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SOITEC

SOI - [ISIN FR0004025062]

Cours : 9,541 €   Variation : -4,11%
Marché : Euronext Paris (temps différé)
   

Jean-Marc Dubreuil

directeur général d'Intel France

«Nous concentrons notre attention sur Internet dont nous cherchons à rendre possible l’accès n'importe où, n'importe quand»

(Easybourse.com) Vous avez récemment lancé une nouvelle puce 45 nm, « high k » et à base de hafnium. Dans quelle logique s’inscrit cette nouvelle invention ?
Pour répondre au changement de l’environnement et des besoins en terme de développement de produits, nous avons amorcé en 2003 la technologie Centrino.
Nous sommes partis d’un certain nombre d'analyses faites auprès des utilisateurs de PC et de portables. Jusqu'alors nous focalisions le développement de nos produits comme les processeurs type Pentium 4 sur la performance.

Les enquêtes réalisées ont révélé deux autres éléments importants à prendre en considération : le poids et l'autonomie. Cela a donné naissance à l'architecture Core et à la nouvelle technologie Xeon pour les serveurs.

Au-delà de l’aspect produit, nous avons fait évoluer nos processus de fabrication. C’est ainsi que nous avons lancé dernièrement une nouvelle technique de gravure d’une finesse de 45 nanomètres (nm).
Les processeurs ainsi créés sont destinés à être plus puissants, plus économes en énergie et plus respectueux de l’environnement (les nouveaux processeurs 45 nm sont tous 100 % sans plomb). Ils autoriseront également une réduction de 25 % de leur taille, ce qui réduira leur coût de production. Cette prouesse technique se traduira concrètement par des ordinateurs plus rapides et plus compacts et pour l’informatique nomade, par une meilleure autonomie sur batterie.

D’après vous, quelle sera la prochaine « kill application » ?
Nous concentrons véritablement notre attention sur Internet dont nous cherchons à rendre possible l’accès n'importe où, n'importe quand.
Une grande frustration chez les utilisateurs des appareils dédiés à l'utilisation d'Internet réside dans l’impossibilité d’accéder aux sites Web auxquels ils ont normalement accès parce qu'ils se sont développés sur des environnements complètement propriétaire.
Nous avons pour ambition de développer une seule architecture qui pourra être déployée au niveau de l'ensemble des applicatifs.

Nous annoncerons, au cours de la première moitié de l’année 2008 tout une série de nouveaux produits et technologies dédiée aux produits mobiles de petite taille (type assistant personnel).

Vous avez signé récemment des partenariats avec le franco-italien STMicroelectronics. En quoi consiste-t-il ?
L'accord avec STMicroelectronics s’explique par notre activité dans les mémoires flash. Il y a deux segments très différents dans ce marché. Le segment du marché de la donnée, les flash nand, qui concerne les ipod, les appareils MP3, les disques durs statiques. Sur ce marché, nous avons créé une joint-venture avec Micron.

De l'autre côté il y a un autre marché des mémoires Nor. Ni ST, ni nous-mêmes n'arrivions à en faire un marché sur lequel nous étions bénéficiaires. Nous avons alors décidé de créer une société commune qui en tirant profit des économies d'échelle, des synergies en recherche et développement, et en processus de fabrication aura vocation à être dans une bien meilleure position pour créer les bons produits par rapport à ce type de marché. Il s'agit donc d'un partenariat très important d'un point de vue stratégique. La commission européenne et la FTC américaine ont donné leur accord pour la création de la société. Celle-ci devrait voir le jour en 2008.

Vous participez à l’initiative de Google dans le domaine de la téléphonie mobile, baptisée Android. Quel sera votre rôle ? Ne représente t’elle pas une menace pour votre alliance avec Microsoft dans ce domaine ?
L'architecture Intel est celle où il y a le plus d'applicatifs développés et l’environnement Microsoft et Google tourne sur notre architecture. Nous sommes donc dans une logique de  complémentarité. Nous saisissons les opportunités là où elles existent.

De plus notre participation à cette initiative rejoint l’un de nos grands objectifs à savoir proposer une expérience de l’internet mobile bien supérieure à celle d’aujourd’hui.

Assisterons-nous à une revalorisation des prix de vente moyens de vos processeurs au regard de la forte demande mondiale ?
Si nous regardons les résultats du troisième trimestre, nous avons eu des revenus record notamment liés aux livraisons importantes de nos processeurs.
L’augmentation du prix moyen de ces derniers s’explique par la valeur perçue  par les utilisateurs de notre nouveau mode de conception et non par une pénurie potentielle.

Pourtant certains constructeurs se sont plaints qu’Intel ne réponde pas à leur demande ? 
Ils n’avaient pas forcément prévu qu’il y aurait une demande explosive. Les chiffres du cabinet Gartner prévoyaient une croissance de 10% du marché du PC. En France l’augmentation du marché a été de 18%. Il n’y a aucune industrie au monde à même d’absorber une différence entre les prévisions et la croissance avérée de plus de 10 points surtout pas une industrie comme la notre qui nécessite des investissements de 2/3 ans.

Nous avions prévu une croissance du marché au-delà des chiffres de Gartner de manière à pouvoir fournir en quantité suffisante. Mais nous n’avions pas prévu une croissance aussi forte. Entre temps nous avons tout de même réussi à avancer beaucoup de livraisons entre le 3ème et le 4ème trimestre.
Nous essayons par ailleurs d’améliorer au quotidien la quantité des produits que nous pourrions livrer.

Sur le front des acquisitions, vous avez regardé les dossiers ATI puis Nvidia sans donner de suite. Pourquoi avoir laissé passer ces opportunités ?
Nous avons évalué par rapport à notre cœur de métier si ces acquisitions faisaient sens. Nous sommes parvenus à la conclusion que nous avions les compétences pour nous développer en interne.

Est-ce qu’Intel reste à l’affût d’acquisitions ?
Nous ne sommes pas réellement au courant des projets d’acquisition. Les informations sont bien gardées dans le but d’éviter des positions d’insider. La direction souhaite en ce sens éviter toute spéculation.

Ce que nous pouvons dire c’est que nous regardons de manière constante où il est possible d’investir dans le but de soutenir notre cœur business. Un des derniers investissements importants (de 218,5 millions de dollars) a été effectué dans VMware. Intel a souhaité ainsi renforcer sa présence dans une technologie fondamentale : Virtualisation* pour les serveurs. Il y a de plus en plus besoin de données, le trafic des données augmente jour après jour donc il y a un besoin de réduire la taille des serveurs, et d’augmenter leur capacité.   

Au demeurant, il y a lieu de rappeler que nous n’investissons pas forcément en achetant des sociétés. Nous avons un des plus gros capital risker au monde, Icap qui nous permet de supporter des sociétés qui vont ensuite développer des activités sur notre architecture.

Un commentaire sur votre intérêt supposé pour le français Soitec ?
Nous avons des technologies totalement différentes. Soitec a pour cœur de métier les galettes de silicium* utilisant notamment la technologie SOI ou Silicium sur Isolant. Nous avons développé des technologies utilisant de l’hafnium, notamment sur le 45 nm, « high k».
Donc nous avons fait notre propre développement interne par rapport à nos besoins spécifiques technologiques. 

Comment réagiriez-vous face à une OPA d'un fonds ou d'un concurrent sur AMD ou STMicroelectronics ?
Que ce soit par rachat suite à une OPA, ou suite à une opération réalisée par un capital risker,  AMD continuera d’exister. Ce sont un de nos principaux concurrents et nous les respectons.

S’agissant de STMicroelectronics, dans le cadre de l’accord de partenariat que nous avons conclu sur la création de Numonyx, des décisions ont été prises en ce qui concerne le type d’investissement et d’usine, ainsi que le nombre de personnes donné par chaque société.

Sur le plan économique, le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis aura-t-il un impact significatif sur vos performances ?
Intel est depuis très longtemps une société globale. Un tiers de nos activités se déroule en Amérique, un tiers en Europe et le reste en Asie-Pacifique et au Japon.
Qui plus est, le ralentissement économique aux États-Unis a lieu depuis longtemps. La crise des subprimes à plus d'un trimestre. Pour autant le marché du PC qui est notre principal marché n'a pas ralenti.
Enfin, nous développons des produits qui ont vocation à nous permettre de pénétrer de nouveaux marchés. Nous visons le prochain milliard d'utilisateurs : les marchés émergents et des marchés complètement innovants.

Quid de votre activité en France et de vos perspectives ?
Nous sommes très contents de la dynamique du marché français à l’heure actuelle.  Nous avons vu une accélération du taux d'équipement du PC. Ce dernier devient de plus en plus personnel et nous notons une explosion du marché du PC portable de l’ordre de 50% d’une année sur l’autre.

Cette évolution a été permise par un certain nombre de facteurs : une volonté gouvernementale à laquelle nous avons participé avec le programme portable pour les étudiants, la volonté d'avoir Internet pour tous les foyers avec un accès aux larges bandes ADSL globalement sur toute la population française à des prix largement inférieurs à certains autres pays.

Nous ne sommes plus dans une réflexion est-ce que je veux un PC mais quel type de PC est ce que je veux ?

Nous avons donc une vision très optimiste.  Les opportunités sont plus importantes que sur d'autres marchés comme les pays nordiques qui sont des marchés de remplacement.
 
La restructuration de la société a impliqué des licenciements massifs. 3000 suppressions d’emplois sont envisagées d'ici la fin de l'année ?
Il est toujours plus facile de prendre des décisions sur l’organisation de la société lorsqu’elle est en bonne santé. Il faut que la société puisse répondre au marché de demain. Les réactions ou les mesures à prendre peuvent être beaucoup plus drastiques quand la société se trouve en situation de difficultés. Le marché évolue, les demandes de nos clients également, la concurrence est différente.
Au-delà, la société prend en considération les personnes lors de leur départ. Il y a des concertations, les dossiers sont étudiés en amont, les employés ont des formations, des trainings, des suivies médicaux, des compensations financières…

Le mot de la fin pour vos actionnaires ?
Intel est une société d'ingénieurs au départ qui a basé son succès sur ses produits, ses usines, son marketing, sa capacité à s'adapter à l'environnement, au marché. Nous avons démontré au cours de ces deux dernières années notre possibilité à transformer la société. Nous avons changé 100 % de la ligne de produits Nous ne vendons plus aucun produit que nous vendions il y a un peu plus d'un an.
Aujourd'hui, la société pèse près de 40 milliards de chiffres d'affaires en dollars. 10 milliards d'investissements par an.
Le processus d'adaptation est continu. Nous avons pour objectif de faire croître les bénéfices plus rapidement que les revenus.

Propos recueillis par Imen Hazgui

 

NB :

*La virtualisation est une technologie intégrée dans la majorité des microprocesseurs d’Intel qui permet dans un seul serveur d’utiliser plusieurs systèmes d’exploitation simultanément. Ainsi l’on peut faire tourner un serveur de fichier, un serveur web, un serveur de mail tous ensemble sur un même et unique serveur)

*Les galettes de silicium ou disque de silicium sont le support sur lequel vont être créés les processeurs et dont dépend presque exclusivement la qualité des transistors. De leur qualité va découler de nombreux paramètres pour les processeurs dont leur capacité à fonctionner rapidement (souvent exprimé en fréquence) et le dégagement de chaleur du processeur. Mais bien d’autres critères techniques dépendent de la qualité des galettes de silicium)



Publié le 16 novembre 2007

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Son parcours


En 1990, Jean-Marc Dubreuil rejoint Intel où il occupe successivement les fonctions d’ingénieur d’application, d’ingénieur commercial et de responsable grand compte.

En 2000, il rejoint l’équipe marketing d’Intel North America en Californie en tant que responsable marketing CPU Desktop et Notebook, avant de revenir, en 2002, en Angleterre en tant que responsable des opérations – activité PC - pour Intel EMEA.

Le 1er Juin 2006, il est nommé directeur général d’Intel France.

Jean-Marc Dubreuil est diplômé de l'Ecole supérieure d'ingénieurs en électronique et électrotechnique (Esiee).

 


Pour consulter notre dossier semi-conducteurs, cliquez ici.

 

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