Exonhit a du mal à convaincre... en bourse
(Easybourse.com) La biotech française, spécialisée dans le développement de produits thérapeutiques et diagnostiques, a publié ses résultats du 1er semestre 2011, faisant notamment état d'une perte nette de 4,6 millions d'euros contre 1,1 million à la même période en 2010. Malgré des avancées décisives en R&D sur ses produits phare, le contexte de défiance des investisseurs n'a pas manqué de sanctionner le titre qui plonge de plus de 13% vers 15h.
Avec une des rentabilités les plus élevées, tout secteur confondu, les biotechs présentent un profil très attractifs pour les investisseurs. Mais les biotechs sont fragiles par nature, rendant le secteur particulièrement délicat à aborder, sinon risqué. En effet, "dès lors qu'un médicament entre en phase I, il n'a en fait qu'une chance sur 10 d'atteindre une mise sur le marché. Et une fois qu'il a atteint le marché, il y a encore une chance sur 10 pour qu'il devienne un blockbuster…" explique André Choulika, le PDG de Cellectis. Et de conclure qu'"une société de biotechnologie est en général rentable au bout de 13 ans !".
Une perte nette de 4,6 millions d'euros contre une perte de 1,1 million un an plus tôt 
Le spécialiste de la médecine personnalisée, qui développe des produits thérapeutiques et diagnostiques dans l'oncologie et la maladie d'Alzheimer, a en effet enregistré sur le premier semestre, une perte nette de 4,6 millions d'euros contre une perte de 1,1 million un an plus tôt. Quant aux revenus, ils sont également en forte baisse, de 56%, à 2,4 millions d'euros, mais en raison d'un revenu non récurrent versé en 2010 pour la cession de droits pour AGN/EHT 0001 à Bristol-Myers Squibb. Autrement, les revenus restent inchangés par rapport à la même période en 2010.
Marchés porteurs
En dépit de résultats en demi-teintes, qui demeurent néanmoins en ligne avec les projections du groupe, ce sont les avancées en matière de recherche qui laissent entrevoir un bel avenir pour Exonhit.
A commencer par le marquage CE de l'AclarusDx [test sanguin d'aide au diagnostic de la maladie d'Alzheimer] obtenu en mars dernier, qui permettra à Exonhit de lancer ce produit sur les marchés européens, hors de France où le test est en train d'être introduit pour des études cliniques. Pour rappel, 225 000 nouveaux cas de démence sont recensés en France chaque année, pour un coût annuel moyen de prise en charge d'un patient évalué à 22 000 euros, dont 50% à la charge du malade. Quant aux Etats-Unis, l'autre marché de taille où Exonhit s'est implanté, il représente plus de 4 millions de patients. Pour la direction du groupe, il s'agit du "marché le plus gros et le plus profitable pour le diagnostique moléculaire"...
Les Etats-Unis représentent le marché le plus gros et le plus profitable pour le diagnostique moléculaire 
Enfin, la direction d'Exonhit a insisté sur "la poursuite des efforts engagés sur EHT 0202", son candidat médicament le plus prometteur dans la maladie d'Alzheimer. Ce dernier a en effet validé avec succès sa phase IIa, mais le groupe cherche désormais des partenaires financiers pour continuer le développement de ce produit en phase IIb. Les grand laboratoires pharmaceutiques ne souhaitent en effet plus s'engager sur des résultats de phase IIb, après deux ans de déceptions en la matière...
A Paris, le titre Exonhit reste dans la tourmente et cède 13,11% à 1,06 euro.
Nicolas Sandanassamy
Publié le 13 Septembre 2011







