Recevez
la newsletter

Interview

   

Jean-Marie Dragon

Directeur Marketing Argent au Quotidien à la Direction Marketing de La Banque Postale

«Le choix qui a été fait en France autour du mobile est de dire ‘chacun son métier’»

(Easybourse.com) Retrouvez notre dossier en deux volets sur les nouveaux moyens de paiement en cliquant sur les liens suivants :
-
Paiement par mobile : un marché en pleine effervescence
- Nouveaux moyens de paiement : un business model viable ? 
-
Reportage vidéo

Quels enjeux représentent les nouveaux moyens de paiement pour les banques, notamment en matière de positionnement ?
Les enjeux sont surtout concentrés autour de la dématérialisation des moyens de paiement -en référence aux espèces d’abord, puis aux chèques-, de l’accélération de la circulation des flux financiers et, d’un point de vue du positionnement, de la confirmation du rôle des banques dans la gestion des moyens de paiement.

Tout cela dans un contexte où le marché  tend à s’ouvrir sous l’effet naturel de la concurrence et la volonté du régulateur de faciliter l’arrivée de nouveaux entrants.

Il est prévu pour fin 2009, de créer au niveau européen le statut d’Etablissement de Paiement. Or les règles prudentielles et de garantie financière qui s’imposent aux banques ne seront pas les mêmes pour ces nouveaux Etablissements de Paiement… N’y-t-il pas un risque de régulation insuffisante et de concurrence déloyale ?
La loi est ce qu’elle est, ensuite ce sera sans doute au régulateur de mettre en place les moyens de contrôle pour s’assurer que les nouvelles structures qui vont être amenées à naître, et notamment les établissements de paiement, assurent les prestations dans les conditions exigées par la loi.

Les banques sont des gestionnaires de comptes, alors que les moyens de paiement ne sont finalement qu’un accès aux comptes. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, les moyens de paiement dans le sens où on les entend, sont outils mis à disposition des clients pour gérer leurs comptes.
 
Or demain, il y aura des établissements de paiement qui ne gèreront pas des comptes courants mais des comptes techniques ou autre, et de ce fait, ils ne pourront assurer leurs engagements et leurs garanties qu’à hauteur de ce qu’ils ont sur ces comptes techniques.

Nous ne sommes pas tout à fait sur le même périmètre, mais ce qui est certain, c’est que nous avons des règles prudentielles extrêmement fortes au niveau des banques, qui apportent donc de vraies garanties.

Cela étant, est-ce que les garanties prévues actuellement dans le cadre de la mise en place de la DSP couvriront les risques, c’est l’histoire qui le dira. Notamment s’ils proposent du crédit.

Si des dérives ou des défauts étaient constatés, il appartiendra au régulateur de disposer des moyens pour contrôler le respect des règles qu’il a mises en place et de prévoir les sanctions correspondantes.

La France vous parait-elle en avance ou en retard par rapport à ses voisins européens, en particulier dans le sans-contact ?
Globalement nous ne sommes pas en retard, et nous avons surtout l’avantage d’avoir travaillé sur la partie standardisation, qui est souvent la première brique. Ce n’est pas forcément la meilleure façon pour être visible de suite, mais dans le temps c’est probablement ce qui garantit le plus de pérennité aux différentes structures susceptibles d’investir dans ce domaine-là.

C’est-à-dire que si jamais chacun part dans son coin, on arrive à des solutions différentes qu’il faut ensuite soit interrompre soit faire converger, ce qui coûte toujours très cher. En France, on a pris le parti, notamment sur tout ce qui est mobile, de travailler avec l’ensemble des acteurs qui sont référents sur ce domaine-là, à tous les niveaux, de sorte à avoir une  réelle plateforme technique normalisée.

A partir de là, nous devrions tout d’abord avoir des modèles économiques et industriels plus facilement atteignables, et puis l’enjeu ne se jouera pas sur les standards techniques mais véritablement sur la valeur ajoutée que chacun sera capable d’offrir en termes de services.

Les critiques se portent surtout sur le modèle économique des nouveaux moyens de paiement…
Si on parle de nouveaux moyens de paiement sans contact sur la carte uniquement, certes, il y a un surcout au niveau du support carte et aussi dans nos règles de gestion en termes d’investissement, mais globalement, on en attend quand même une augmentation des volumes.

Ensuite, concernant le paiement sans contact porté sur téléphone mobile, cela fait partie des discussions que nous avons actuellement avec chacun des opérateurs de téléphonie, afin de voir quels accords bilatéraux nous pourrons avoir entre nous, à la fois pour la gestion et l’hébergement de l’application bancaire dans la carte SIM, et ensuite, jusqu’où on va en termes de services qu’on leur demande, notamment dans la phase de distribution, d’assistance de nos clients communs…

Il y a donc plusieurs niveaux de coopération possibles qu’il faut réussir à valoriser, et c’est que nous essayons de faire…

Il existe dans les pays émergents, notamment en Afrique et en Asie, des modèles qui fonctionnent (M-Pesa au Kenya, solution SMART MONEY aux Philippines etc.). Etant donné ces modèles déjà existants, vers le quel d’entre eux pourrions nous tendre en France ?
Je pense que nous sommes un peu au milieu de tout ça, dans la mesure où il s’agit de marchés avec des maturités et des organisations très sensiblement différents.

Le choix qui a été fait en France autour du mobile est de dire «chacun son métier». Autrement dit, la banque fait de la banque et l’opérateur fait de l’opérateur.

D’un point de vue technique, l’opérateur, de part son métier, prend un premier niveau de service pour le compte de la banque puisque c’est lui l’interlocuteur de niveau 1 naturel du client en cas de problème. Nous sommes donc plutôt partis sur cette logique-là, mais cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas de dérives par la suite. Nous sommes actuellement partis sur un modèle coopératif.

Tout cela bien sûr avec un contrôle bienveillant de la Banque de France qui doit garantir la sécurité des paiements en France.

De là effectivement, le CIC avec Energie Mobile, si jamais ils décidaient d’avoir une offre totalement intégrée, et jusqu’au mobile banking, ils seront à ce moment-là beaucoup plus autonomes dès lors que sur la partie paiement, ils respectent les standards et les normes qui ont été définis.

Or le risque est surtout là concernant les pays émergents, puisque ça dépend du niveau de sécurité des systèmes. Sur les marchés matures, il y a évidemment des exigences de sécurité très fortes parce qu’il y a derrière des risques systémiques qui peuvent s’avérer très importants. Sur des marchés moins matures, on cherche souvent à asseoir d’abord le produit et le mode de fonctionnement, et au fur et à mesure que le risque se développe, on réagit pour le contrer… Finalement, on adapte la sécurité en fonction des enjeux réels des montants qui se trouvent dans les tuyaux.

En France, forcément, si on part là-dessus avec tous les opérateurs et toutes les banques, on a nécessairement un niveau d’exigence et de sécurité maximum.

Peut-on espérer à terme que les frais bancaires diminuent ?
Le coût des services bancaires aujourd’hui augmente au global avec le développement de l’offre de service mais diminue également en fonction des lignes… Sur les moyens de paiement, la baisse se fait sentir. La Banque Postale a toujours eu une politique raisonnable en la matière.

Tout ça pourrait donc amener à une compétition à la baisse… Ensuite, et c’est le cas notamment pour le paiement sur mobile, la question va être quelle capacité avons-nous à challenger les trois opérateurs télécoms sur leurs prix pour les prestations qu’ils nous offriront.
 
Propos recueillis par N.S.



Publié le 29 Juin 2009

Copyright © 2009 logo easybourse

Partager sur:


Partager sur Blogger Partager sur Delicious Partager sur Digg Partager sur Facebook Partager sur Furl Partager sur Linkedin Partager sur Myspace Partager sur Twitter Partager sur Technorati Partager sur Viadeo
CAC 40 3 729,36 Pts -0,82%

Palmarès

DANONE 41,30 € +1,57%
AIR LIQUIDE 78,20 € +0,64%
VEOLIA ENVIRO 23,08 € +0,54%
SOCIETE GENER 47,43 € -2,73%
UNIBAIL-RODAM 152,25 € -2,81%
STMICROELECTR 5,58 € -3,46%
Découvrez l'offre de courtage EasyBourse

Les dernières tendances

Paris

Liste des valeurs suivies vendredi à la Bourse de Paris, où le CAC 40 a clôturé en baisse de 0,82% à 3.729,36 points. Sur la semaine, l'indice a perdu 2,01%. * TOTAL (-1,38% à...

Wall Street

Les valeurs américaines ont fini en baisse vendredi pour la troisième séance d'affilée, les investisseurs anticipant une reprise économique anémique après les résultats jugés...

Tokyo

La Bourse de Tokyo a clôturé vendredi à un plus bas de quatre mois, affichant sa quatrième semaine de recul d'affilée, la plus longue série de baisses depuis septembre-octobre...

Devises

Le manque d'appétit pour le risque sur les marchés mondiaux profite au dollar et au yen en Europe vendredi.
Ce climat...

Pétrole

Les cours du pétrole ont à nouveau fini en baisse en parallèle aux prises de bénéfices sur les marchés d'actions. Sur le New York Mercantile Exchange, le contrat décembre sur le...

Taux

Les prix des emprunts d'Etat de la zone euro sont en légère baisse vendredi, alors que la Banque centrale européenne a fait un premier...