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Interview

   

Sophie Fiszman

Directeur Général Déléguée en charge des gestions OFI Asset Management

«En 2008, les valorisations des compagnies pétrolières seront davantage corrélées au prix du baril»

(Easybourse.com) En quoi consiste votre fonds ?
OSS Core Energy est un fonds dont l’univers d’investissement est principalement constitué d’actions liées à l’énergie : le pétrole, le gaz, l’électricité, et le nucléaire.

Les énergies renouvelables ne font a priori pas partie de cet ensemble, non pas parce qu’elles n’ont pas leur place, mais parce que nous considérons que ce sont des valeurs extrêmement chères aujourd’hui. Les PER sont de l’ordre de 60 alors que les multiples de chiffres d’affaires sont de 10.

Par ailleurs, s’il est certain que les énergies renouvelables seront de plus en plus utilisés à l’avenir, il est également clair que dans les 10 à 15 années qui viennent, les énergies massivement utilisées seront toujours les core énergies.

Quelle est la situation de l’offre dans le secteur pétrolier ?
Nous observons une dépendance des importations de l’Union européenne vis-à-vis de l’énergie de l’ordre de 50% aujourd’hui, et qui devrait passer à 70% en 2030.

La plupart des réserves de pétrole ont été découvertes avant les années 60. Nous faisons face à la fin des surplus de capacité.

L’offre continue à être inférieure aux attentes. Par rapport aux prévisions qui sont effectuées sur chaque gisement, il y a un décalage à la baisse entre ce qui est réellement trouvé et ce qui était initialement escompté. On met en production plus de pétrole qu’on en trouve aujourd’hui.

Une grande partie de l’énergie se trouve dans des zones géographiques politiquement instables. 
S’agissant du pétrole, il y a une concentration importante dans les pays du moyen Orient. Les ressources de gaz se situent essentiellement dans l’ex URSS.

Quelle est la raison fondamentale de la hausse du prix du pétrole ?
Les capacités excédentaires relativement importantes dans les années 80 sont pratiquement réduites à néant avec une capacité d’utilisation qui approche les 100%.

C’est l’élément fondamental qui nous amène à penser que le pétrole est cher, qu’il le restera et qu’il sera probablement plus cher demain.
Pour la première fois dans l’histoire du pétrole, la demande va devenir supérieure à l’offre.

La production des majors pétroliers depuis 10 ans n’a pas varié. Il y a eu des sous investissements massifs dans cette industrie. Ceci s’expliquait essentiellement par le fait que  le prix du baril était à 20 dollars. Cela évolue avec un prix du baril à 100 dollars.  Les investissements ont été relancés.

Le problème est qu’entre le moment où sont relancés ces investissements, où seront trouvés les gisements, où ces derniers seront exploités et où le pétrole arrivera sur le marché, il s’écoulera une dizaine d’années.

Qu’en est-il de la demande ?
Elle est en constante augmentation. Le transport, qui représentait 45% de la demande de pétrole dans les années 70, en représente aujourd’hui 60%.

L’industrialisation progressive des pays émergents a entraîné un développement du commerce, et par conséquent une intensification de l’utilisation du transport que ce soit par terre, par mer, par fer. Or ce transport est dépendant à 98% du pétrole, que ce soit en essence, en gasoil, en kérosène…

Les Etats-Unis consomment deux à trois fois plus que l’Europe, 15 fois plus que la Chine et 30 fois plus que l’Inde.
Il suffit que l’Inde et la Chine augmentent légèrement leur consommation pour que cela contrebalance largement une éventuelle baisse que nous aurions aux Etats-Unis.

L’énergie représente 4% du revenu disponible des américains. Ce n’est pas un budget très important. Nous n’avons pas vu les transports ralentir en raison de la hausse du prix du pétrole.

Quel regard portez-vous sur le prix du pétrole ?
Historiquement, le prix du pétrole n’est pas si cher. En dollar constant, nous revoyons le prix de 1980. Il y a une corrélation entre le prix du pétrole et l’utilisation des capacités de production.

Nous connaissons cependant une situation moins grave aujourd’hui car l’intensité énergétique est très différente. Il nous faut deux à trois fois moins de pétrole pour produire la même chose qu’autrefois.
Néanmoins, le taux d’utilisation des capacités de production est très élevé

Quelle est votre analyse sur l’évolution passée du secteur ?
Nous avons eu au quotidien des mauvaises nouvelles sur la fiscalité dans le cadre des contrats de partage de production, sur les coûts.
Cela a amené les brokers à dégrader leurs estimations bénéficiaires.

Cependant, on commence à atteindre un plateau dans l’inflation des coûts, avec par exemple une baisse des prix dans le forage peu profond. L’essentiel de l’ajustement par rapport au dollar et par rapport à l’inflation a été fait.

Par suite, de nombreux modèles d’estimation sont encore basés sur un prix du baril à 60/70 dollars.  Cela aura certainement un effet positif sur les performances des compagnies.
Même si le prix baisse un peu pendant l’année, à 80 dollars, cela restera supérieur au prix sur lequel se basent les analystes pour faire leur prévisions. 

Nous pensons qu’en 2008, les valorisations des compagnies pétrolières seront davantage corrélées au prix du baril. Les déceptions au niveau de la production seront compensées par la hausse des prix.

Quelle est l’originalité de ce fonds ?
Nous avons réuni autour de ce produit un board constitué de professionnels du pétrole.

Nous parvenons à recueillir des informations plus étroitement liées à ce qui se passe dans l’industrie. Nous sommes à même de déceler des tendances sectorielles plus rapidement.
Nous avons par ailleurs un partenariat avec Pétrologica, société spécialisée dans l’énergie et la modélisation de l’évolution du prix du pétrole. 

Quel est votre sentiment sur les énergies alternatives ?
La seule alternative sérieuse à l’heure actuelle est le nucléaire. C’est une énergie qui a de grandes qualités : elle peut être produite à grande échelle, n’importe où, à un prix raisonnable, pratiquement sans émission de CO2.

C’est la raison pour laquelle nous assistons à une relance des programmes nucléaires. 
Certes, des problèmes politiques et d’environnement sont posés. Mais si le nucléaire n’est pas la solution, il n’y a pas de solution à l’heure actuelle sans le nucléaire.
Patrick Moore, le cofondateur de Greenpeace, qui était son directeur, a déclaré récemment que le nucléaire était la seule source d’énergie qui pouvait sauver la planète.

Qu’il s’agisse de l’éolien, du solaire, ou du biocarburant, ce ne sont que de petites solutions qui ne résoudront qu’une petite partie du problème. Ces énergies n’ont pas vocation à connaître une croissance rapide. Par ailleurs, cette croissance sera de tout façon marginale.

Propos recueillis par Imen Hazgui à l’occasion de la 5ème édition de la conférence annuelle organisée par OFI AM intitulée cette année «Desperate Mister Alpha» dont vous pourrez retrouver les slides de présentation à l’adresse suivante : http://www.conferenceofi.ofi-am.fr



Publié le 25 janvier 2008

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Son parcours


Sophie Fiszman a rejoint le groupe Ofi en 1984 comme gérante actions et obligations puis directeur des activités financières et directeur des gestions en 1997
Elle a plus de 20 ans d'expérience sur les marchés financiers
Elle est titulaire du DESS gestion financière et fiscalité à la Sorbonne (Paris)

 
CAC 40 3 744,64 Pts 1,01%

Palmarès

TECHNIP 47,15 € +2,37%
SOCIETE GENER 48,00 € +2,30%
PEUGEOT 23,83 € +2,01%
ALSTOM 48,75 € -0,09%
LAFARGE 55,73 € -0,16%
AXA 16,70 € -1,07%
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