Xavier d'Ornellas
directeur du département santé à CCR Chevrillon Philippe
«Nous attendons le lancement de produits à fort potentiel en 2007»
(Easybourse.com) Que représente le secteur de la santé dans le monde boursier ?
En dépit d’une sous-performance qui dure depuis plusieurs années, la santé reste l’un des secteurs économiques les plus importants et constitue 10% du MSCI World, à égalité avec le secteur des banques et plus que les valeurs d’énergie.
Comment expliquez-vous la sous-performance des valeurs de santé en 2006 ?
Dans l’ensemble, le secteur de la santé a continué de souffrir d’une perception négative de l’évolution de ses fondamentaux. Une pression accrue sur les prix, un environnement réglementaire toujours plus contraignant, les incertitudes sur la solidité des brevets et une aversion au risque élevée sont les principales explications de cette sous-performance. Une tendance boursière qui semble être devenue chronique puisque même dans le cas de sociétés qui ont connu une forte croissance, les investisseurs ne semblent plus vouloir faire de différence. Roche, par exemple, dont les résultats ont doublé depuis 2002, fait jeu égal avec Saint Gobain ou Lafarge alors que la progression de leurs bénéfices, bien que soutenue, est loin d’être aussi rapide et ne présente pas la même visibilité à moyen terme.
Quel laboratoire a su le mieux tirer son épingle du jeu ?
Roche a pu, grâce notamment à son investissement dans Genentech, lancer des produits à fort potentiel dans le domaine du cancer. De plus, le risque générique est aujourd’hui limité. Merck & Co bénéficie de la forte croissance de Zetia et Vytorin (en partenariat avec Schering-Plough et avec des produits lancés récemment comme Januvia et Gardasil).
Pensez-vous que la consolidation du secteur va se poursuivre ?
Pour faire face à la forte augmentation des coûts de développement et aux contraintes réglementaires plus fortes, les groupes de taille moyenne ont besoin d’atteindre la taille critique, ce qui explique les nombreuses opérations intervenues récemment, notamment en Europe. De même, ces groupes trouvent là les moyens de commercialiser leurs produits dans des marchés importants comme les Etats-Unis. Il est donc probable que d’autres opérations de même type interviennent dans les prochains mois. Enfin, les entreprises de biotechnologies constituent toujours un réservoir de nouveaux produits innovants pour l’industrie pharmaceutique qui va certainement continuer de faire des acquisitions.
Quel sera le rôle de pays émergents comme l’Inde dans les années à venir ?
L’Inde est déjà un acteur majeur de l’industrie des génériques. Comme tous les fabricants de génériques, il est probable qu’à moyen terme elle cherche à développer des produits innovants. Pour le moment, ces entreprises se renforcent sur les marchés occidentaux par le biais d’acquisitions.
Croyez-vous à une reprise en 2007 ?
2007 devrait être une année meilleure étant donné que nous sommes actuellement à des niveaux de valorisations à partir desquels nous avons toujours assisté à un rebond, notamment dans les biotechnologies. De plus, nous attendons le lancement de produits à fort potentiel qui vont contribuer à redonner du momentum. Enfin, nous attendons de nouvelles opérations de fusion-acquisition qui vont attirer de nouveau l’intérêt des investisseurs.
Propos recueillis par M.L.H.



Xavier d’Ornellas, gérant de fonds, est spécialisé dans le domaine de la santé depuis 1990. Diplômé de l’ISG et de la SFAF, il a 20 ans d’expérience dans la gestion de portefeuille et d’OPCVM.

