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PLUS USA: La boîte noire d'AIG |
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| Posté le 12/05/2008 à 14h16 |
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David Reilly et Peter Eavis, THE WALL STREET JOURNAL Les détenteurs d'actions American International Group Inc. ont quelque peu oublié la nature opaque des finances du géant de l'assurance, en raison de sa capacité à générer des bénéfices impressionnants année après année. Mais AIG vient d'annoncer une perte historique de 7,8 milliards de dollars, qui le contraint à lever 12,5 milliards de dollars d'argent frais. Les investisseurs ont, avec raison, perdu confiance dans le groupe qui, bien que spécialisé dans la gestion du risque, s'est avéré incapable d'expliquer à ses actionnaires comment il avait pu si mal l'appréhender. L'annonce d'une augmentation de capital n'a pas manqué de surprendre ceux qui se fiaient aux estimations de la direction indiquant que le groupe disposait de 15 milliards à 20 milliards de dollars de capitaux excédentaires, remarque Alain Karaoglan, analyste chez Bank of America, dans une note à ses clients. Plus troublant encore, les assurances données par le groupe qu'il augmenterait son dividende, alors même que l'augmentation de capital va entraîner une dilution des actionnaires - ce qui a semblé absurde à plus d'un. Résultat, l'action AIG a chuté de 8,8% vendredi. Au fil des ans, AIG a accrû son exposition à des contrats de dérivés dont les sous-jacents étaient souvent adossés à des prêts immobiliers à risque. Selon les termes de ces contrats, AIG était tenu de compenser les pertes éventuelles subies en cas de défaut sur les actifs en question. Bien qu'il s'agisse là d'un foyer de pertes potentiel, les modèles d'AIG tenaient la réalisation d'une perte pour improbable. Mais entretemps, la crise du crédit a frappé et la valeur des actifs faisant l'objet de contrats dérivés a plongé. Du coup, AIG s'est retrouvé confronté à d'importantes pertes de marché potentielles. Mais, faisant confiance à ses propres modèles plutôt qu'aux marchés, AIG a tout d'abord refusé de reconnaître ces pertes. Pourtant, la poursuite des turbulences sur les marchés financiers, ainsi qu'une sévérité accrue de la part des commissaires aux comptes d'AIG, a finalement conduit le groupe à constater d'importantes pertes fin 2007 et au premier trimestre de cette année. AIG continue cependant à affirmer que ces pertes ne se matérialiseront pas à long terme et qu'il pourra procéder à des reprises de provisions à une date ultérieure, ce qui soutiendra les résultats du groupe à l'avenir. De quoi tenter les investisseurs qui voudraient profiter du faible niveau de valorisation d'AIG pour acheter des actions. Mais cela reviendrait à donner un blanc-seing à l'approche du groupe sur la façon de comptabiliser les pertes, et à ignorer les signaux envoyés par les marchés. Ce qui est en jeu, ce sont les 19,3 milliards de dollars de pertes déjà reconnues par AIG sur les dérivés. AIG estime que les pertes réelles sur ces contrats n'excéderont pas 1,2 milliard à 2,4 milliards de dollars. Ce n'est pas l'avis qui ressort d'une analyse indépendante de ces pertes, fournie au groupe avant l'annonce d'une augmentation de capital jeudi dernier. AIG a en effet révélé que cette tierce partie, dont elle n'a pas dévoilé l'identité, avait estimé les pertes entre 9 milliards et 11 milliards de dollars. Un porte-parole a estimé que ces estimations n'étaient pas pertinentes, car elles mettaient trop l'accent sur les valeurs de marché. Mais la plupart des analystes se montrent réticents à accorder plus de crédit aux modèles de valorisation mis au point par le groupe qu'aux marchés. "J'éprouve des réticences à écarter les signaux envoyés par les modèles de valorisation guidés par les marchés", affirme Kathleen Shanley, analyste crédit chez Gimme Credit. "Personne ne sait avec certitude comment évoluera à terme la situation sur les marchés du crédit, et il est tout à fait possible que les modèles internes au groupe utilisent des estimations qui se révèleront trop optimistes avec le temps". Il faut dire que, dans un intervalle de temps très réduit, AIG a pu dire qu'il était "très improbable" qu'il subisse des pertes réelles sur ses dérivés, avant de dire que ces pertes seraient "limitées", pour finalement reconnaître qu'elles atteindraient au maximum 2,4 milliards de dollars. Voilà qui n'incite pas à la confiance dans les modèles de sa direction. Le groupe encourt également des pertes potentielles de 10,5 milliards de dollars sur des valeurs mobilières. Mais celles-ci ne sont pas encore intégrées dans les résultats, car elles sont considérées comme temporaires. Une fois que l'on a pris en compte tous ces facteurs, la boîte noire d'AIG ressemble étrangement à un trou noir. -David Reilly et Peter Eavis, The Wall Street Journal (END) Dow Jones Newswires May 12, 2008 08:05 ET (12:05 GMT)
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