser le développement de l’assurance et innover en matière d’offre, notamment au regard de la prévoyance santé et de la retraite parait fondamental. Par ailleurs, il faut garantir l’assurabilité, c'est-à-dire la possibilité de pouvoir assurer les gens afin de permettre à la profession de travailler correctement. La prévention, la promotion du développement durable et le maintien d’une stabilité juridique pour éviter la dérive jurisprudentielle jouent un rôle très important. Enfin, on doit s’efforcer d’établir un cadre économique favorable afin d’éviter la hausse des prélèvements sociaux et fiscaux, de préserver une équité en matière de concurrence entre les acteurs et de poser des règles prudentielles vivables.
Quelles sont les dernières prises de position de l’association, quel est votre code de déontologie ?
Nos prises de position sont généralement des réponses aux évènements marquants de l’actualité.
Ainsi, nous nous sommes prononcés concernant les prélèvements sociaux sur les multi supports, la responsabilité civile médicale, l’assurance des emprunteurs pour les personnes présentant des risques aggravés.
Par ailleurs, l’association a un recueil déontologique dans lequel sont inscrits 22 engagements qui intéressent des domaines divers comme la confidentialité des informations médicales, la protection juridique, la médiation. Les exigences de cette déontologie tendent à se renforcer au fil de l’adoption des directives, des décrets et des conventions.
Parmi les nouveaux points, la bonne information du client, notamment sur les risques de volatilité en hausse et en baisse dans le cadre de la conclusion d’un contrat d’assurance vie multi support.
Sur quelles problématiques portent vos travaux actuels ?
Au sein des groupes de travail, les réflexions concernent surtout les projets de loi. Actuellement, ceux qui attirent notre attention concernent la participation, la consommation et le financement de la Sécurité sociale.
Par ailleurs, nous nous intéressons au programme politique des différents partis et nous efforçons de mettre en avant les mesures qu’il conviendrait de prendre dans le domaine de l’assurance.
Sur un plus long terme, nous travaillons également sur le projet relatif à la solvabilité des assurances au niveau international et sur la directive prévue pour 2009 au niveau européen.
Quid des conférences et colloques 2006 ?
Parmi les rendez vous importants, nous pouvons citer les Entretiens de l’assurance qui se tiennent cette année les 11 et 12 décembre et réunissent près de 3000 personnes ainsi que les Rendez-vous de Monte-Carlo les 11 et 12 septembre.
Quels types de formations dispensez-vous et à qui s’adressent-elles ?
Les formations sont principalement dispensées dans le cadre du Groupe Ecole nationale d'assurance dont nous sommes la principale source de financement. Celle-ci compte différentes structures : l’Enass, l’AEA et l’ADAP. En outre, nous soutenons d’autres formations au sein des universités. L’ensemble de ces formations est destiné aux étudiants ainsi qu'aux professionnels.
Disposez-vous d’un bureau à l’international ou d’un partenariat avec vos homologues étrangers ? Si oui, qu’est ce qui a motivé votre choix ?
Tout d’abord, l’association fait partie de la structure spécifique au niveau de l’Europe, le Comité européen des assurances. Nous entretenons également des contacts internationaux avec les Etats-Unis, l’Afrique, et l’extrême orient.
Les objectifs sont différents suivant les zones. Avec nos homologues européens, c’est un travail à plein temps qui consiste à négocier des directives. Avec les Etats-Unis, c’est une guerre économique et les négociations sont lourdes et dures. En Afrique, la coopération est plus ou moins approfondie selon les pays. Enfin, en ce qui concerne l’Asie, on a réussi à nouer de véritables partenariats avec la Chine et le Japon mais nous n’en sommes qu’à une simple coopération avec le Vietnam.
Combien d’adhérents à l’association ? Quelles sont formalités d’inscription ?
La FFSA compte un peu moins de 300 entreprises adhérentes. Ces dernières ont le choix d’adhérer par deux voies soit via la fédération des sociétés anonymes, soit via la fédération des sociétés mutuelles.
Au-delà des membres directs, l’association entretient des relations avec des partenaires en matière de gestion de certains dommages, d'institution de prévoyance ou encore d'assurance maladie.



Polytechnicien, actuaire et diplômé de l'Ensae.

