Josette Guéniau
Directrice Générale de SwissLife Prévoyance et Santé
«Les Avantageuses, un produit à un tarif très compétitif : à partir de 1,50 € par jour»
(Easybourse.com) Qu’est-ce-qui vous a donné l’idée de créer cette nouvelle gamme de produits, les Avantageuses ?
Nous sommes partis du constat selon lequel ces cinq dernières années, la prime moyenne de l'assurance santé pour les ménages avait augmenté de 50 % alors que globalement les revenus et notamment les salaires n'ont pas suivi ce rythme. Cela a eu pour conséquence que dans certaines familles telles que les familles monoparentales, les complémentaires santé ont commencé à peser très lourd. Des enquêtes ont révélé une part non négligeable de personnes qui résilient pour ne plus s’assurer.
L'idée était alors de revoir la structure tarifaire des nos produits afin de cibler les familles à faible revenu et leur permettre d'accéder à des garanties de base sur tous les postes de soins, ainsi qu’à un accompagnement en terme de prévention efficace.
Selon vous, aujourd’hui un assuré a de plus en plus tendance à se conduire comme un consommateur. Qu’est ce que cela signifie ?
Cette réalité sous-tend l'ensemble de notre stratégie et politique produit en assurance santé individuelle. Cela ne renvoie pas au rapport qualité/prix dans l'absolu comme nous pouvons le concevoir habituellement. Le rapport qualité-prix est appréhendé dans un certain mode de consommation. C’est la part du budget qu'une personne veut ou peut y consacrer.
C’est à partir de ce constat que nous avons décidé de segmenter nos offres. En l'occurrence les Avantageuses sont destinées à des familles modestes qui aujourd'hui ne peuvent plus augmenter leur budget consacré à la complémentaire santé.
Sur quel point envisagez-vous d'insister pour la commercialisation de ce produit ?
Essentiellement sur le prix. Ce qui caractérise les Avantageuses c'est une qualité de service associée à un tarif très compétitif, à partir de 1,50 € par jour pour une famille dont les parents sont âgés de 25 ans et ayant un enfant.
Vous partez du constat selon lequel les dépenses de santé pourraient considérablement augmenter d'ici 2020 ?
Les dépenses de santé d'une part mais surtout ce qui reste à la charge des familles. L'augmentation a déjà eu lieu et aura tendance à se poursuivre dans les années à venir notamment en raison du désengagement progressif de la sécurité sociale et du vieillissement de la population.
Quelle est votre ambition pour ce produit ?
Notre première ambition c’est d’offrir à nos assurés actuels, qui ne peuvent plus faire face à la hausse du prix des cotisations, un produit approprié à un prix qui leur convienne. Ensuite, nous souhaitons conquérir des parts de marché sur cette cible précisément. Aujourd'hui, cela représente la majorité de la population française assurée en santé individuelle.
Les Avantageuses sont la deuxième offre segmentée que vous lancez après les Astucieuses qui existent depuis environ six mois. Quel est leur succès à l'heure actuelle ?
Il est assez modeste. Ceci s'explique par le fait que notre offre produits ne couvre pas encore tout le spectre des comportements de consommation de santé. À ce sujet, nous sommes sur le point de sortir d’autres produits répondant à des typologies différentes : le crédit santé et une offre senior. Concernant le produit crédit santé, l'idée est d'offrir à nos assurés un mode de financement de leur reste à charge sur leurs importantes dépenses de santé à des conditions de crédit très avantageuses : soins dentaires, appareillages. Le produit devrait sortir à la mi-juin. L’offre senior, qui comme son nom l’indique est destinée à répondre plus spécifiquement aux besoins des personnes de plus de 60 ans, devrait quant à elle sortir en septembre.
Par ailleurs, il est à noter que nous connaissons en ce moment une courbe d'apprentissage de nos réseaux de distribution qui doivent également modifier leurs comportements
De quelle manière envisagez-vous de renforcer cette courbe d'apprentissage ?
Nous avons eu la chance de tomber en plein milieu de la réforme sur l’intermédiation avec le renforcement des obligations de conseil des distributeurs. Quand un client choisit un distributeur et décide d'opter pour un produit d'assurance, le distributeur doit démontrer qu'il a bien proposé à son assuré une palette de produits qui lui convient en tant que telle.
Nos produits très ciblés répondent à cette obligation. Nous pensons que cela aura un impact positif.
Propos recueillis par I.H.



1985 : HEC 


