La note hebdo de La Banque Postale
Par Henri Delessy, Responsable des études économiques
Semaine du 7 mai au 14 mai
Bourse
Le CAC 40 baisse de nouveau, à 3 130 points vendredi (-1% sur la semaine). La crise de la dette en zone euro est repartie de plus belle. En effet, les deux grands partis politiques grecs (la Nouvelle Démocratie et le Parti socialiste), qui s’étaient engagés à respecter le plan d’austérité dicté par la Troïka, ont été sévèrement sanctionnés lors des élections législatives. Ils ne sont pas parvenus à mettre en place une coalition gouvernementale avec les autres partis, renforçant les craintes d’une sortie de la Grèce de la zone euro. Par ailleurs, la situation financière des banques espagnoles inquiète de nouveau. Le gouvernement a nationalisé la banque « Bankia » et a annoncé de nouvelles mesures pour sortir des bilans bancaires les actifs immobiliers dont la valeur s’est effondrée suite à l’éclatement de la bulle immobilière. Du côté des statistiques macroéconomiques, la semaine a été plutôt bonne dans la zone euro et aux Etats-Unis mais décevante pour la Chine avec une modération plus marquée que prévu tant de l’activité industrielle que des dépenses des ménages.
Sur la place parisienne, les résultats trimestriels sont plutôt mitigés. Vallourec a souffert plus que prévu de la contraction de l’activité industrielle au 1er trimestre, et ne prévoit qu’une amélioration progressive au cours des prochains mois. Le titre a chuté de 20% sur la seule séance de vendredi. Quant à JC Decaux, le groupe a réalisé un bon 1er trimestre mais prévoit un ralentissement au 2ème. Par conséquent, le titre perd 9,2% sur la semaine.
Parmi les meilleures performances hebdomadaires, on retiendra Eiffage (+11,7%) et Peugeot (+6%). Le 1er a publié des résultats en ligne avec les attentes tandis que le 2nd a bénéficié d’une recommandation d’achat d’un analyste. Ce dernier estime que les craintes sur la liquidité du constructeur à court terme sont exagérées.
Economie
Etats-Unis – Une bonne semaine, comme on aimerait en voir plus souvent
Les statistiques sont globalement bonnes cette semaine. Même si, en mars, le déficit commercial se creuse un peu après lissage, les exportations se montrent dynamiques, ce qui est un bon signal pour la production industrielle. D’ailleurs, la confiance des petites entreprises s’améliore nettement en avril. Ce qui à son tour pourrait conduire à des embauches plus nombreuses, les petites et moyennes entreprises concentrant la très grande majorité des emplois outre-Atlantique. Justement, les inscriptions hebdomadaires au chômage baissent sur la 1ère semaine de mai après une augmentation en avril. Et la confiance des ménages mesurée par l’université du Michigan reste bien orientée en mai, à un plus haut depuis janvier 2008. En conséquence, la consommation, moteur habituel de la croissance américaine et qui s’est justement bien tenue au 1er trimestre, pourrait continuer à bien se porter, d’autant que les crédits à la consommation, sans être exagérés, accélèrent de nouveau sur un an en mars.
Zone euro : la production manufacturière rebondit en mars en Allemagne et en France mais une hirondelle ne fait pas le printemps…
Deux bonnes nouvelles : la production manufacturière progresse beaucoup plus que prévu en mars de chaque côté du Rhin ; les exportations de marchandises repartent nettement à la hausse au 1er trimestre en Allemagne et continuent de progresser en France. Mais les perspectives demeurent moroses. Tout d’abord, les enquêtes de conjoncture pour avril signalent une rechute de l’activité industrielle en Allemagne et une poursuite de la contraction en France. En outre, les commandes à l’industrie allemande restent mal orientées après lissage, notamment celles en provenance de la zone euro et à destination du secteur des biens d’équipement, ce qui est de mauvais augure pour l’investissement européen. Seul point positif, mais un peu surprenant au vu du contexte économique très incertain, les industriels français maintiennent quasiment inchangées leurs perspectives d’investissement pour 2012
Petrole
Le prix du baril de brent de la mer du Nord s’est maintenu aux alentours des 112 dollars cette semaine. Pourtant, on aurait pu s’attendre à une nouvelle baisse. En effet, les inquiétudes ont persisté sur la demande mondiale de pétrole, notamment à cause d’une résurgence des craintes d’une sortie de la Grèce de la zone euro. Par ailleurs, le cours de l’or noir reste pénalisé par le fait que les pays membres de l’OPEP produisent plus de pétrole que leurs quotas. Enfin, les stocks hebdomadaires de pétrole brut aux Etats-Unis ont augmenté de nouveau, pour la 7ème semaine consécutive.
Taux
RAS du côté des grandes banques centrales. Suite au regain d’aversion au risque (cf. Bourse), les valeurs refuge ont été très recherchées, notamment le Bund allemand dont le rendement a encore perdu 6pb sur la semaine, à 1,52% ce vendredi, un plus bas historique. Le taux de l’OAT française a aussi baissé (-7pb) à 2,81%. Quant au rendement du T-Note américain, il est resté quasiment stable, à 1,85% (-3pb). Du côté des dettes « périphériques », le rendement du titre grec s’est envolé à 24,5% ce vendredi (+376pb sur la semaine) suite aux craintes d’une sortie du pays de la zone euro. Le taux espagnol s’est aussi tendu, à 6,02% (+28pb sur la semaine) à cause de nouvelles inquiétudes sur le secteur bancaire ibérique. Le rendement italien a suivi le mouvement (+22pb à 5,68%). En revanche, le taux portugais s’est un peu replié, à 11% ce vendredi (-10pb sur la semaine).
Change
L’euro a continué de baisser, tombant à 1,29 dollar vendredi (-1,1% d’un vendredi à l’autre). Il est pénalisé par un regain d’inquiétudes sur les perspectives de la zone euro (résurgence des inquiétudes sur les dettes grecque et espagnole).







