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PLUS EUROPE: La Grèce n'est pas parvenue à rassurer

Publié le 16 Décembre 2009 Copyright © 2010 Dowjones

- Richard Barley, THE WALL STREET JOURNAL EUROPE L'intervention du Premier ministre grec Georges Papandréou sur les mesures destinées à restaurer les finances publiques du pays a donné peu de grain à moudre aux investisseurs. Son discours n'a pas non plus contribué à rassurer beaucoup les agences de notation, ce qui est particulièrement préoccupant dans la mesure où la Banque centrale européenne considère les notes de crédit comme un indicateur du succès des politiques de lutte contre le déficit public, qui atteint aujourd'hui 12,7% du produit intérieur brut grec. Après le soulagement suscité par le sauvetage de Dubaï par Abou Dhabi, les marchés espéraient une issue tout aussi favorable en Grèce. Leur déception a été grande: le rendement des emprunts à dix ans a atteint 5,75% mardi, soit environ 2,5 points de pourcentage de plus que les obligations d'Etat allemandes et près d'un point de plus qu'il y a seulement deux semaines. Si l'objectif que s'est fixé la Grèce en s'engageant à ramener son déficit sous la barre des 3% d'ici à 2013 est ambitieux, le pays a déjà réalisé un tel exploit auparavant, même s'il lui avait fallu plus de temps. Son déficit est en effet passé de 14% en 1990 à 3,1% en 1999, et cet objectif n'a pas été atteint par des coupes claires dans les dépenses, mais plutôt par une forte hausse des recettes: durant cette période, la part des impôts dans le PIB a crû d'environ 10,4 points de pourcentage, alors que les dépenses n'ont diminué que de 0,5 point, note JPMorgan. Et lundi, G.Papandréou a fourni peu de détails nouveaux ou concrets sur les réductions des dépenses publiques. Aussi l'intervention du Premier ministre a-t-elle apporté peu de réconfort à Standard & Poor's et Moody's Investors Service, qui envisagent tous deux d'abaisser la note de la Grèce. Mais si la Grèce est notée A1 - soit une note plus élevée que celle de S&P - par Moody's, qui semble en outre prêt à donner au gouvernement le temps de redresser la situation, chez S&P, qui s'inquiète tout à la fois de l'ampleur de la réduction du déficit à effectuer et des méthodes qui seront employées pour y parvenir, un déclassement entraînerait une notation en catégorie triple B. Lorenzo Bini Smaghi, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a souligné mardi que la banque suivait de près l'évolution des notations et que la Grèce avait un an pour prendre les mesures qui permettraient de garantir que la note de sa dette souveraine ne descendrait pas en dessous de A, de manière à ce que ses emprunts d'Etat puissent être utilisés comme garanties lors des opérations de refinancement de la BCE. Les notes des dettes souveraines évoluent lentement, surtout à la hausse: un an n'est pas aussi long qu'il y paraît. Moody's et S&P tenteront toutes deux de boucler leurs analyses des notations d'ici la fin d'année ou en début d'année prochaine, alors que les Etats de la zone euro espèrent commencer à lever environ 1.000 milliards d'euros de dette. D'ici là, la crise grecque pourrait avoir atteint un stade critique. G.Papandréou a affirmé lundi que les choix qui seraient faits détermineraient les décennies à venir. Certes, mais il n'a que quelques semaines devant lui pour prendre les décisions qui s'imposent. -Richard Barley, The Wall Street Journal Europe

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