Mauna Kea : une révolution médicale bientôt en bourse
(Easybourse.com) Le spécialiste français de l'endomicroscopie, Mauna Kea Technologies, a annoncé mardi sa prochaine introduction en bourse sur Euronext. Le groupe tente ainsi de surfer sur la bonne orientation des MedTech et souhaite lever jusqu'à 40 millions d'euros pour son développement commercial.
Malgré des conditions de marché difficiles, le fabricant français de matériel d’endomicroscopie, Mauna Kea («Montagne Blanche» en hawaiien), a dévoilé sa future introduction sur le Nyse Euronext.La souscription a débuté mardi matin, et se clôturera le lundi 4 juillet dans la soirée. La fourchette de prix indicative est située entre 10,65 euros et 13 euros par action pour une taille initiale de l'offre de 3 286 385 actions nouvelles à émettre, soit environ 38,9 millions d'euros (sur la base du point médian de la fourchette). Au total, le produit de l'offre pourra être porté à près de 44,7 millions d'euros en cas d'exercice intégral de la clause d'extension et à près de 51,4 millions en cas d'exercice de cette clause et de l'option de sur-allocation.
Surfer sur la vague des MedTechs
Le groupe créé en 2000 tente en effet de profiter de l’engouement pour les sociétés de technologies médicales qui ne semble pas se démentir. Pour preuve de ce contexte particulièrement favorable, les parcours boursiers de Stentys sur Euronext et de Carmat sur Alternext qui ont respectivement pris 81,25% (depuis l’IPO en septembre) et 709,95% (en un an).Malgré les risques importants liés au modèle intrinsèque de ces sociétés, les investisseurs restent à l’affût, espérant une explosion des résultats. Classiquement, les MedTechs ont en effet besoin de beaucoup de temps et d’argent pour assurer le bon déroulement de leur activité de recherche et développement (R&D). Aussi entrent-elles souvent en bourse afin de lever de nouveaux capitaux, tout en affichant pendant une longue période des pertes opérationnelles notables. A terme toutefois, si leurs produits s’avèrent commercialisables, les revenus peuvent être énormes.
Modèle financier solide ?
Ainsi, Mauna Kea qui affiche au 31 décembre 2010, des pertes nettes cumulées de 23,6 millions d’euros, n’a pour l’instant engrangé qu’un chiffre d’affaires de 5,7 millions d’euros en 2010. Le groupe offre néanmoins un profil solide.
Toujours financée depuis sa création par des fonds d’investissement, notamment américains comme Health Evolution Partners et Psilos, mais également français tels que Creadev, un fonds de la famille Mulliez (Auchan) ou encore Seventures, Mauna Kea a reçu 32,2 millions d’euros au total. De quoi lui permettre d’assurer le financement de sa R&D jusqu’à fin 2012. Le groupe a par ailleurs obtenu d’Oséo 6,3 millions d’euros et 6,3 millions supplémentaires de la Coface. Déjà bien soutenu, le fabricant de matériels d’endomicroscopie ne présente aucun endettement bancaire.
Produit innovant et sans concurrence
L’essentiel n’est cependant pas là, mais bien dans la technologie innovante et de rupture que propose Mauna Kea Technologies. La MedTech française a en effet mis au point des solutions d’imagerie sans équivalent dans le monde, permettant de «visualiser directement dans le corps humain, les tissus à l’échelle cellulaire».
L’objectif d’une telle technique étant de fiabiliser le diagnostic des cancers, notamment dans les systèmes gastro-intestinaux et pulmonaires. Déjà utilisé par des centaines de médecins, le Cellvizio, plus petit microscope flexible du monde, est capable de fournir une visualisation microscopique des tissus in situ et in vivo.
Le Cellvizio est une plateforme technique de microscopie de faible encombrement, vendu 114 000 euros. Quant aux mini-sondes, elles coûtent 4 000 à 6 000 euros l'unité (réutilisable 10 à 20 fois après désinfection) 
En termes de marché, la détection précoce des cancers épithéliaux, qui représentent 90% des cancers, offrent un potentiel alléchant. Dans le détail en effet, le marché des équipements (le Cellvizio) représente environ 10 milliards d’euros, tandis que celui des consommables (les sondes) est estimé à 1 milliard par an.
Au final, a indiqué Sacha Loiseau, fondateur et DG de Mauna Kea Technologies, «l'introduction en bourse de Mauna Kea Technologies va nous permettre de nous déployer et d'accélérer la commercialisation du Cellvizio au plan international».
Nicolas Sandanassamy
Publié le 22 Juin 2011





