Nicolas Fellmann
directeur financier de BioAlliance Pharma
«2007 est une année de transition»
(Easybourse.com)
Nous avons dégagé un résultat d’exploitation négatif l’an dernier. Nous avons eu une grosse activité de R&D, ce qui a engendré une importante consommation de cash. La société était dans une phase où elle ne générait pas de revenus.
2007 est une année de transition. Celle-ci se caractérise par la signature d’un accord de joint-venture à 50/50 avec Spepharm, pour la commercialisation du Loramyc® (traitement des candidoses oropharyngées chez les patients immunodéprimés – cancer, VIH -, ndlr) en Europe via l’entité commune SpeBio.
Au regard de cet accord et du lancement de la commercialisation du Loramyc®, en France cette année, puis en Europe l’année prochaine, nous attendons pour cette année un chiffre d’affaires d’au moins 3 millions d’euros.
On commence à voir les spécificités de notre business model, car rappelons-le, BioAlliance est une «specialty pharma», dont les choix de développement font que les risques et les coûts de développement sont limités, grâce à des produits innovants conçus à partir de principes actifs déjà reconnus sur le marché.
Nous bénéficions de certaines réglementations spécifiques, comme l’enregistrement Fast Track (enregistrement accéléré pour les maladies sévères, ndlr) ou encore comme la désignation de médicament «orphelin» qui autorise un seul essai pivot avant l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché.
Votre titre est malmené depuis le début d’année…
C’est difficile d’expliquer les mouvements de notre titre, sans aller jusqu’à citer l’ «exubérance irrationnelle» d’Alan Greenspan (l’ancien président de la Fed, ndlr).
Notre modèle met un peu de temps pour être compris. Nous ne sommes pas dans la case traditionnelle des sociétés de biotechnologie qui font des accords avec des «big pharmas». Il faut l’expliquer et l’expliquer encore.
Concernant le Loramyc®, quelle est, en nombre d'individus, la population concernée en Europe ? Cette population est-elle exactement la même que celle traitée actuellement par le Daktarin, gel buccal 2% de Janssen, le produit concurrent ?
Nous ne raisonnons pas en terme uniquement européen, mais plutôt au niveau mondial. C’est un marché de niche qui représente 350 millions d’euros et nous estimons le potentiel du produit à 150 millions d’euros.
Quant au Daktarin®, il nous a servi de benchmark lors de notre premier essai clinique. La différence entre le Loramyc® et le Daktarin® tient dans les modalités du traitement. Le Daktarin® nécessite d’être pris 4 à 6 fois par jour, alors que le Loramyc® ne nécessite qu’une seule prise.
C’est un médicament plus simple à administrer et qui est totalement adapté à la population visée.
Quelle est la taille des marchés des trois molécules dont vos recherches sont en phase III ? Quelle est la part de ces marchés que vous comptez occuper grâce à vos produits ?
Comme vous venez de le spécifier, nous avons trois produits en phase III pour lesquels nous devons prouver leur efficacité. Pour ces trois molécules, nous ciblons des marchés de niche, à ceci prêt que le Lauriad® peut espérer toucher un marché plus vaste, celui de l’herpès labial, en étant vendu sans prescription.
Propos recueillis par Marjorie Encelot et Nicolas Sandanassamy
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