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Interview

   

Stéphane Juvigny

directeur du pôle de compétences services en ligne chez Alligra

«Les entreprises cherchent à optimiser le parcours utilisateur et à rendre plus interactives leurs interfaces»

(Easybourse.com) Quel est, selon vous, l’impact du Web 2.0 sur les entreprises ?
D’une façon générale l’impact du Web 2.0 dans les entreprises et les administrations est encore lié aux choix des technologies. Il y a encore beaucoup trop de réflexion autour de la solution technique, alors que le Web 2.0 reste une tendance.

Pour ma part, l’impact devrait se situer plus en amont, afin d’apporter des réponses pour atteindre la satisfaction de l’utilisateur et le mettre au centre du débat, qu’il soit un client final ou non. C’est lui qui consommera le service in fine.

En quoi le Web 2.0 change-t-il le comportement des entreprises ?
La possibilité d’avoir et d’offrir des services communautaires me semble le sujet qui intéresse le plus les entreprises tant en interne que pour les utilisateurs finaux. Un sujet récurrent concerne les avantages que porte la réintermédiation, par exemple. Mais surtout, l’entreprise redevient moins frileuse quant au retour des interfaces riches ou aux services collaboratifs, car ils apportent de vrais bénéfices pour tout le monde. Preuve en est, l’attention toute particulière des DSI sur le sujet. 

Même question, mais axée cette fois spécifiquement sur les groupes de médias et/ou de divertissement traditionnels ? 
Ce secteur d’activité doit anticiper impérativement l’évolution de son modèle, notamment dans la presse. A ce jour, il existe déjà plusieurs initiatives qui prouvent que les acteurs ont pris à leur mesure le sujet, je pense notamment au kiosque numérique offrant services et interfaces riches.

Ce secteur d’activité se doit d’être réactif, et il l’est à mon sens. Je pense que nous allons assister à des choses très intéressantes en la matière dans un avenir proche.

Quel usage du Web 2.0 est fait dans les entreprises ?
Tout dépend de l’entreprise, bien évidemment, mais la plupart d’entre elles cherchent à optimiser le parcours utilisateur et à rendre plus interactives leurs interfaces : ce sujet n’a jamais pu être traité convenablement, c’est le moment de le faire.

Il faut dire que ce n’est que depuis 2004 que l’on peut réellement faire bénéficier à l’internaute de l’usage d’application riche, utile et utilisable. Mais je pense que le desktop sur Internet (Rich Desktop Application) fera encore plus bouger les acquis que le Web 2.0.

Pourquoi, selon vous, n’existe-t-il pas de business model clair pour les entreprises Web 2.0 ?
Je ne vois pas quel modèle on peut appliquer au Web 2.0. Pour ma part il n’en a pas besoin, car ce n’est qu’un concept marketing, un nouveau souffle pour Internet prenant ses notes de noblesse dans l’usage, l’interactivité et la collaboration.

Les entreprises dites Web 2.0, à mon sens, ne changent pas de modèle, elles seront peut être amenées à le faire évoluer, mais je doute qu’elles en trouvent un de vraiment nouveau.

Néanmoins, la question doit être étudiée avec attention notamment pour les sociétés qui doivent anticiper la baisse ou le transfert de revenus entre leur activité traditionnelle (comme la presse par exemple) et leur actuelle ou future activité en ligne.

Propos recueillis par M.E.



Publié le 12 Février 2007

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Son parcours


Stéphane Juvigny - Directeur du Pôle de compétences Services en ligne, 35 ans.

Il commence sa carrière en 1991 chez Unisoft et intègre ensuite les rangs de Ernst & Young puis de Capgemini. En charge du pilotage de projets, il prend la direction du pôle technique de Darestep en 2003. 
Il travaille pour Procter & Gamble, Arcelor, Air France, Natexis Banque Populaire, BNP, Boonty, Mediametrie. 
Il rejoint AlligrA en 2004 où il prend en charge la Direction du pôle de compétences "Services en ligne". Avec son équipe, il développe des offres de publication de services en ligne et d'applications d'entreprises sur Internet.

 


Alligra est la société de conseil du Groupe Astek dont le chiffre d'affaires est supérieur à 150 millions d'euros.

Son portefeuille de clients, diversifié, couvre différents secteurs d’activité et se compose de clients de taille moyenne aux entreprises du CAC 40.

 
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