Stéphane Fantuz
président de la chambre nationale des conseillers en investissement financier
«Après la loi de sécurité financière, la directive européenne MIF constitue un deuxième énorme virage pour la profession»
(Easybourse.com) Quelles sont les qualités requises pour être un bon conseiller en investissement?
Les connaissances théoriques/ formation de base, l’expérience professionnelle solide, la formation permanente et l’indépendance sont les qualités nécessaires et les facteurs clés pour l’exercice de conseiller en investissement financier.
Quels sont les enjeux actuels liés à votre profession ?
Ils concernent le périmètre que recouvre le terme de conseiller en investissement financier. Ce périmètre avait déjà fait l’objet de discussions avant l’adoption de la loi sécurité financière qui, en posant clairement le statut de CIF, a réglementé pour la première fois la profession. Néanmoins à ce jour certains professionnels ne se reconnaissent pas ou ne veulent pas se reconnaître dans ce statut. Au sein de la CNCIF, on constate cependant avec plaisir la venue des filiales de banques spécialisées dans la fusion acquisition qui nous rejoignent, car pour elles, il n’y a plus d’incertitude sur le périmètre du CIF.
L’autre enjeu, c’est le contrôle des membres qui nous est imposé pas les textes. Nous avons beaucoup travaillé sur un référentiel de contrôle qui est maintenant en application. Il porte sur la qualification du professionnel pour l’exercice de l’activité, sur la matérialisation contractuelle de la prestation engagée, sur la transparence de la rémunération, les recommandations, les rapports de mission remis au client, et enfin ce qui est nouveau pour nous sur la mise en application de la loi relative au blanchiment.
Après la loi de sécurité financière, la directive européenne MIF constitue un deuxième énorme virage pour la profession, particulièrement sur l’ouverture des frontières qu’elle propose pour certains professionnels qui pourraient être intéressés par le statut d’Entreprise d’Investissement, permettant ainsi la confrontation avec les professionnels des autres pays de l’Union européenne.
Un autre enjeu réside dans la concurrence qui existe entre les conseillers en investissements financiers qui sont indépendants et les professionnels qui exercent une activité de conseil en tant que salariés d’une banque ou d’une compagnie d’assurance.
Les obligations diffèrent selon l’acteur économique, alors que c’est la même activité qui est exercée. Il est primordial, pour une égalité de traitement, de prévoir un cadre juridique semblable à l’ensemble des CIF, quel que soit le lieu dans lequel ils exercent leur activité. Auquel cas les plus démunis seront affaiblis en faveur des ceux qui sont les mieux organisés.
Quelles sont les dernières prises de position de l’association ; quel est votre code de déontologie ?
Aujourd’hui une prise de position importante est la volonté de voir la profession financière unie. En cela, nous pensons qu’il n’y a pas lieu de distinguer entre conseillers en investissement financier exerçant dans le domaine de la gestion de patrimoine pour les particuliers et conseillers en investissement financier auprès des entreprises. Les deux professions font partie d’une même famille, celle de la finance. Les exigences sont communes.
Sur quelles problématiques portent vos travaux actuels ?
Dans le cadre de la mise en œuvre du statut du CIF, nous travaillons sur une procédure d’homologation des candidats plus efficace et sur une procédure de contrôle plus rigoureuse.
Concernant l’homologation de nos adhérents, nous souhaitons préciser les points clés qu’il est opportun de soulever lors de l’entretien, établir un questionnaire pertinent et mettre en place un examen plus pointu de l’expérience du candidat. Tout cela nécessite une certaine organisation logistique.
Par ailleurs, l’association réfléchit sur le contrôle effectué par l’auditeur et sur la distinction à faire entre une recommandation et une information
Quid des conférences et colloques 2006 ?
En 2006, une première conférence s’est tenue en Avril avec la participation de l’AMF sur le statut de CIF. Le même jour une autre conférence a eu lieu sur la médiation et l’arbitrage. Nous avons conclu dernièrement un accord avec Euronext pour organiser des rencontres nationales dans huit grandes villes de France sur deux thèmes : la nouvelle organisation des marchés à la bourse de Paris pour les entreprises et les différents produits structurés pour le patrimoine. Notre première rencontre se tiendra à Paris le 18 octobre prochain et la seconde le 23 novembre.
Quels types de formations dispensez-vous et à qui s’adressent-elles ?
Tout d’abord au sein de la CNCIF nous avons été amenés à constituer un catalogue des formations, qui couvre un champ large de domaines allant du patrimoine jusqu’à l’évaluation entreprises. Tous ces thèmes concernent nos adhérents CIF, qui doivent répondre à l’obligation de formation de 40 heures tous les deux ans.
Nous constatons qu’il existe sur le marché une offre large et souvent de qualité à laquelle nos membres ont l’habitude de souscrire directement.
Au-delà de cette offre il est des sujets qui ne sont pas couverts, car ils touchent des aspects plus règlementaires et pour ceux-là nous organisons des formations internes réservées à nos membres. A titre d’exemple on peut citer le statut CIF, l’explication de la procédure de contrôle, la gestion et la sécurité des données, le blanchiment.
L’association propose également de la formation en e-learning à travers son portail. L’idée c’est de pouvoir disposer en ligne de modules de formations pour permettre aux professionnels de se former quand ils le souhaitent. Un kit de cours est disponible sur des thématiques diverses, comme le contrôle budgétaire, les normes IASF, le patrimoine et l’analyse financière.
Ces formations, quels que soient le sujet et le lieu dans lesquels elles ont été dispensées, sont, par la suite, soumises à validation par notre contrôleur interne.
Entretenez vous des relations à l’international avec vos homologues étrangers ?
Au niveau international, la CNCEF entretient des liens avec l’EFAI et avec les CFP américaine, japonaise, italienne et espagnole. Les rencontres donnent lieu, soit à des déplacements, soit à des accueils.
Propos recueillis par I.H.



Ingénieur de formation
Jean-François BAY (SEEDS FINANCE)

