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Interview

   

Sébastien Legoff

Responsable de la multigestion au sein de la filiale Asset Management de la Banque Delubac & Cie.

«Investir sur les marchés émergents est pour nous une stratégie gagnante sur le long terme»

(Easybourse.com) Pourquoi avez-vous choisi de mettre en place des fonds de fonds dédiés aux BRIC?
La Banque Delubac & Cie, fondée en 1924, présente la singularité d'être l’une des rares banques françaises encore réellement indépendantes aujourd'hui. Cette différence, elle tient aujourd’hui à la prolonger dans une approche inédite de la gestion qui offre aux investisseurs un potentiel de performance particulièrement attractif à travers une gamme de fonds de fonds unique en son genre.

Nous avons ainsi développé une gamme de fonds de multigestion inédite reflétant notre forte conviction sur le potentiel de performance des marchés actions des pays émergents, une tendance de fonds qui reflète la contribution croissante de ces pays à la croissance mondiale.

Notre gamme Apius Avenir se compose de cinq fonds : Apius Avenir Europe créé en 2000 et investi sur les pays de l’Est, dont la Russie, Apius Avenir Chine lancé en 2002, Apius Avenir Inde lancé en 2005 et Apius Avenir Amérique lancé en décembre 2006 et investi en partie au Brésil. Pour compléter cette thématique, nous proposons également un fonds sectoriel énergie et matières premières dont l’essor est étroitement lié à celui de ces pays, il s’agit d’Apius Avenir Planète.

Nous avons préféré mettre en place un fonds dédié à chacune des quatre grandes zones émergentes et ne proposons pas de fonds «BRIC». Nous laissons à l'investisseur la possibilité de sur ou sous pondérer telle ou telle zone.

Quelle est votre stratégie d’investissement dans le cadre de ce fonds ? Quel est votre univers d’investissement ?  Comment détectez vous les opportunités d’investissement ?
Notre stratégie consiste à réunir les meilleurs spécialistes des zones au sein d'un même portefeuille. Nous justifions la création de ces fonds de fonds par le fait que les univers d'investissement sont restreints et qu’ils sont composés de fonds investis sur des bourses très volatiles pouvant présenter des performances très disparates.

Nos fonds de fonds permettent parallèlement à l’investisseur de s’orienter vers des marchés spécifiques dont il peut ne pas être familier, d’accéder à des fonds étrangers non commercialisés en France (tels les fonds de Charlemagne Capital, Griffin Capital ou Nevsky Capital pour ne citer que trois « boutiques » londoniennes spécialistes des marchés émergents) ou des fonds initialement réservés aux institutionnels pour des raisons de réglementation ou de montant minimal.

Nos fonds de fonds permettent avant tout d’aborder un thème d’investissement de la manière la plus large possible tout en diminuant mécaniquement les risques liés à cette classe d’actifs, par nature volatiles.

Investir sur les marchés émergents est pour nous une stratégie gagnante sur le long terme. Il faut certes accepter de la volatilité mais les marchés émergents apportent en contrepartie de la décorelation et de la surperformance.

Dans combien de fonds investissez vous ?  
Nous avons sélectionné une trentaine de fonds émergents pour constituer notre gamme soit un peu près un quart des fonds disponibles pour les zones concernées.

Quels sont les points les plus importants dans votre stratégie d'investissement ?
Nos fonds sont relativement de petite taille. En cela nous n'avons pas de problème de ratio d'emprise. Nous pouvons ainsi préférer des fonds eux-mêmes de petite taille qui peuvent offrir plus de souplesse et de réactivité par rapport aux fonds des acteurs historiques présents sur ces zones qui auraient atteint des tailles critiques limitant par exemple leur accès aux valeurs moyennes. «Bigger is not necessarily better»…

Comment sélectionnez-vous les fonds qui composent vos portefeuilles ?
Notre outil de travail est la base pan européenne de Morningstar qui nous permet de visualiser l'ensemble des fonds de droit français et de droit européen disponibles. Nous travaillons cet univers sur une base de critères quantitatifs et qualitatifs.
Pour optimiser le couple rendement/risque, nos fonds Apius Avenir jouent la carte de la diversification. Ils sont généralement constitués d’une dizaine de fonds, chaque gérant menant une gestion qui lui est propre. Au sein de son portefeuille, peuvent ainsi se côtoyer des gérants adeptes de la gestion 'value', d'autres adeptes de la gestion 'growth' ou encore des gérants spécialistes d’une gestion opportuniste. Cette diversité se retrouve également dans l’allocation sectorielle des fonds.
Dans l’absolu, nous cherchons les meilleurs fonds de la zone. Dans les faits, il s’agit pour nous de réunir au sein des portefeuilles Apius des fonds qui soient parfaitement complémentaires de telle sorte que la performance des uns palliera l'éventuelle contre-performance des autres. Nous mutualisons ainsi les risques au sein d’un même portefeuille.

Il est reproché à l’Inde d’être un marché «trop cher». Comment l’expliquez vous ? Qu’en pensez vous ?
Nous pensons effectivement que l'Inde est un marché relativement cher par rapport aux autres marchés émergents. Nous l’expliquons par un environnement économique plus favorable à bien des égards : une croissance structurellement forte, attendue entre 8% et 10 % en moyenne sur les cinq prochaines années, une croissance domestique dopée par une dynamique démographique favorable, des dépenses d'infrastructures immenses, un boom des exportations dans le contexte de la mondialisation, un cadre politique stable qui a initié de profondes réformes depuis les années 90, une bourse diversifiée qui offre une bonne liquidité, des société indiennes en bonne santé financière, bien gérées et capables d'acheter des sociétés européennes importantes (Arcelor par Mittal, Corus par Tata)… il existe néanmoins une ombre à ce tableau : la dépendance de ce marché aux investissements étrangers.

Quelle est votre perception quant à l'environnement d'investissement des autres pays ?
Notre vision est prometteuse mais outre le risque politique (Russie), d’autres risques locaux de volatilité et de liquidité du marché liés aux investissements spéculatifs (Chine, Brésil) semblent être les principaux risques.

Qu'en est-il des obstacles réglementaires rencontrés dans le cadre de vos investissements ?
 Dans le cadre de nos fonds de fonds, la seule contrainte que nous ayons réside dans le fait qu'il nous faut investir dans des fonds de droit français agréés par l'AMF, dans des fonds étrangers qui ont reçu un visa de commercialisation en France ou dans des fonds de droit européen conforme à la directive UCIT 3. 

Combien y a-t-il de fonds dédiés aux marchés émergents ?
Sur l'Europe de l'Est, nous en comptons une cinquantaine, sur la Chine, une quarantaine, sur le Brésil, une vingtaine et sur l'Inde une quinzaine. A ces fonds investi sur des zones spécifiques, il faut encore rajouter une centaine de fonds émergents globaux.

À combien vous estimez votre encours dans ces fonds émergeants ?
Près de 50 millions d'euros sont investis dans l’ensemble de nos fonds de fonds émergents.

À quel pays appartiennent les sociétés qui investissent le plus dans les pays émergents ?
C’est une question de proximité géographique ou de lien historique. En Europe et en matière d’offre de fonds d’investissement, je citerais la Grande-Bretagne pour l'Inde et la Chine, et l'Allemagne et les pays scandinaves pour la Russie et l'Europe de l'Est.

Propos recueillis par Imen Hazgui



Publié le 10 septembre 2007

Copyright © 2007 logo easybourse

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Son parcours


Sébastien Legoff est responsable de la multigestion au sein de la filiale Asset Management de la Banque Delubac & Cie qu’il a rejoint en mai 1999.

 Il a été nommé au directoire de Delubac Asset Management en 2005.

Il a reçu en 2006 le Laurier d’Investir Magazine du meilleur fonds de fonds sur 5 ans toutes catégories confondues pour la gestion d’Apius Avenir Europe.

Titulaire d’un MBA et d’un diplôme de 3ème cycle de l’IAE de Caen (affaires internationales), il a débuté sa carrière au sein du département privatisation de la Banque d’affaires Sterling International à Washington DC

 
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