BioAlliance Pharma : résultats record au S1
(Easybourse.com) La biotech française dirigée par Dominique Costantini a présenté ce jeudi les résultats de son 1er semestre 2010, faisant notamment état d'un chiffre d'affaires en hausse spectaculaire de 500%, à 21,4 millions d'euros contre 4,1 millions un an plus tôt.
La specialty pharma française, BioAlliance Pharma, dédiée aux traitements contre le cancer et aux soins support, a publié ce jeudi matin les résultats de son premier semestre 2010. Au titre de la période, le groupe affiche un chiffre d'affaires exceptionnel de 21,4 millions d'euros contre 4,1 millions en 2009. Le résultat financier apparait positif à hauteur de 0,2 millions d'euros, tandis que le bénéfice net semestriel se monte à 10,6 millions d'euros.Pour suivre les commentaires et explications de Dominique Costantini, PDG de BioAlliance Pharma, lancez la vidéo ci-dessous:
Une biotech pas comme les autres
BioAlliance Pharma n'est pas une société de biotechnologie au sens classique du terme ; ainsi que le rappelle Stéphan Dubosq, analyste chez Arkeon Finance, "il s'agit plutôt d'une specialty pharma dans la mesure où elle se positionne sur des marchés de niche en améliorant notamment l'efficacité de traitements déjà commercialisés pour apporter un confort accru aux patients". Autrement dit, contrairement à la grande majorité des sociétés de biotech, qui font davantage de la drug discovery (découverte de molécules nouvelles), BioAlliance Pharma ne développe pas de produits dont les essais cliniques peuvent s'étaler sur des périodes de 10 ou 15 ans, avant une éventuelle et hypothétique autorisation de mise sur le marché (AMM). D'où un profil de risque plutôt intéressant.
A ce jour, BioAlliance Pharma dispose déjà d'un produit de référence, en vente en Europe. Il s'agit du Loramyc, un traitement contre la candidose oropharyngée chez les patients immunodéprimés. Enregistré dans 26 pays européens, ainsi qu'en Corée et aux Etats-Unis, ce médicament a vu ses ventes atteindre 0,6 millions d'euros au premier semestre 2010, essentiellement "sur le territoire français au 1er trimestre" et "avant la mise en place de l'accord Therabel qui a repris les activités commerciales en France à compter du 1er avril 2010" souligne le groupe.
Pour les Etats-Unis, BioAlliance a accordé une licence exclusive à un autre partenaire, Strativa Pharmaceuticals, filiale "produits dédiés aux soins de support" de Par Pharmaceutical Inc., et touchera des royalties en fonction des niveaux de ventes.
Mais pour l'heure, comme le rappelle Stephan Dubosq, "les prises de part de marché ont été assez modestes, ce qui s'explique principalement par le fait qu'il s'agit d'un traitement de confort". Les médecins qui prescrivent ce type de produit sont en effet principalement des cancérologues. Or ces derniers se concentrent généralement davantage sur les traitements anticancéreux en tant que tel. Par ailleurs, rappelle l'analyste d'Arkeon Finance, "ils sont beaucoup moins enclin à essayer de nouvelles thérapies par rapport à ce qui marche déjà, même si le traitement de BioAlliance a montré une efficacité plus grande". Il y a donc tout un travail d'éducation à mener auprès du corps médical, ce qui prend du temps et nécessite des efforts commerciaux importants. Pour répondre à ces contraintes, BioAlliance s'est finalement associée à Therabel qui a repris les droits de licence du Loramyc sur l'Europe, notamment en France...
Un pipeline diversifié
Preuve de sa singularité, ce passage d'une biotech possédant sa propre force de ventes -sur le modèle d'une société pharmaceutique intégrée- à celle qui fait appel à une autre entreprise pour s'occuper de la distribution des médicaments, permet à BioAlliance de se concentrer sur son cœur de métier et de lancer de nouveaux programmes prometteurs.
Hormis le Loramyc, l'autre produit phare du groupe est un traitement que BioAlliance a également racheté à une autre firme : le Setofilm. Enregistré dans 16 pays européens pour l'instant, le Setofilm prévient et traite les nausées et vomissements induits par la chimiothérapie et la radiothérapie, chez l'adulte et l'enfant. BioAlliance développe également des anticancéreux, mais ils en sont encore au stade des essais cliniques.
Enfin, parmi les autres programmes en cours, on retiendra principalement le traitement contre l'herpes labial, l'Acyclovir Lauriad, "qui s'avère assez prometteur, avec une phase III déjà réalisée" souligne Stephan Dubosq. L'Acyclovir existe déjà sur le marché mais, note l'analyste, "BioAlliance en a amélioré l'efficacité grâce à leur technologie Lauriad qui permet au produit d'adhérer à la muqueuse ce qui augmente la concentration du principe actif de l'Acyclovir."
Il s'agit par ailleurs d'un marché beaucoup plus important que celui du Loramyc puisque ce produit cible des populations de patients beaucoup plus larges. Le groupe souhaite trouver un partenaire pour le commercialiser dans la mesure où il lui faudra viser des médecins de ville et non pas des médecins hospitaliers. Pour l'instant, et de manière plus concrète, BioAlliance a annoncé que la US Food and Drug Administration (FDA) considérait que les résultats positifs de l'étude pivot de phase III de l'Acyclovir Lauriad étaient suffisants et supportaient une demande d'autorisation d'enregistrement du produit aux Etats-Unis. Quant à l'Europe, comme annoncé début juillet, le dépôt du dossier d'enregistrement est prévu mi-2011 sur la base du même essai pivot.
Enfin, pour l'avenir, Dominique Costantini indiquait lors de la conférence de présentation des résultats semestriels du groupe, jeudi 26 août, que BioAlliance Pharma pourrait "éventuellement se consolider par des acquisitions ciblées dans le domaine des cancers sévères et orphelins".
Nicolas Sandanassamy
Publié le 26 Août 2010







